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peuples. Les querelles entre les équipages des diverses nations européennes acquirent à ^Vllampoa un tel degré de gravité , qu’un matelot anglais fut tué d’un coup de feu par quelques officiers français, et un autre fait prisonnier. Cet événement fut immédiatement suivi d’une lettre adressée aux subrécargues anglais par « le conseil de direction de Canton , représentant la nation française à la Chine. »
Les magistrats chinois ouvrirent une enquête àWhampoa, et demandèrent d’abord aux Français de vouloir bien mettre en liberté leur prisonnier; ils y consentirent, mais alléguèrent que les Anglais avaient commencé les hostilités en attaquant un des leurs. Cependant , comme l’officier avait déchargé un mousquet qu’ilétait allé cherche» de propos délibéré, il ne s’agissait pas moins que d’un meurtre. Les marins anglais étaient tellement exaspérés , que le seul moyen de les empêcher de se faire justice eux<nêmc 3 était d’en référer au gouvernement chinois. Le vice-roi suspendit le commerce jusqu’à ce qu’on eût livré le coupable ; ses gens ne tardèrent point à s’en emparer, mais il fut libéré l’année suivante par ordre de l’empereur, à l’occasion d’une amnistie générale. Pour éviter que de nouveaux désordres n’éclatassent àWhampoa , l’ile danoise fut réserv ée aux marins anglais, et l’ile française aux marins français.
En 1755, MM. liarrison etFlint furent députés àNingpo, avec la mission d’y rétablir le commerce, si cela était possible. A leur arrivée, ils furent bien reçus, et les taxes levées sur le commerce leur parurent beaucoup moins fortes qu’à Canton. Le Fou-youen, ou gouverneurdéputé, était si désireux de les encourager, qu’il leur accorda presque tout ce qu’ils étaient venus lui demander; mais, en agissant ainsi, il parait qu’il dépassa ses pouvoirs, car lorsque le vaisseau Hotdernesse ht voile pour Ning-po afin de prendre avantage de cette appa-
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rente ouverture de négoce, le vice-roi, qui se trouvait alors dans la province , envoya l’ordre de faire rendre les canons, les armes et les munitions du bâtiment, et de percevoir les mêmes droits qu’à Canton. Quoiqu’il ne fût pas possible au Fou-youen de se mettre en opposition directe avec cet ordre, il ne s’y conforma pourtant point; il l’envoya à Péking avec le rapport de ce qu’il avait fait, et s’interdit .ainsi la faculté, de môme qu’il l’interdit au vice-roi , de décider la question pendant l’intenalle qui s’écoulerait. Comme la réponse ne pouvait arriver de Péking avant la fin de septembre, les mandarins consentirent à ouvrir le commerce , à la condition que le Uoldtrnesst ferait la remise de ses armes et de ses munitions.
Les Anglais se soumirent à cette condition et rendirent douze canons; le vaisseau put alors décharger, mais, les opérations conclues , il se trouva que le capitaine avait payé 2,000 taëls aux mandarins, et que les autres taxes et impôts levés avaient été le double de ceux de Canton, bien qu’aucune résidence n’eût été accordée à terre. Le gouvernement objectait à l’établissement d’un commerce àNing-po «la perte de revenus résultant pour l’empereur du transport par terre du thé et d’autres marchandises à Canton. » C’était la même circonstance qui haussait le prix de ces marchandises pour l’acheteur européen. Les subrécargues, au moment de leur départ, furent avertis par les mandarins que tout commerce serait désormais défendu dans le port de Ning-po ; et, lorsqu’ils arrivèrent à Macao , les officiers du gouvernement local leur signifièrent un édit public qui confinait le commerce à Canton.
A la fin, en 1759, la factorerie, jadis occupée parles Anglais à Ning-po, fut détruite; les marchands avec lesquels ils avaient trafiqué reçurent l’ordre de quitter la ville, et des jonques de guerre croisèrent dans les pa-
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rages pour empêcher tout vaisseau anglais de s’approvisionner à Chusan. Malgré ces obstacles, M. Flint se rendit à Ning-po. Là-dessus, le gouvernement de Canton s’opposa à ce qu’il rentrât dans ce dernier port, et demanda qu’il fût renvoyé en Angleterre à son retour. Quand il arriva à Ning-po, on lui interdit toute 'espèce de communication avec les habitants ( il sc rapprocha alors de Péking et réussit à faire connaître le sujet de sa plainte à l’empereur. Ln mandarin de rang fut nommé pour l’accompagner par terre jusqu’à Canton , ety mettre le Hoppo en jugement. M. Flint resta dix jours dans cette \ille et se rendit ensuite à la factorerie. Deux jours après, les étrangers de toutes nations furentreçuspar les commissaires chinois, qui leur annoncèrent que le hoppo avait été dégradé et que son emploi était rempli par un autre. Tous les impôts furent supprimés, à l’exception d’un droit de 6 p. oo sur les marchandises et du présent de i.qào taëls par vaisseau.
Ces apparences favorables ne devaient cependant être que les avant-courrières d’un orage. Quelques jours après, le vice-roi manifesta le désir de voir M. Flint, pour lui communiquer les ordres de l’Empereur. Le conseil voulut l’accompagner : on y consentit. Quand la députation eut atteint le palais du vice-roi , les marchands hongs proposèrent aux notables qui la composaient d’entrer l’un aprèsd’autre ; mais ils insistèrent pour se présenter en corps, et lorsque M. Flint fut appelé, un mandarin les reçut à la première porte; ils traversèrent tranquillement deux cours sans être pressés par les officiers qui les conduisaient; cependant, arrivés à la porte de la cour intérieure, ils furent entraînés et même conduits de vive force en présence du vice-roi. Il s’ensuivit une lutte entre eux et leurs guides, qui voulaient, soi-disant, leur faire rendre hommage à la mode chinoise : accablés par le nombre , ils ne tardèrent point à être terrassés. Le vice-
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roi , voyant leur ferme résolution de ne se soumettre à aucune humiliation , ordonna à ses gens de cesser. Il engagea M. Flint à avancer et lui montra un ordre qu’il appelait l’édit de l’empereur, lequel décrétait son exil à Macao et son départ subséquent pour l’Angleterre. Cette rigueur , dit-il , était motivée par la tentative qu’il avait faite pour ouvrir un commerce à Ning-po, contrairement aux ordres de la cour de Péklng. Il ajouta que l’individu qui avait écrit la pétition chinoise allait être exécuté ce même jour pour avoir traîtreusement encouragé des étrangers ! « Cette barbarie , remarquent les rapports, fut consommée sur un homme complètement innocent de ce qu’il plaisait à ces cruels et tyranniques mandarins d’appeler un crime. » Dans le même temps, on admettait comme fondées les plaintes qui avaient été élevées contre le Hoppo.
M. Flint fut retenu captif dans la viUe, puis ensuite envoyé dans un endroit nommé Tsien-chan ou Casahranca , près de Macao , où il fut emprisonné , mais traité avec assez de douceur, bien qu’on le mit au secret.
Quelques jours après l’événement dont nous venons de parler, les Français, les Danois, les Suédois et les Hollandais se rassemblèrent dans la factorerie anglaise et prirent tous part conjointement à une protestation contre l’acte de despotisme du vice-roi. En attendant, M. Flint resta en prison depuis mars 1 760 jusqu’en novembre 1 762 , époque à laquelle les Chinois le conduisirent à "Wliampoa; d’où il fut embarqué à bord du vaisseau le Horsendon pour être emmené en Angleterre.
L’impunité du gouvernement de Canton en cette circonstance encouragea son audace. En voici la preuve : lorsqu’au mois de mars 1 765 , le vaisseau de S. M. B. l’Argo arriva, convoyant le schooner le Cuddalore^ chargé d’un demi-million de dollars pour le trésor de la compagnie , les Chinois voulurent faire des perquisitions T. 1. 5