‹ La Chine ou Description GeneraleChapitre 31 sur 125 · I.A CU1N · texte numérisé non relu

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sur le schooncr, prétendant qu’une femme y était à bord ; mais lorsqu’on refusa d’acquiescer à cette demande contraire à tout précédent, ils rabattirent de leurs prétentions et dirent qu’il suffirait qu’on admit un mandarin, • lequel monterait et descendrait deux ou trois fois du haut en bas du lillac. » On leur répliqua qu’ils pourraient envoyer qui bon leur semblerait pour monter et descendre , lorsqu’ils auraient accordé la permission de débarquer l’argent. Par suite de celte contestation, on n’accorda point de provisions à l’/lrs^o. Plus tard, cependant, on arrêta qu’un mandarin monterait à bord lorsque l’argent serait débarqué.

Après cela, les Chinois demandèrent à mesurer le vais- .seau de S. M. l’Arf;o. Le capitaine Afileck repoussa cette exigence, principalement parce qu’il existait un précédent contre une réquisition aussi étrange faite à un bâtiment du roi, dans ce qui était arrivé en 1742 au Centurion , sous les ordres du commodore Anson. Le commerce fut alors suspendu de nouveau; le conseil britannique, à Canton, offrit de payer le montant du mesurage du plus gros vaisseau de la compagnie, au lieu de celui de FAr^o ; les mandarins n’y voulurent point consentir, et le capitaine Afïlcck permit à la fin que l’on mesurât son bâtiment, ce qu’il aurait pu éviter, s’il avait mis à la voile dès le commencement de la querelle.

La discorde fermentait des deux côtés par suite de l’insolence des Chinois , et elle eut pour résultat de brouiller, pour plusieurs années, les Anglais avec les indigènes, .lamais aussi il n’y eut plus de rixes et d’bomicides qu’à cette époque. En 1 772, te Lord Camdeniui retenu depuis le 1 7 décembre jusqu’au 5 janvier, par suite d’une bagarre dans laquelle plusieurs Chinois cl plusieurs Européens furent rudement maltraités; on transporta tous Icsblessés à la factorerie où deux mandarins les examinèrent, et l’on retint provisoirement le vaisseau ; mais à

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Ja fin on lui pei-mit d’appareiller, à la condition que le l^rincipal fauteur du trouble serait mis en prison. La guérison de tous les blessés vint heureusement terminer cette affaire. L’année suivante fut signalée par un trait d’injustice atroce , qui a imprimé une honte ineffaçable aux Portugais de Macao.

l n Chinois avait été tué, et quelques accusations mal fondées ayant impliqué un Anglais, nommé Francis Scott, les autorités locales le firent arrêter et jeter en prison. L’affaire fut portée devant la cour portugaise, qui entendit les dépositions des témoins et interrogea le prévenu sans pouvoir découvrir en lui la plus légère preuve de culpabilité. Les mandarins continuèrent néanmoins à le réclamer obstinément, et menacèrent de se porter à dos extrémités contre la ville, si on ne le leur livrait pas. Pour sortir de perplexité, le conseil entier fut convoqué, et un membre du sénat de Macao parla dans ce sens : «II serait inexcusable de consentir au sacrifice d’un innocent. Or, comme les recherches les plus minutieuses ont établi suffisamment la non-culpabilité de l’Anglais, nous devrions soumettre aux mandarins les raisons qui nous portent à ne point le leur livrer, et persévérer dans cette détermination, jusqu’à ce que nous l’ayons sauvé d’une mort ignominieuse. »

Pour combattre ce discours, le vicaire-général , nommé Francisco Vaz, fit le raisonnement suivant : «Les moralistes décident que lorsqu’un tyran réclame môme un innocent, en menaçant de destruction la communauté tout entière dans le cas où elle refuserait , la communauté peut sommer un individu de se sacrifier pour le salut public, qui est d’une valeur plus grande que celui d’un seul homme. Si cet individu refuse d’obéir, alors il n’est plus innocent, il est coupable, » Un autre Portugais ne fit pas tant de façons, il se borna à dire : « Les manxlarins éloignent les traficants chinois, déterminés qu’ils

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sont à nous laisser mourir de faim ; nous n’avons donc point d’autre parti à prendre que de livrer l’Anglais. »

La majorité des votes décida du sort de Scott : il fut remis aux Chinois, qui le firent mourir (i).

Les événements suivants se trouvent consignés dans les archives de 1780.

« i4 décembre. — H y a quelques jours, un matelot français, de la galère Success , bâtiment du pays, tua, dans la maison d’un marchand , un marin portugais appartenant à l’équipage du Slormont, et courut ensuite se réfugier auprès du consul de France, chez lequel il resta plusieurs jours; mais à la fin il fut livré aux Chinois, et, ce matin, on l’a étranglé publiquement par ordre du Fou-youen. C’est le premier exemple d’un Européen exécuté dans ce pays pour le meurtre d’un autre Européen. Ce fait parait être un précédent fort dangereux, attendu qu’il pourrait nous jeter dans d’inextricables difficultés si , màine par accident, un homme en tuait un autre. L’individu exécuté au jourd’hui n’a pas été jugé selon le cours ordinaire de la justice. L’action pour laquelle il était recherché s’est passée le soir, entre lui et le défunt, chez le Hong Siun-koua. On n’a eu connaissance de la querelle que lorsque le matelot du Stormont était tué, Nous ne savons donc point quels moyens le gouvetne-^ ment chinois a employés pour découvrir la vérité. Les étrangers ne jouissent pas ici du bénéfice des lois chinoises , et ils n’ont même aucun privilège en commun avec les natifs. Ils sont uniquement gouvernés par des réglements que les mandarins déclarent être l’expression de leurvolonté, S’il n’arrive pas plus d’inconvénients, efi voici la raison : les officiers du gouvernement aiment mieux , en pareille circonstance 4 extorquer l’argent des

( 1 ) Esirriitdc l'ouvragL- iulitulé Contribution toa hiaiorieal Sketch df Macao , 1 834

marchands qui se sont portés cautions, des compradores, etc., que d’employer des mesures de rigueur qui ne leur rapporteraient rien. Leur avidité est donc la mcil^ leure sauvegarde de l’Européen.

La maxime fondamentale des Chinois, dans leurs rapportsavec lesétrangers, a été fortexactementrendue, ainsi qu’il suit, par le pèrePremare, et elle suffit amplement pour expliquer leur conduite. « Barbari haud secus ac pecora » non eodcm modo regendi sunt ut reguntur Sinæ. Si quis » velleteosmagnissapientiæ Icgibusinstruere, nihil aliud » quam summam pertupbatienem induceret. Ântiqui re- » ges istud optimè callebant , et ideo barbares non regendo » regebant. Sic autem eos non regendo regere, præclara eos H optimè regendi arsest; ■> c’est-à-dire, r Les barbares sont comme des animaux et ne doivent point être gouvernés do la même manière que le sont les Chinois. Si l’on essayait de les diriger, au moyen des grandes maximes de la raison , il ne s'ensuivrait autre chose que du trouble, Ixs anciens rois ont bien compris ceci; c’est pourquoi ils ont gouverné les barbares par le désordre. Ainsi donc, gouverner les barbares par le désordre est la véritable et la meilleure manière de les gouverner. »

C’est en se conformant à ce principe que l’on refuse aux étrangers le bénéfice des lois chinoises , et qu’en cas d’homicide, même par accident, on les réclame, non pour le jugement, mais pour l’exécution. Les maux ré-, sultant d’un pareil système sont évidents, et c’est à cause de cela que l’on a essayé de pallier des actes de violence atroce coiqmis par des Européens, dans le dessein de se faire justice eux-mêmes, bien que ces actes rentrassent strictement dans la définition de piraterie , de meurtre ou de trahison, et que, sous un gouvernement plus vigoureux, ils eussent rendu leurs auteurs propriété du bourreau.

Voici un exemple assez singulier d’audace couronnée de succès. En 1781 , un certain capitaine, M, Clary .

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inaitre d’un country ship (i) du Bengale, avait capturé un sloop allant de Macao à Manille. Débarqué à Macao, il dit au gouverneur portugais qu’il avait ordonné à son conlre-maltre de le faire entrer dans le port, pour qu’on l’examinât , attendu qu’il croyait qu’il était Espagnol. Là-dessus , les Portugais se saisirent de lui et l’emprisonnèrent jusqu’à ce qu’il eût envoyé l’ordre de relâcher le sloop sans examen. Cet ordre ayant été transmis au conlre-maltre, il s’approcha du sloop afin de l’exécuter, mais il s’éleva un coup de vent si violent , que le sloop s’en alla à la dérive et se brisa sur les récifs. M. Clary resta en prison deux mois , pendant lesquels les Portugais firent tant par leurs mauvais traitements et leurs menaces de le livrer aux Chinois, qu’ils lui extorquèrent 70,000 dollars, soi-disant pour représenter la valeur du navire.

Quelque temps après sa fihération , comme son bâtiment était à l’ancre à Whampoa, de compagnie avec ui> autre vaisseau , sous pavillon hollandais , arriva la nouvelle de la guerre qui était déclarée entre l’Angleterre et la Hollande. Aussitôt il s’empara du navire hollandais comme d’une prise. Les autorités de Canton en demandèrent la restitution immédiate. M. Clary répondit que si elles n’intervenaient point dans cotte affaire , les droits continueraient d’être exactement acquittés , tandis que si elles le molestaient , il emmènerait sa prise hors de la rivière.

Comme les Chinois persistaient dans leur réclamation , il effectua ce qu’il avait dit et leva l’ancre. Il y eut aussitôt un grand tumulte parmi les Chinois, et toutes les forces disponibles, au nombre de deux cents hommes, furentdirigées sur l’ile duTigrc pour lui barrer le passage.

(1) Comme on l'a dit plus liant, on nomme ainsi les vaisseaux anglais de l'Hindonstaii.

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Pendant ce temps, le vaisseau était entouré de mandarins et de marchands qui épuisèrent en vain les menaces et les civilités. En ce moment, les Chinois paraissant désirer vivement qu’il s’établit un compromis, le génie de Ponkhequa , principal marchand hong , trouva l’expédient suivant Le navire capturé étant proche de l’embouchure de la rivière, M. Clary laissa les Chinois l’aborder en triomphe, et , en échange de sa condescendance , on lui permit de retenir en sa possession une cassette de fer contenant des perles et de l’or qui avaient été nolisés par certains Arméniens. Sur ces entrefaites , le conseil de la Compagnie était dans une situation fort difficile , se trouvant responsable auprès du gouvernement des actes de M. Clary , qui certainement ne valait guère mieux qu’un pirate. Il répliqua aux autorités qu’il ne pouvait contrôler sa conduite autrement que par des protestations , et refusa, très judicieusement, d’accompagner les officiers cliinois en rivière , afin de donner du poids à leurs mesures. « Plus ils s’apercevaient de leur impuissance sur le véritable coupable , est-il dit , et plus ils semblaient disposés à exercer leur autorité sur nous qu’ils étaient accoutumés à voir soumis à tous leurs réglements. » Les Chinois s’adressèrent au gouverneur portugais de Macao pour qu’il les aidât , ce qu’il refusa de faire. Ces difficultés ne furent aplanies que par la circonstance que nous avons déjà mentionnée.

Vers l’année 1782, les grosses sommes prêtées aux Chinois par les marchands de diverses nations, et ce sur un taux d’intérêt fort élevé, avaient accumulé les dettes despremiers de telle manière, qu’elles atteignaient, dit-on , le chiffre prodigieux d’un million sterling. Parmi les créanciers se trouvaient une foule d’individus intéressés au commerce des résidences de l’Inde. Ceux-là , après s’être livrés à de vaines démarches pour recouvrer ce qui leur était dû à Canton, s’adressèrent, par l’en-

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tremise du gouvernement indien, à l’amiral comman^ dant la station, sir Edward Vernon, afin qu’il leur prêtât son appui. Une frégate fut alors envoyée en Chine pour porter des remontrances au vice-roi, qui en référa à Péking. L’empereur publia un édit ordonnant la liquidation des dettes contractées par tout le corps des marchands hong, et défendant à ces derniers de négocier à l’avenir aucun emprunt d’argent avec les étrangers. Les dettes finirent par être acquittées , mais la prohibition contenue dans l’édit fut si peu efficace, qu’en 1829 plusieurs marchands hong faillirent pour des sommes considérables dues à des Européens.

Au nombre des circonstances déplorables qu’a fait naître la cruauté du gouvernement de Canton, en matière d’homicides, involontaires ou non , commis par des Européens , la plus remarquable , peut-être , est celle dont on a si souvent parlé, en la désignant sous le nom de l’affaire du canonnier^

Le 24 novembre 1 784, on reçut à Canton la nouvelle que trois Chinois , qui se trouvaient dans une barque proche du country ship Lady Hughes, avaient été grièvement blessés par une salve, dans la direction de laquelle ils s’étaient trouvés; on apprit le lendemain que l’un d’entre eux était mort. Le canonnier, tout innocent, tout exempt de mauvaise intention qu’il était, se cacha de crainte de l’aveugle barbarie des Chinois, Un Weï-youen ou mandarin-député , alla bientôt voir le chef de la factorerie , M. Pigou ; et , avec l’interprétation des marchands hong, il demanda que l’homme fût soumis à un interrogatoire , tout en admettant que son action paraissait être uniquement le résultat d’un accident.

On dit au mandarin qu’on n’avait aucune objection à faire relativement à l’examen du prévenu, pourvu que cet examen eût lieu dans la factorerie; cette condition fut

imposée par le souvenir de ce qui s’était passé lors de l’airaire du matelot français , en 1780.

Deux jours après, le Weï-youen renouvela sa visite, accompagné de Ponkhequa, marchand hong, et fit les mêmes demandes : on l’informa que Lady Hughes, comme vaisseau particulier, n’était pas sous le même degré de contrôle du chef qu’un vaisseau de la compagnie; mais que, s’il voulait se contenter d’un interrogatoire dans la factorerie même, on ferait tout ce qui serait possible pour décider M. Smith, le suhrécargue du vaisseau , à livrer l'homme.

Les Chinois déclarèrent que le jugement devait avoir lieu dans la ville, devant le Fou-youen. Ils se retirèrent enfin en demandant que M. Smith ne quittât pas Canton avant trois ou quatre jours , ce à quoi il consentit. Ils revinrent le même soir, à onze heures , pour dire que le prévenu serait interrogé dans une des factoreries. L’événement prouva que cette information n’était qu’une rose destinée à écarter les soupçons; car le lendemain, de grand matin , on apprit que M. Smith avait été attiré hors de sa factorerie par un prétendu message de Ponkhequa, et conduit de force à la ville; dans le même moment, les avenues conduisant à la rivière avaient été barricadées, les marchands et les interprètes s’étaient enfuis, et toute communication avec Wliampoa se trouvait suspendue.

Les chefs des diverses factoreries étrangères considérèrent cet acte comme une démonstration hostile , faite à toute la communauté européenne ; ils prirent à l’unanimité la résolution d’armer et d’équiper les chaloupes de plusieurs vaisseaux, dans le double but d’assurer leur tranquillité , et de manifester, de la manière la plus énergique , au gouvernement chinois , sous quel jour ils envisageaient ses actes.

peux chaloupes anglaises furent dépêchées à W hampoa

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pour mettre à exécution cette détermination. Les Cliinois essayèrent alors de calmer les étrangers, en leur transmettant un message du Fou-youen, qui leur disait de ne point s’alai-mer de la capture du subrécargue de Lady Hughes , attendu qu’on avait eu simplement l’intention de lui adresser quelques questions et de le renvoyer ensuite. La plus grande partie des chaloupes pénétrèrent jusqu’à Canton, malgré tous les efforts qu’on fit pour les en empêcher en dirigeant sur leurs équipages, depuis les jonques et les forts , un feu roulant de mousqueterie , et malgré aussi l’ordre absurde qu’on leur avait donné de ne point faire usage de leurs armes, même pour se défendre ; pendant ce temps arriva une lettre emphatique du Fou-youen, par laquelle il menaçait de tout détruire, en cas de résistance; dans le même moment, un déploiement de forces maritimes avait lieu sur la rivière devant les factoreries.

Le 28 , les étrangers se réunirent tous pour signer une adresse en faveur de M. Smith, et, le soir, le Fou-youen désira s’entendre avec une députation des factoreries de chaque nation. On raconte «qu’il était fort agité; il paraissait évident qu’il s’estimerait heureux de se tirer honorablement d’affaire. » Effectivement, les Chinois étaient épouvantés de leur propre hardiesse ; aussi , un peu de résolution de la part de leurs adversaires aurait-elle pu sauver la vie au prévenu.

Un interprète arriva bientôt à la factorerie, avec une lettre de M. Smith au capitaine de son vaisseau, pour le prier de mettre le canonnier ou tout autre individu à la disposition des mandarins qui le jugeraient. Celte lettre fut portée le 29 à Whampoa , accompagnée d’une autre du conseil. Le 3 o, l’infortuné canonnier, qui était un vieillard , fut conduit à Canton , avec une adresse en sa faveur, signée parles membres du conseil britannique et les représentants des nations étrangères. 11 fut reçu par

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un mandarin de distincllon qui fit savoir verbalement à ses protecteurs qu’ils n’avaient aucune crainte à concevoir pour sa vie , et qu’il serait certainement relâché lorsqu’on aurait obtenu une réponse de l’empereur. Environ une heure après, M. Smith revint à la factorerie en disant qu’il avait été traité avec beaucoup d’égards. Le 8 janvier suivant, le malheureux canonnier fut étranglé !

Ce fut le dernier acte de cette nature dont les Anglais furent victimes en Chine , quoique ce ne fut pas le dernier qui se passa à Canton, car l’affaire du pauvre Italien Terranova , livré parles Américains, en 1821, fut presque semblable. Nos compatriotes, avertis de ce qu’ils avaient à attendre de la bonne foi et de la justice chinoises, se sont dès lors montrés prêts à tout souffrir plutôt que d’avoir part à la mort d’un innocent. Dans plusieurs occasions, leurs généreux efforts ont été couronnés de succès.

En 1 y84 , peu après le triste événement mentionné cidessus , l’attention du gouvernement britannique se porta naturellement sur l’extension et l’importance du commerce qui se faisait à Canton. On ne saurait, en effet, nier que la condition des Anglais dans cette ville ne se soit considérablement améliorée depuis l’ambassade de lord Macarlncy à Péking. Le fait est que ce fut seulement quatre années après la mort du canonnier, que le colonel Catheart fut envoyé d’Angleterre (en 1788) comme ambassadeur en Chine, à bord de la frégate V estai. Sa mort, arrivée en route, dans le détroit de la Sonde, arrêta entièrement la mission pour un temps , et la frégate revint en Angleterre. Ce ne fut qu’en 1792 que le projet fut renouvelé sur une plus vaste échelle. Au mois de janvier de cette année , M. Dundas mit sur le tapis la proposition d’envoyer une ambassade en Chine. Cette proposition était fondée sur l’augmentation de notre

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commerce , qui s’était agrandi peu à peu jusqu’au point de surpasser celui de toutes les autres nations. Il y joignit la remarque que les relations entamées avec cet empire par presque tous les peuples avaient été suivies de missions spéciales à Péking. On espérait qu’une mesure semblable briserait les réseaux qui entravaient le commerce avec la Chine, le soulagerait de quelques unes, des taxes dont il était grevé et placerait nos compatriotes, sur un meilleur pied de considération et de sûreté vis-àvis du gouvernement local. En conséquence, lord Macartney partit d’Angleterre au mois de septembre 1792» à bord du Lion, vaisseau de 64 canons, et accompagné de sir George Léonard Staunton , en qualité de secrétaire de légation. Les particularités et le résultat de cette ambassade sont si bien connus , d’après le célèbre ouvrage de ce dernier et la relation de M. Carron, qu’il serait superflu de s’y appesantir ipi. L’un des principaux effets de la mission fut d’attirer davantage l’attention publique sur la Chine, et de conduire, par degrés, à l’étude de la langue, de la littérature, des institutions et des mœurs de ce vaste et singulier empire : champ qui jusqu’alors (jvait été exploité presque exclusivement par les Français,

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