‹ La Chine ou Description GeneraleChapitre 33 sur 125 · I.A CUI.>E · texte numérisé non relu

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l’Angleterre. Mais, en i 832 , une querelle éclata entre le consul d’alors et le capitaine d’unq frégate américaine qui avait entrepris ün voyage d’exploration. Le capitaine ayant omis de rendre ses devoirs au consul, ce dernier en futpiqué. Les deux républicains se montrèrent siobstinément pointilleux, à l’endroit de leur rang respectif et de leur dignité personnelle offensée, qu’il leurfut impossible de s’accorder. Le pavillon fut donc amené et le consul s’en retourna chez lui.

Un événement assez important, survenu en 1802, contribua à décider , de manière à ne laisser aucun doute, une question qui avait été controversée quelquefois, celle de la nature du traité, en vertu duquel les Portugais possédaient Macao. Ce futen cette année que lord Wellesley, gouverneur général de l’Inde, appréhendant que la République française n’eût quelques desseins contre les établissements portugais on Orient, jugea nécessaire de mettre une garnison dans les principaux établissements de notre « ancienne alliée. » Conformément à cette détermination, une expédition partit du Bengale pour prendre Macao sous notre protection.

Le vice-roi de Canton, repoussant avec indignation la supposition qu’une partie quelconque de l’empire chinois pût avoir besoin de l’appui de l’étranger, somma les troupes anglaises de s’éloigner sur-le-cbamp. Fort heureusement, dans le môme moment, le brick le Télégrnphe, envoyé par la cour des Directeurs, avec la nouvelle que la paix était rétablie en Europe, arriva à Macao. La totalité des troupes retourna alors au Bengale.

Les Portugais, en cette circonstance, ne manquèrent point d’intriguer, comme à leur ordinaire, auprès du gouvernement impérial, et de faire leur possible pour gagner le cœur des Chinois, en calomniant les desseins des Anglais. Un malheureux prêtre, nommé Rodrigues , qui nous avait été fort utile durant le séjour de l’expédi-

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tion , à cause de la connaissance qu’il possédait de la langue chinoise , se vit tellement persécuté par ses compatriotes pour l’aide qu’il nous avait prêtée , qu’il fut obligé de quitter la ville. Les Portugais ont eu maintes fois depuis l’occasion de se repentir de leur politique étroite et mesquine envers nous ; car elle n’a eu pour résultat que de transporter tout le commerce de l’opium indien, de Macao à Lintin, et par là, de priver la première de ces places d’une source abondante de richesses, ou, pour parler vrai , de son unique source de richesses.

Les avantages que l’on espérait tirer de l’établissement de quelques rapports commerciaux avec le roi de la Cochinebine, ont été l’objet de l’attention des Anglais. Au mois de novembre i8o3, M. Drummond (maintenant lord Strathallan), président du comité de choix, à Canton, chargea de cette entreprise M. Roberts, membre de la factorerie , en lui enjoignant de se conformer aux instructions du gouverneur-général de l’Inde, de qui il devait porter une lettre au roi Cochinchinois. M. Roberts fut très courtoisement reçu , et trouva dans les missionnaires français de Hué-fou un appui généreux et amical. Il eut deux audiences du roi , avec lequel il échangea des présents ; mais le conseil , animé de cet esprit circonspect et exclusif propre aux nations ultra-gangétiques, ne voulut consentir à aucun traité de commerce écrit. L’envoyé , après une résidence de plusieurs mois, revint donc à Canton sans avoir pu atteindre le but de sa mission ; l’expédition plus récente de M. John Crawford ne fut pas couronnée d’un meilleur succès.

On crut reconnaître, postérieurement à l’ambassade de M. Roberts, que des rapports préjudiciables aux Anglais avaient été faits par un Portqgaisde Macao, nommé d’Abrio , qui avait insinué qu’ils méditaient une attaque contre le pays; aussi l’apparition du vaisseau d’explora-

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tion la Discovety excita-l-elle un si grand effroi, qu’on lui refusa jusqu’aux simples rafraîchissements.

Les forces navales considérables que la France avait entretenues dans les mers d’Orient, pour inquiéter notre commerce avec l’Inde et la Chine , portèrent l’attention de la compagnie sur l’armement de ses vaisseaux. Un événement, qui survint en i8o5, prouva l’eflicacité de cette mesure. La flotte de Chine, consistant en seize voiles commandées par un vieux militaire , le capitaine Dance , se dirigeait , le 1 5 février, vers la mère-patrie , lorsqu’elle tomba au milieu de l’escadre française, commandée par l’amiral Linois, qui avait croisé quelque temps au nord du détroit, dans le dessein de l’intercepter.

La flotte , dont la plupart des bâtiments étaient armés de trente canons et au-delà, se forma en ordre de bataille et s’avança hardiment au combat. Le capitaine Timins, du Royal-George, qui se trouvait à l’avant-garde, attaqua le vaisseau amiral de quatre-vingts canons, et reçut plus de soixante décharges dans son bois et ses agrès ; l’engagement ne fut pas poussé plus loin , l’escadre française mit toutes voiles dehors et partit laissant les Anglais maîtres du « champ de bataille « ainsi que des propriétés nationales qu’ils avaient à bord , et qui représentaient des sommes considérables. Le commodore do la flotte fut nommé chevalier, en récompense de la belle conduite qu’il avait tenue, et les commandants de tous les autres vaisseaux lui firent présent d’épées d’honneur et d’autres marques de distinction.

Vers cette époque parurent les flibustiers chinois, nommés ladrones , d’après les Portugais de Macao , et qui , pendant plusieurs années , répandirent la terreur le long des côtes de la province de Canton , et même sur la rivière jusqu’à la hauteur de la ville. Les rives méridionales de la Chine , à cause des lies innombrables dont elles sont

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semées, ont toujours donné abri à une race intrépide de pêcheurs dont la pauvreté, jointe à leurs habitudes indépendantes, les a portés, maintes fois, à se réunir en corps pour des entreprises de piraterie, en dépit des forces maritimes insuflisantes qui sont préposées à la garde des côtes de l’empire. On a déjà parlé de la puissance du célèbre chef Kochinga , et de ses succès contre les colons hollandais de Formose au xvii® siècle ; eh bien ! une flotte presque aussi formidable que la sienne devait paraître durant le laps de temps qui s’écoula entre 1 806 et 1810. On possède des détails très circonstanciés sur ces flibus-, tiers, non seulement d’après un ouvrage chinois, mais aussi d’après les narrations personnelles de MM. Turner et Glasspoole, deux Anglais, qui eurent le mallieur de tomber entre leurs mains, et qui se virent contraints, sous peine de mort , de les suivre dans toutes leurs expéditions.

Quelque grand que fût leur mépris pour la flotte impériale , ou pour toutes les autres forces indigènes qu’on aurait pu leur opposer, ils n’attaquaient pas volontiers les bâtiments européens dont les dimensions dépassaient celles d’un bateau. Les observations suivantes de l’empereur Kang-hi , prouvent que les ladrones de son temps n’étaient pas moins circonspects : « Nous avons appris dernièrement du pirate qui se rendit, en implorant notre clémence, que lorsque ses compagnons s’en allaient piller les navires sur les mers, ils avaient soin d’évitei tous les vaisseaux européens , parce qu’ils avaient peut de leurs armes à feu , etc. >> La force et le nombre de la dernière escadre de flibustiers ont été assez bien déterminés par les relations de MM. Turner et Glasspoole. En 1810, ils avaient environ six cents jonques ou vaisseaux, de grandeur différente, jaugeant depuis quatrevingts jusqu’à trois cents tonneaux ; mais dont le plus gros portait rarement plus de douze pièces de six ou de

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