‹ La Chine ou Description GeneraleChapitre 42 sur 125 · I,A CHINE · texte numérisé non relu

I,A CHINE

utiles, reconnut qu’il n’y avait pas de meilleur moyen de vaincre l’obstination des Chinois que de s’embarquer à bord des bâtiments anglais, et de quitter la rivière jusqu’à ce que l’affaire fût arrangée; en conséquence, le pavillon britannique, à Canton, fut amené le 1 1 janvier, et toute la flotte se dirigea vers la seconde barre d’ancrage. Ce mouvement changea subitement le ton du viceroi. Le 1 5 , il publia qu’il était convaincu que le comité ne pouvait commander au capitaine Richardson , puisqu’il s’était déterminé à quitter ainsi Canton. Il finit par l’inviter à revenir, tout en l’informant que le commerce continuerait d’ôtre suspendu, si la remisetlcs deux hommes réclamés n’était point effectuée. Le comité refusa sans hésiter de retourner à Canton à de pareilles conditions.

Sur CCS entrefaites, comme la frégate avait appareillé pour Macao , les Chinois espéraient pouvoir dire qu’elle avait gagné le large , mais son prompt retour rendit ce projet inexécutable. Les discussions continuèrent sans produire aucun résultat (les countrj-ships poursuivant leurs, opérations comme à l’ordinaire ) . Cependant , le 26 janvier, les marchands Long apportèrent un écrit du vice-roi par lequel ce dernier rejetait la proposition du capitaine Richardson , qui lui avait offert d’en référer au gouvernement britannique , et réclamait encore la remise des deux hommes. Le comité ordonna alors à la flotte de démarrer et de descendre la rivière jusqu’à Tchouen-pi. Les pilotes chinois avaient reçu la défense d’assister les Anglais, mais ceux-ci surent se passer de leurs secours ; ils naviguèrent avec une aisance et une sûreté parfaites. Pour n’êlre point en reste avec les forts, en cas d’attaque, ils avaient bourré leurs canons d’une double charge.

Bien que le comité eût nettement déclaré qu’aucune communication n’aurait lieu lorsque les vaisseaux au-

raient quitté la rivière , les marchands le rejoignirent en toute hâte le 29 , pour lui proposer de dire au vice-roi que le capitaine Richardson avait déclaré que deux hommes avaient disparu de la frégate. «Par là, remarquèrent ils, le gouvernement local sera à môme de démontrer que ces deux individus devaient être les meurtriers. » Comme cette proposition ingénieuse fut rejetée avec indignation, on insinua que si la frégate s’en allait pour quelques jours seulement , le vice-roi pourrait annoncer qu’elle avait gagné le large. Le comfté répondit de nouveau qu’il lui était impossible de retourner à Canton, tant qu’on ne l’aurait pas complètement séparé et absous des actes des vaisseaux de S. M. Le capitaine Richardson , qui était présent , prit occasion de déclarer formellement que le moment de son départ approchait , afin d’empêcher qu’ils ne représentassent faussement ses motifs.

Le 1" février, on reçut des marchands une lettre qui annonçait qu’un officier du gouvernement serait envoyé à Lintin pour faire une enquête ; et le 4 > un mandarin vint conférer , avec la permisssion du capitaine Richardson , à bord de la Topaze, où il vit quelques uns des marins qui avaient été blessés. Des visites de politesse furent échangées entre le président, le capitaine Richaidson , l’amiral chinois et l’olBcier député de Canton. Le 8 du courant, la frégate n’ayant plus rien qui la retint en Chine, mit à la voile. Une foule de tentatives eurent lieu, depuis , pour engager le comité à faire un faux rapport au vice-roi ; mais lorsqu’elles eurent toutes complètement échoué, on reçut des autorités chinoises un écrit qui rétablissait la liberté du commerce , et déchargeait le comité de la responsabilité qu’on avait fait peser sur la tête de ses membres , qui revinrent alors à Canton , le 25 février, après six semaines passées en discussions.

Ce fut la première occasion qu’eut le gouverneur local de reconnaître que le comité n’avait aucun rapport quel-

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