‹ La Chine ou Description GeneraleChapitre 43 sur 125 · L.i CIIIKF · texte numérisé non relu

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conque avec les vaisseaux de Sa Majesté, ni aucune espèce de pouvoir sur leurs commandants. Le premier lieutenant de la Topaze fut jugé à son retour par une cour martiale qui l’acquitta. Le résultat de ce jugement fut communiqué , dans une lettre du président du conseil de contrôle , au vice-roi ; mais on laissa à la discrétion dq comité de remettre cette lettre ou de la garder, selon qu’il le croirait convenable. Or , comme il parut à cette époque un édit de l’empereur qui acquiesçait à la conclusion des débats , la lettre ne fut point remise.

Lne effroyable calamité , aussi fatale aux Chinois qu’aux Européens, et qui ne sera pas de sitôt oubliée à Canton, survint vers la fin de 1822. IS'ous voulons parler du grand incendie , dont on rapporte que les ravages égalèrent ceux de l’incendie terrible qui éclata à Londres en 1 666, A neuf heures , dans la soirée du 1 " novembre , le feu se manifesta à la distance d’environ un mille , au nord-est des factoreries; et comme le vent souillait avec beaucoup de violence du septentrion , il se propagea bientôt avec une si effrayante rapidité , qu’à minuit il parut sur le point de menacer les habitations des Européens.

Des représentations furent adressés par écrit de la part de la factorerie anglaise au vice-roi, avec l’offre de secours d’hommes et de machines, et la recommandation d’abattre les maisons les plus voisines du feu. Cet avis ne fut point suivi , et le samedi matin à huit heures , les factoreries étaient déjà la proie des ffammes. Tous les efforts tentés durant la journée pour arrêter les progrès de l’embrasement, devinrent inutiles à cause de l’impétuosité du vent , et , le dimanche matin, le bâtiment entier fut consumé , à l’exception de quelques pièces. Les marchandises appartenant à la compagnie qui furent brûlées dans les magasins, s’élevaient à des sommes considé-' râbles ; mais le trésor, couvertde blocs de pierres solides.

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fermé sous de triples portes, et qui contenait un million de dollars, ou peu s’en faut, resta entier, quoique environné des ruines des édifices consumés. On dit que ce désastre priva de tout asile cinquante mille Chinois : le nombre de ceux qui perdirent la vie fut très considérable. Le gouvernement plaça des agens de police et des troupes pour protéger les propriétés commerciales, prés de la rivière et aux alentours des factoreries. Cette mesure fut rendue plus elficace encore , grùce au concours d’un corps bien organisé de marins et d’ofliciers des vaisseaux de lu Compagnie qui se relevèrent tour-à-tour. Sans ces précautions , on avait toute raison de redouter un pillage général, attendu la multitude de Chinois vagabonds qui avaient été attirés sur les lieux et qui semblaient disposés à prendre avantage de la confusion et du trouble : des marchandises, représentant une valeur considérable, furent sauvées par des bateaux, qui servirent d’asile pendant quelque temps à beaucoup d’Européens qui n’avaient pas d’autre gitc. Cependant, avec l’aide d’un marchand hong, qui consentit à lui prêter sa maison, la Compagnie put reprendre ses affaires , une semaine après l’incendie. Les conflagrations chinoises, près des factoreries, sont tellement fréquentes, que le retour d’une semblable catastrophe est , en tout temps , très probable.

Depuis cette époque , il s’écoula un certain nombre d’années, durant lesquelles les alfaires de Canton continuèrent paisiblement, sans être heurtées ni entravées; mais dans ce même temps, la mauvaise conduite, ou la déloyauté de quelques uns des marchands hong, leur préparait des embarras d’une autre nature. Le nombre de ces marchands ne s’élevait, dans ces dernières années, qu’à dix ou onze , et un ou deux des plus pauvres d’entre eux, qui n’avait jamais joui d’un très grand crédit ni de beaucoup de confiance, faillirent pour une somme minime, sans que cet événement influât extrêmement

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sur le commerce général. Mais , vers le commencement de i8s8, les embarras connus de deux des principaux, liong, démontrèrent les fâcheux effets d’un système de . crédit qui s’était placé en dehors des règlements de l’Étal , relativement à l’acquit des dettes des Long.

Ilavait été ordonné depuis long-temps, parun éditimpérial, que le corps entier des marchands hong serait solidaire des dettes contractées par leurs confrères envera les Européens. Ils reçurent, à la même époque, l’ordre de ne point souscrire d’obligations pécuniaires envers les étrangers ; mais cette défense devint inntile. La solide garanti.-> du consou, ou corps général, qui donnait toute certitude au capitaliste européen ou américain de recouvrer plus lard ses fonds, quel que pût être le sort de celui qui les lui avait empruntés, procurait aux négociants chinois une telle facilité pour obtenir du crédit, qu’elle conduisit quelques uns des plus prodigues ou des moins délicats d’entre eux à contracter d’énormes dettes, au taux ordinaire chinois, de lo et i a pour cent. L’un de ces négociants faillit, en 1828, pour la somme de plus d’un million de dollars. Il fut banni en Tartarie : c’est ce qu’on appelle dans l’anglais dé Canton «aller au pays froid;» mais comme il était d’une constitution usée et de plus grand fumeur d’opium , il mourut en route.

L’année suivante, en 1829, un autre hong, .qui avait emprunté très largement des Européens et des Américains , faillit pour une somme égale. Cette dernière banqueroute était frauduleuse, carChunqua (c’est ainsi que. s’appelait l’individu) s’enfuit dans sa province natale avec une grande partie de l’argent, et telle était l’influence de sa famille , dont plusieurs membres remplissaient de hautes charges de magistrature, qu’il réussit à garder pardevers lui son gain mal acquis et à obliger le consou à payer ses créanciers.

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