‹ La Chine ou Description GeneraleChapitre 44 sur 125 · I.A CniKF · texte numérisé non relu

I.A CniKF

Ces deux l'aillites, montant ensemble à deux millions de dollars, produisirent, comme on peut le croire, une profonde sensation et un vif mécontentement parmi les marchands étrangers à Canton ; des contestations s’élevèrent avec le consou, relativement aux termes de paiement des dettes. Les marchands hong demandaient dix paiements annuels, tandis que les créanciers ne voulaient pas en accorder au-delà de six. Finalement, par la puissante influence du comité , il fut convenu que la * liquidation des deux dettes serait terminée à la fin de i855, c’est-à-dire environ six ans, après la première faillite.

Ce fut alors que le gouvernement ouvrit les yeux sur les fâcheuses conséquences du règlement qui obligeait la corporation des marchands hong à répondre des dettes de tout membre du consou, imprévoyant ou déloyal, et il arrêta que la responsabilité du corps cesserait. La totalité des deux millions fut intégralement payée à l’expiration du terme fixé, et les marchands étrangers ne regret- ''

tèrenl nullement la règle qui rendait chacun responsable* , de ses propres dettes; car, en premier lieu , le précédent système engendrait une espèce de crédit abusif qui n’était rien moins que favorable au commerce en grand ; et secondement, les dettes, quoiqu’elles semblassent avoir été payées par les marchands hong, l’avaient été en réalité par les Européens, attendu qu’une taxe sur les importations avait été, levée expressément dans ce dessein.

Cette taxe continua d’ètre perçue, alors môme que l’objet, pour lequel elle avait été créée , eut cessé d’exister.

Les deux dernières faillites avaient réduit le nombre desmarchandshong à six , corpsinsullisantpour conduire le commerce européen , et ne valant guères mieux que le marchand de l' empereur , o\i «monstre en négoce,» dont . il a été parlé dans le dernier chapitre. Ces six hong n’ntaient nullement tlésireux de posséder de nouveaux con-

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I* cniNE, iiâ

frères; mais l’atlontion du cbmité de choix se tourna sérieusement vers cet objet. Il était assez singulier que , nonobstant le monopole dont jouissait le consou et les occasions qu’avaient ses membres d’amasser de l’argent , les extorsions et autres désagréments auxquels un marchand hong était, en tout temps, exposé par ses relations avec des étrangers , ou en leur servant de caM«iora,fussent tels que beaucoup de capitalistes ne se souciassent point d’en augmenter le nombre. Gomme le gouvernement local semblait disposé à montrer son indifférence habituelle et son mépris pour les représentations des Européens, la flotte de 1829, de la Compagnie, fut retenue hors de la rivière, à son arrivée, dans le dessein d’attirer l’attention sur ce sujet (1).

Le 8 septembre, une adresse fut envoyée au vice-roi; elle appuyait principalement sur la nécessité d’augmenter le nombre des marchands hong , sur l’élévation. des droits de port qui frappaient les navires à A\Tiampoa, et qui se montaient à environ 800 livres sterling pour un petit * ^

bâtiment, et sur la rapacité des officiers du gouvernement

préposés aux douanes. Le vice-roi acquiesça , dans sa réponse, et de fait, à la nomination de nouveaux mar- ,

cbands hong; mais il lie satisfit point aux autres réclama- , .

tions. Le comité renouvela ses plaintes, le i6 novembre, et continua de retenir les vaisseaux à l’ancrage qu’ils occupaient. Malgré cette mesure, les autorités locales ne , •

se montrèrent pas plus disposées à dévier de leur dernière déclaration, le vice^oi ajouta: «Quant au commerce.

( 1 ) Eu i85a, nn Hong, nouTelknicnl insUllé, adopta pour »on ciabliaaeincnt (SL-Ioii la coulume) , une di5«ignalion pai liculièrc : celle qu'il choisit ajgnifiail « hoiilicur, ou pi-osp<ii'i(c cuuipicic. » Elle était quelque peu prématurée, car avant même qu'il eût pu commencer à Iratiqucr, tout sou capital fut absorbé en honoraires ou en cadeaux pour les mandarins ; il Gt faillite.

,i(l i.\ r.iinr.

que ladite nation fasse comme il lui plaira ; et quant aux règlements , ceux que le céleste empire prescrit doivent être exactement suivis.» Les débats continuèrent, sans amener aucune conccs.sion de part ni d’autre, jusqu’au 1 1 janvier, époque à laquelle on reconnut la nécessité d’envoyer le plus grand nombre des bâtiments à Manille, et d’attendre que le gouvernement chinois eût pris le parti de céder.

Dans le môme moment, le comité s’adressa au gouverneur-général de l’Inde, afin qu’il l’aidât d’une représentation à Péking , et affirma que l’envoi de quelques vaisseaux de guerre donnerait du poids à scs remontrances. Le gouvernement suprême refusa d’intervenir sans y être autorisé par la mère-patrie. 11 y araison de craindre que les autorités chinoises n'aient été confirmées dans leur obstination par la connaissance qu’elles eurent de la division ducomité ; elTectlvement , la majorité était opposée àM. William Plovvden, principal subrécargue, lequel se trouvant, à la longue, en divergence avec ses collègues et de peu de poids dans la factorerie , prit le parti de / quitter la Chine, ce qu’il fit vers la fin de janvier.

Le 2 février, le vice -roi publia un édit portant qu’un marchand hong additionnel avait déjà été nommé’, et que les autres le seraient bientôt; que les dettes dés deux banqueroutes seraient payées, et que la question des taxes de port avait été soumise à l’empereur. Ces nouvelles parurent assez satisfaisantes au comité pour l’engager à faire venir la flotte à Whampoa , et, le 8 du même mois, le vice-i'oi apprit qu’il avait agi en conséquence.- Le ’i" mars, trois nouveaux hong furent institués.

Les choses se rétablirent alors sur un pied de paix et de tranquillité; les vaisseaux furent tous chargés et envoyés en Angleterre, comme à l’ordinaire; mais dans le cours de la saison suivante, il survint des événements qui menacèrent de produire encore une fois des maux et du

Vue prise de Canton.

LA CUIK£<

désordre. Les détails en sont instructifs; car ils font voir quelles conséquences sérieuses peuvent naître des précédents les plus insignifiants, au sein d’une ville comme* Canton, où les Chinois et les étrangers vivent, vis-à-vis les uùs des autres, dans ce que les légistes appellent « un étal de nature ,» c’est-à-dire gouvernés par les seules lois de leurs passions ou de leurs intérêts.

IJn horloger suisse, nommé Bovet, habitait la même factorerie queplusieursParsis (1) et jouissait d’une entrée qui leur était commune à tous. Cet homme, un peu violent, prit sur lui de condamner cette porte, sous le prétexte du désagrément que lui occasionnait le libre passage. Ce procédé donna bientôt lieu à une altercation. Un nommé Mackenzie, maître d’un bâtiment marchand, étant réveillé par un grand tapage , vers la tombée de la nuit, descendit avec un bâton et en frappa le plus turbulent des Parsis : tous fondirent alors sur lui , et l’accablèrent de tant de coups qu’il en mourut.

Par ordre du comité, les Parsis furent aussitôt embarqués pour Bombay comme prisonniers ; mais les Chinois les réclamèrent pour les juger (ou plutôt pour les exécuter), en se fondant sur l’affaire du Français qui avait tué un Portugais en 1780. Dans le même moment, il parut un édit du vice-roi, qui insistait pour le départ de Canton, de l’épouse du président, laquelle s’était rendue dans celte ville, contrairement à la coutume qui relègue les femmes à Macao } il menaça d’employer la force , en cas de résistance. Cet édit , joint à l’appréhension des malheuts que pouvait attirer aux Anglais le meurtre de

(1 ) Kalifs (lu Bombay, adorateurs du feu ou disciples de Zoroastn?, cl les vrais rcpréseiitauts ^es anciens Perses qui combaltirent contre les (àtucs. Ils abandunnèreut leur pays, après que les Musulmans l'curciit conquis, et s'établirent dans la partie ouest de l'iiide, où ils sont les plus industrieui de nos sujets urientaui.

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