I.A CniM
^inces du Gben-si; mais les plaines d’où elles surgiss^t sont peu élevées au-dessus du niveau de la mer!
Les deux principaux fleuves de la Chine *DCCupent un rang très distingué dans l’histoire géographique du globe. En prenant la Tamise pour point de comparai.son, le major Rennel a estimé que les proportions du Yang-tsé-kiang équivalaient à quinze fois et demie, et celles du fleuve Jaune à treize fois et demie la longueur de cette rivière; ils ne sont inférieurs qu’au fleuve des Amazones et au Mississipi. Le Yang-tsé-kiang , le fleuve « ou le fils de la mery* a été nommé par quelques personnes le Jteuve Bleu ;^ais aucune désignation de ce genre ne lui est appliquée en chinois. Il prend naissance dans le Koko-nor (pays entre la Chine et le Thiket) , à peu de distance des sources du fleuve^Jaune ; puis , tournant soudain vers le sud , il décrit un demi-cercle brisé dans les provinces du Yunnan et du Ssé-tchouen , où il prend le nom de fleuve au sable d'or ; et alors coulant au nord-est et à l’est , il -fait ensuite* un contour gracieux vers le sud , et reçoit l’excédant des eaux du Tong-ting-hou, le plus grand lac de la Chine. De là, dans sa course vers la mer, il sert encore de réservoir à un autre grand lac, le Po-yang-hou, dans la province du Kiang-si; après cela, il court presque au nord-est et se jette ap-delà de Nanking, dans l’Océan, qu’il atteint précisément sous la trente-deuxième parallèle de latitude. Cet immense torrent roule ses eaux avec une impétuosité telle , que l’ambassade de lord Amherst. éprouva beaucoup de difficulté à le remonter vers le lâc Po-yang : elle ne pouvait avancer qu’avec le "secours d’une forte brise du nord-est, la marée ne se faisant pas sentir plus haut que Koua-tcheou , au-dessous de Nanking.
Le fleuve Jaune prend aussi sa source dans le pays de Koko-nor: mais tournant bientôt vers le nord, non moins brusquement que le Kiangvers le sud, il traverse
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la grande muraille , fait un coude autbur du territoire des Orfous, traverse de nouveau la grande muraille, coule droit àu sud, et forme la ligaite du Ghan-si et du • Chen-si ; de là il tourne soudain à l’est et se jette dans la mer au 34' degré de latitude. Ce fleuve , dans son immense longueur, n’est, pour ainsi dire, pas navigable, à cause de son excessive rapidité. Dans les anciennes cartes de la Chine , on l’a représenté comme se déchargeant dans le golfe du Pé-tchi-li , au nord du promontoire de Chan-tong ; et si dans la construction du canal , sousl. le règne de Khoubilaï-Khan , on a détourné son cours primitif, il est alors possible que cette violence faite à la nature soit la cause du renouvellement constant dos accidents qu’occasionne la rupture de ses digues et de ses bords artificiels et mal construits. L’entretien de ses ouvrages est une source d’inquiétudes et de dépenses continuelles pour le gouvernement, qui perçoit fout exprès un impôt sur les marchands hong à Canton. L’énorme quantité de limon charriée par les flots du fleuve Jaune (c’est de là qu’il a tiré son nom) , amène à son embouchure des dépôts qui tendent rapidement à diminuer la profondeur de l’eau. 11 est digne de remarque que les deux grands fleuves de la Chine prennent leur source à peu de distance l’un do l’autre, etsc jettent dans la mer à deux degrés seulement d’éloignement, après avoir suivi une direction tout opposée, au nord et au sud , et avoir été séparés par près de quinze degrés entiers de latitude.
La côte de la Chine , au sud du promontoire de Chantong, est en général rocailleuse et d’un accès difficile, excepté dans les endroits où se déchargent le fleuve Jaune et le Yang-tsé-kiang. Le terrain de la province de Péking est sablonneux, et le golfe qui le confine extrêmement bas, de sorte qu’un vaisseau de haut-bord ne peut approcher du rivage qu’à la distance de plusieurs milles.
Toutes les côtes de l’empire possèdent une inultiludo de ports sûrs et commodes. Ceux du midi ont été soigneusement explorés par la compagnie des Indes-Orientales. La côte ouest, quoique tracée très correctement sur leS cai'tes des missionnaires, n.’a point encore été examinée hjdrograpliiqucment. En général, on a reconnu que rOccan, à partir de l’embouchure de la rivière de Péking jusqu’à Chusan, est aussi exempt de dangers que dans toute autre partie du monde. Le canal Impérial qui, sous le rapport de l’étendue et de l’immensité du travail qu’il a occasionné, est, de même que la grande muraille, sans égal dans le monde, affranchit entièrement les Chinois de la navigation côtière, pour le commerce intérieur de l’empire. Ce canal , ainsi que nous l’avons déjà mentionné , fut jjrincipalement construit par khoubilaï-khan et ses successeurs immédiats de la dynastie des Youen. Dans un ouvrage manuscrit d’un, historien mongol, nommé Rascliid-eddin , écrit dans l’année de N.- S. Jésus-Christ i3o7, et qui nous a été communiqué par MM. de llammer et klaprotb, on, lit cette notice curieuse :
«Le canal s’étend depuis khanbalikh (Péking) jusqu’à kliinsai (i) et Zeytoun; il est navigable pour les vaisseaux, et a quarante journées de longueur. Lorsque les navires arrivent devant les écluses, ils sont soulevés, quelle que soit leur grandeur, au moyen de machines, et déposés de l’autre côté sur l’eau. » C’est l’exacte description de ce qui se pratique encore aujojjrd’hui , ainsi qu’on peut le voir en recourant aux relations des deux ambassades anglaises.
11 faut remarquer, cependant, que bien. que l’on ait en général considéré le canal comme s’étendant depuis
(i) kiiig-ssù ou capilalc , .injuurd'liui liaug-Iclicou fou; rO.'iiluucc des cuipeeeurs de la.dyiiuslie des Soiig.
LA cin^iËi
Tien-tsin,prés Péking, jusqu’à Hang-tchcou-fou (province du Tché-kiang) , dans une longueur d’environ 600 milles g^graphigucs , le canal proprement dit , en d’autres termes le Tcha-ho, ou «fleuve des écluses,» commence seulement à Lin-tsing-tcheou, dans le Chan-tong, et se prolonge au-delà du fleuve Jaune. La principale rivière qui l’alimente est Oueî-ho, laquelle, après avoir 'pris naissance dans le Tai-chan (province de Chan-tong) , se jette'dans le canal , à sa plus haute élévation et dans une direction perpendiculaire à son cours. Ses eaux frappaali^vec force contre un retranchement en pierres qui su^orte le bord occidental , se précipitent en partie vers le nord et en partie vers le sud. A cet endroit est le temple du. «Roi-dragon, » ou génie aquatique qui est censé avoir pris le canal sous sa protection.
Un dos principaux mérites de ce travail gigantesque ^ conaiste en ce qu’il seii d’égout au pays marécageux, au milieu duquel il coule, depuis Tien-tsin jusqu’au Yangtsé-kiang. Étant porté à h-avers les plus bas niveaux',
• et'Comrauniquant avec les contrées voisines, au moyen d’écluses, il a fertilisé un terrain qui autrement n’eût été qu’un impraticable marécage. Cependant , tel qu’il est, plusieurs personnes de l’ambassade de i8i6 lui trouvèrent de graves inconvénients. La vaste cité de lloa!-ngan-fou , prés du fleuve Jaune, s’étend sur une surface d'environ trois milles au-dessous du niveau du canal. En longeant ses murs ruinés que nous contem-
t plâmcs de nos bateaux , il nous fut impossible de ne pas ^ frémir à la pepséc que si un accident survenait aux bords du^canal, la destruction totale de la ville serait certaine. Non loin de là réside le Ho-tsong ou inspecteur-général du fl|^|)ÿe, qui est préposé à la conservation et à l’entretien de ses rives.
, ’lljlèaucoiip de lecteurs se rappellbi-ont qu’à l’époque de Yao, c’est-à-dire un peu plus de 2,000 ans avant
Pas«agiPpai- une écluse.
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notre ère, les Chinois font remonter leur tradition d’uné immense inondation, que plusieurs écrivains ont considérée comme identique avec le déluge universel rapporté par l’Ancien-Testament. Après un examen scrupuleux de' leurs propres relations, nous avons acquis la certitude que le déluge des Chinois est représenté plutôt commé interrompsint les travanx de l’agriculture f que comme entraînant la destruCtioti générale de la rece humaine. On remarque dans le livre de Mencius (chap. 5 ), que le grand Yu «ouvrit neuf canaux; fue Yu resta Huit an^ dehors pour les eaux. « Ceci pourrait difficile-
ment désigner le déluge universel , et ne semble avoir été que quelques aggravations de la condition naturelle des bas pays au milieu desquels le fleuve Jaune et le canal coulent actuellement Si tous déni débordaient aujourd’hui , le déluge de Yao serait r^ouvelé. Ce fut pour avoir desséché le pays ou pour avoir fait disparaître les eaux de l’inondation, que le grand Yufùt ainsi célébré.
Mais revenons au canal. Plusieurs personnes, et parmi elles le docteur Abel, ont eu de la peine à reconnaître le travail et l’art qu’il a fallu pour le construire. Le docteur, en particulier, remarque : « On parait avoir un peu exagéré le mérite de ce fameux monument d’industrie, considéré comme moyen de communication entre les ^^éiwtes parties de l’empire, lorsqu’on l’a cité comme *' un exemple dej’immense puissance du travail et de l’art. Durant la totalité de son cours, il traverse un sol aqueux, facilement entamé parles instruments des ouvriers, et est adimenté par de nombreux ruisseaux. Il serait difficile de trouver un espace de vingt milles qui ne soit pas alimenté par des rivières tributaires. Les écluses qui le iuallweiuient au niveau nécessaire sont de la plus grossie construction; des arcs-bontanls, forjnès de blocs èrpieni^s, avec des coulisses faites, au moyen de plan-
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LA CIIIAE..
fclies épaisses, sont 1^ seules bondes du çanal Impérial, line traverse jamais aucüne montagne ni aucune vallée.» line grande partie de ces "remarques est exacte et se trouve confirmée par l’observation de Duhalde. « Dans tous cet espace» il n’y avait ni collines, ni carrières, ni rochers qui pussent donner aux ouvriers la moindre peine , soit pour creuser, soit pour niveler. »
Cependant , si l’on admet que le canal est une œuvre de haute utilité nationale , sous plus d’un rapport , la simplicité des moyens, par lesquels on a atteint le but, ne Saurait rien diminuer de son mérite ; bien loin de là ,‘ elle prouverait la sagacité 'qui a présidé à l’ordonnance du plan.
La description suivante du système employé pour traverser le fleuve Jaune, à l’endroit où il est coupé par le canal, est extraite de deux relations inédites de la dernière ambassade.
' « A notre gauche ( en allant au sud ) , était un courant appelé «la nouvelle rivière salée , « qui , comme le canal, se jetait dans le fleuve Jaune ; et , à notre droite , nous eûmes très près de nous, pendant plusieurs jours, le fleuve Jaune lui-même qui, avant ce point de jonction avec le canal, tourne subitement au noCd-est, après avoir suivi une direction sud-est. Lorsque nous fûmes restés un peu à l’ancre, et que nous eûmes reçu la visite dè quelques principaux mandarins, nous nous préparâmes pour traverser le fameux Hoang-ho. Tous les bateaux, en entrant dans le fleuve, coupèrent le courant, sans observer aucun ordre , et gagnèrent la 'rive opposée en moins d’une heure. Le temps étant beau et calme , et l’eau parfaitement tranquille , nos matelots ne se montrèrent pas * stricts dans l’observation de leurs cérémonies et de leurs libations , que ceux de la dernière ambassade; cependant l’équipage de chaque bateau brûla, je trois, quelques morceaux de papier doré, et
t,à CHINE.
lança une volée de pétards en l’honneur de la circonstance. L& largeur du fleuve était d’environ 3/4 de mille, avec un courant de trois ou quatre milles par heure ; mais l’eau n’était pas plus boueuse ou jaune , en cet endroit, qu’on ne la remarque dans le Pei-ho et ailleurs.
» Le courant était certainement très rapide et nous entraîna fort loin, avant que nous pussions atteindre le bord opposé, qui était garni d’un grand nombre de barques de fonnes et de dimensions différentes. Quelques unes d’entre elles étaient oblongues , comme certaines boites, et chargées de paille ou de tiges du HoIcvl» Sotghum et de roseaux grossiers, destinés à être transportés sur divers points du fleuve et du canal , pour y être employés à la réparation des rives. Cette réunion de bateaux, quoique l’une des plus considérables que nous eussions ' encore vues dans cette partie de la Chine, ne pouvait être comparée à celle qui a lieu tous les jours dans la rivière de Canton. Lorsque le courant nous eut portés à^^quelques milles de l’ouest, nous fûmes obligés de remonter le fleuve jusqu’à l’ouverture par laquelle nous devions poursuivre notre route au sud. Or, le passage proche du bord, le long duquel nous nous tenions à cause du courant, était tellement encombré de bateaux, que nous ne pûmes atteindrece point que quatre heures après notre départ. Le pis était encore à venir : il fallaitpasser parune écluse, sur le côté citérieur de laquelle l’eau qui avait été refoulée, en passant par les aboutissants, se précipitait avec une violence telle , qu’elle cnglodtissail dans ses mascarets de grosses matières flottantes. Cette écluse, dont les proportions étaient colossales, avait près de cent aunes de longueur , et les eaux qui la franchissaient s’éhmçaient dansXe fleuve, à raison de sept ou huit milles par heure. Ses bords en saillie des deux côtés n’étaient pas construits en pierre, mais avec la paille ou, les roseaux déjà mentionnés, mêlés avec de la terre et fortêment liés
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avec des câbles. Nos bateaux furent successivement dragués par cette écluse , au moyen de cordages roulés autour de plusieurs gros vindas que l’on mettait en mouvement sur le rivage. Grâce à celte méthode , l’opération fut accomplie lentement, il est vrai , mais sans aucun dommage ni le moindre accident. Après avoir ainsi effectué notre passage par l’écluse, nous nous trouvâmes presque en 'eau calme, non pas, comme nous l’avions espéré, dans. la partie septentrionale du grand canal, mais dans le lit d’une autre grande rivière, presque aussi large que celle que nous avions quittée. On nous dit qu’elle communiqùait, à peu de distance avec le grand lac Hong-tsé-hou , à la droite de la direction que nous suivions.
B Le courant , par lequel ce lac décharge l’excédant de ses eaux dans le fleuve Jaune , est marqué dans toutes les cartes de la Chine , mais il est représenté comme entièrement distinct et séparé du grand canal. Il parait donc évident que le cours de la navigation a été récemment altéré ici, soit par les débordements du fleuve Jaune, soit par quelque autre cause. Lenom de «Nouvelle rivière salée » semble indiquer d’ailleurs qu'un changement s’est effectué.
B Quand nous eûmes pénétré dans la partie septentrionale du grand canal, nous remarquâmes qu’on avait fait de grands efforts et d’immenses travaux pour en construire les bords et pour régulariser le cours . des eaux. En premier lieu , on a creusé sur la rive deux ou trois baies artificielles, où les bateaux frétés pour le Sud se rassemblent, pour attendre en sûreté que leur tour soit venu d’effectuer leur passage. Il y a encore deux autres écluses imparfaites, après la première qui conduit du fleuve au canal; elles ont aussi entre elles de laides bassins et des bords avancés, construits avec de la paille ou des roseaux et liés avec des cordages. L’objet
de cette succession d’écluses avec les baies semble , en quelque sorte , être le même que celui des bondes de nos propres canaux.» • *
La place importante que la grande muraille occupe sur les cartes de la Chine, donne à cette immense barrière artificielle le droit d’être considérée sous un point de vue géographique. Nous avons déjà dit qu’elle avait été élevée par le premier monarque universel del’ empire, deux cents ans environ avant l’ère chi'étienne, ou, pour mieux dire, depuis plus de 2,000 ans. Elle borne tout le nord cle la Chine , le long des frontières des trois provinces, et. s’étend depuis les bords du golfe du Pétché-li, 3 degrés i/2cstdePéking, jusqu’à Si-ning, 1 5 degrés ouest de cette capitale. Les empereurs de la dynastie des Ming bâtirent un mur additionnel intérieur, près de Péking , à l’ouest ; on peut le voir sur la carte : il ceint une partie de la province , à partir de l’extrémité orientale de la grande muraille ; il y a une immense plantation de pilotis de bois, qui enclôt le pays de Moukden, et qui, dans plusieurs cartes européennes, a été représentée, par erreur, comme une continuation de la barrière solide.
Les personnes attachées à l’ambassade de lord Macartney furent assez favorisées du sort, pour passer en Tartarie par l’une des parties les plus entières de la muraille, ce qui (Tonna au capitaine Parish l’occasion d’en examiner la structure, d’une manière toute particulière. De loin, à la première vue, elle ressemble , dit-il , à une veine proéminente de quartz surgissant de montagnes de gneiss ou de granit. Mais la continuation de cette ligne sur le sommet des hauteurs fixa notre attention ; bientiit nous distinguâmes la forme d’un mur surmonté de créneaux qui couronnait les collines les plus élevées et descendait jusque dans les plus profondes vallées, traversait les fleuves sur des arches, etétaitdouble
Plan, élévaliou el diviiion de la grande uiuiaillv.