‹ La Chine ou Description GeneraleChapitre 52 sur 125 · I.A CIIIKE · texte numérisé non relu

I.A CIIIKE

dans les passages importans ; de distance en distance , c’est-à-dire environ tout les cent yards, il était flanqué de tours massives ou de bastions. L’un des pics les plus gigantesques , surmonté par la grande muraille , était situé à environ 5 ,ooo pieds au-dessus du niveau de la mer. En un mot, cette barrière surpasse la masse totale de tous les autres travaux de ce genre, et elle a été efficace jusqu’au moment où la puissance de Gengis-Khan renversa l’empire des Chinois.

Le corps du mur consiste en un rempart de terre, retenu de chaque côté par d’autres murs de mSçonnerie, et couronné d’une plate-forme en briques carrées. La hauteur totale , en y comprenant un parapet de cinq pieds , est de vingt pieds , sur une base de pierre saillante de deux pieds sous le ti avail en briques , et variant en hauteur depuis deux pieds et au-dessus, selon le niveau du terrain. L’épaisseur du mur à sa base est de vingt-cinq pieds , et se réduit à quinze à la plate-forme. Les tours ont quarante pieds carrés à leur base , et vont en diminuant jusqu’au sommet où elles n’en ont plus que trente : leur hauteur totale est d’environ 37 pieds. Dans certains endroits , cependant, la tour avait deux étages et 48 pieds de hauteur. Les briques sont, comme d’ordinaire en Chine, d’une couleur bleuâtre, et ont à peu près i 5 pouces de long sur 7 1/2 de large, et presque 4 pouces d’épaisseur ; elles sont probablement la totalité , la moitié et le quart du tchi chinois, ou covid. La couleur bleue des briques portait à croire qu’elles avaient été brûlées , mais on remarqua quelques vieux fours près du mur ; et depuis , l’expérience tentée en 1816 par le docteur Abel prouva que la brique d’argile des Chinois, rouge d’abord , devient bleue lorsqu’elle est cuite. Le peu d’épaisseur du parapet de la muraille, lequel n’a que 18 pouces environ, justifie l’opinion qu’il n’avait point été construit pour résister aux canons. Les Chinois

d’ailleurs ne réclament pas une antiquité aussi reculée pour l’invention de leurs armes à feu. La description qui précède confirme donc, dans son ensemble, celle faite par Gerbillon un siècle auparavant «La grande muraille, dit-il, n’a pas, en général, plus de i8, so ou 25 pieds géométriques de hauteur; mais il est rare* que les tours en aient moins de 4o. »

Le même missionnaire remarque toutefois qu’au-delà du fleuve Jaune, à son extrémité occidentale, ou pendant la bonne moitié de sa longueur totale , la muraille consiste principalement en un rempart de terre ou de gravier, d’environ i5 pieds de haut, avec des tours de briques , situées à des distances irrégulières. Le silence de Marco-Polo, à cet égard, peut s’expliquer en supposant que n’ayant vu que la portion imparfaite de la grande muraille , il n’avait pas cru qu’elle méritât une mention particulière.

Comme une description géographique détaillée serait déplacée dans cet ouvrage , nous ne parlerons que des lieux les plus dignes d’attention , et nous commencerons par ceux qui se sont trouvés sur la route des ambassades anglaises. La province stérile, plate et sablonneuse, dans laquelle Péking est située , ne peut être le sujet de beaucoup de remarques. La vaste plaine qui entoure cette fcapitale est entièrement dépourvue ' d’arbres. Le bois qu% l’on s’y procure vient du long promontoire de Tarjarie , qui forme la limite orientale du golfe de Liaotong, et qui a été nommé par sir Murray Maxwell «l’Epée du Régent. »

La viUelaplus considérable, après Péking, estTien-tsin, quoiqu’elle ne figure pas au rang des villes. Elle forme U trivium ou point de jonction entre le canal, la capitale et la mer. C’est là qu’on voit les gigantesques collines de s«l, décrites par M. Barrow, et qui sont le dépôt réservé à l’énoime consommation de Péking : le sol est

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manufacturé 1^ long des bords marécageux de la mer.

£n entrant dans la province contiguë du Chan-tong au sud, l’attention ne tarde pas à être attirée par le corn-mencement du canal; sur les lacs ou plutôt les vastes marais au milieu" desquels il coule , on voit des corvoranshpêcheurs , oiseaux dont il sera parlé plus loin, exerçant, dans des bateaux, leur industrie au profit de leurs maîtres. La surface du territoire , dans cette province et dans le Pé-tcbi-li , est tellement unie et basse , que la marée , qui ne s’élève que de 9 ou 10 pieds dans le golfe voisin, coule jusqu’à environ cent milles audessus de l’embouchure du Peï-ho. Le sol, consIshTnt en un sable argileux et plein do mica, est donc fréquemment sous l’eau. Le niveau général n’est que de deux pieds aü-dessus de la surface de la rivière , à la marée montante. On peut trouver dans cette particularité, jointe au voisinage du fleuve Jaune , source constante de débordements, l’explication de la grande inondation ou du déluge que le célèbre Yu a, dit-on , dissipé dans le cours de huit années, en consti“uisanl«neuf canaux. »

Lorsqu’on pénètre dans le Riang-nan, qui est divisé en deux provinces subordonnées , celles de Kiang-sou et de Ngan-hoeï, le pays s’améliore déjà, et l’inégalité du terrain rend les bondes ou les écluses très fréquentes sur le canal. Le Kiang-nan est , sans contredit , la plus riche province de la Chine; elle est renommée pour ses soies et ses marchandises vernissées , fabriquées principalement à Sou-tcheou.

Nanking, l’ancienne capitale, fut abandonnée pour Péking, par Yong-lo, dans le xv' siècle. L’enceinte des anciens murs, dont un coin seulement est occupé par la ville actuelle , mesure 1 7 milles de circonférence , c’està-dire un peu plus que le circuit de Péking. La dynastie tartare régnante trouve son intérêt à fixer sa résidence loin de Moukden, où elle a pris naissance; mais l’an-

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