I.A CIIIIVE
C8l la corruption de W oa-i-chan, collines où ils croissent principalement.
Nous pouvons dire maintenant que nous avons jet^lcs yeux sur les plus belles et lés plus opulentes parties de l’empire. Toutes les autres sont des provinces intérieures moins connues des Européens, et probablement moins favorables au commerce. Hou-kouang, l’une des plus vastes, est partagée par le grand lac Tong-ting-hou (i) , en deux provinces subordonnées, Hou-pé et Hou-nan , c’est-à-dire nord et sud du lac. Le dernier doit être distingué du Ho-nan, province du septentrion.
Tout à côté , au sud-ouest , est la province du Kouangsi , qui se trouve sous la même vice-royauté que Canton , mais qui lui est bien inférieure en richesses.
Au nord du Kouang-si, on trouve Koueï-tcbeou , petite province montagneuse, dont la frontière méridionale a toujours été indépendante ; elle est peuplée par unV race de montagnards appelés Miao-tseii, qui délient les Chinois au centre de leur propre empire. Ils ont suscité beaucoup d’embarras au gouvernement en 1 83a , et passent pour avoir été plutôt a apaisés que contrôl^K* suivant les expressions favorites des Chinois. ,
11 est assurément fort étrange qu’un peuple indépendant existe au cœur d’un pays aussi jaloux de sa suprématie que la Chine. Les principales résidences de ces montagnards sont entre les provinces de Koueî-lcheou et de Kouang-si, quoique quelques uns existent dans d’autres parties de la même chaîne de montagnes. Dans les cartes chinoises, leurs frontières sont dessinées comme celles d’un pays étranger ,, et l’espace est laîsÆ en blanc. L’Amiot a donné une relation de l’expédition entreprise ^ , Irfr
(1) La tiaJuclion qu'on afaitu do Duhalde porte, par Âiu
erreur qui Iravistil l'oiigiiial , que ce lac est très venimeux (rcnomous), au lieu do poisionneux qui se Irouvc dans le texte.
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conlre eut par l’empereur Kien-long; mais comme sa narration est tirée des journaux officiels envoyés au souverain , lesquels , en général « ne sont pas plus exacts ni plus véridiques que ne l’étaient les Bulletins de Napoléon, on ne {>eut y ajouter foi qu’avec quelque réserve. ,
Selon lui, le vice-roi d’une province voisine avait envoyé une aimée contre les Miao-tseu, qui l’attirèrent dans leurs montagnes et la taillèrent en pièces. Pour venger cette défaite , Kien-long dépêcha un chef , nomméA-Koueï, àla tête de ses meilleures troupes tartares, afin de les subju- ' guer. Ce chef passe pour avoirpénéiré dansleur pays, pour avoir fait leur roi prisonnier , en dépit des obstacles les plus grands, et, finalement, pour avoir exterminé presque toute leur race; mais cela ne les'empèche pas d’être encore aujourd’hui aussi indépendants que jamais. Les Chinois se contentent de les retenir dans leurs limites , au moyen de petites forteresses qu’ils ont élevées autour des frontières.
La chaîne de montagnes habitée jiar ces hommes intrépides occupe six degrés entiers^ ou environ 36o milles géographiques de l’ouest à l’est , et atteint les frontières méridionales du Kouei-tcheou , celles septentrionales du Kouang - si , et les limites nord - ouest de la province de Canton inclusivement. Mais les Chinois ont réussi à les affaiblir,, en semant la division parmi leurs différentes tribus.
Les Miao-tseu ne se rasent pas les cheveux, comme les Tartares et les Chinois; mais ils les portent attachés à l’ancienne manière de ces derniers. Les Chinois, par un mépris affecté, leur donnent les noms de Yao-jin et de Lang-y in,hommesrchiens et homrnes-loups. On dit qu’ils habitent des maisons bâties sur pilotis et à un seul étage ; ils en occupent la partie élevée et placent leurs animaux domestiques dessous. Les Chinois, sans pénétrer dans
LA CUINE. loi
leurs montagnes, achètent à l’amiable le bois de leurs forêts : ce bois , jeté dans les rivières qui entrecoupent le pays inontueux, arrive flotté dans les plaines. Leur toile est faite avec une espèce de chanvre, qui entre probablement dans la fabrication de ce qu’on appelle à Canton le drap d’herbe ; ils manufacturent ainsi des tapis pour leur propre usage. Aussitôt que les enfants sont en état de marcher, les Chinois disent qu’on leur roussit le dessous des piedsavec un fer chaud, pour qu’ils puissent courir sans douleur sur les épines et les cailloux aigus ; mais cette particularité mérite tout autant confîi'mation que la. grave assertion accréditée à Canton , que les habitants ont des queues : c’est un renseignement dont
lord Monbuddo aurait certainement fait son profit dans ses dissertations sur le degré d’allongement possible de la colonne vertébrale chez les individus de race humaine.
Au mois de février 1 83a , une grande levée de boucliers eut lieu panni les Miao-tseu, et s’étendit jusqu’aux environs de Lien-tcheou, au nord-ouest de Canton. Le chef prit le nom de « Dragon d’or » et se revêtit d’un habillement jaune.
Cette circonstance blessa et alarma tout à la fois la cour de Péking, qui craignit qu’un des membres de la «Société de la Trinité » dont le but est le renversement de la dynastie lartare , ne se fût glissé parmi eux. En attendant, ils se répandirent dans les plaines et battirent plusieurs corps de troupes Chinoises, dont ils firent un grand massacre. Au nombre des morts était le commandant en chef d’une province voisine. Les montagnards s’emparèrent ensuite de quelques villes et annoncèrent à la population chinoise qu’ils ne faisaient la guerre (ju’au gouvernement. Sur un millier d’hommes envoyés lie Canton pour recruter les forces de l’empereur, deux cents furent renvoyéScomnie complètement inutiles, par suite des funestes ellels de l’opium.