‹ La Chine ou Description GeneraleChapitre 58 sur 125 · IÔ · texte numérisé non relu

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cains, après aVoir été découverte dans leurs Etats septentrionaux , sous un climat semblable à celui de la Tartarie orientale. Les missionnaires qui ont dressé la carte de' la Chine ont eu de la peine à expliquer l’extrême diversité du chaud et du froid qui existe dans ces régions.

< Il est étonnant que des pays situés près du 4 o’ degré de latitude, diffèrent des nôtres (en Europe) sous le rapport des saisons et des produits naturels , au point de ne pouvoir être mis en comparaison même avec nos provinces les plus septentrionales. Le froid commence beaucoup plus tôt dans ceslieux qu’à Paris, quoique lalatitude de cette ville soit presque de 5 o degrés. »

Un petit navire anglais qui remonta le golfe de Pé-tchili , dans 1,’hiver de iSSa , y fut presque pris par los glaces, et cependant, durant le mois d’août 1816 , nous remarquâmes que les pêcheurs sur la côte marchaient complètement nus, en raison de l’excessive chaleur; leur peau était devenue presque noire , à force d’être brûlée par le soleil. Rien'ne prouve plus fortement que les climats ne sont pas uniquement influencés par la latitude des lieux, La troisième province de la Tartarie chinoise , dont les habitants sont les Tagours, et qui touche au territoire russe , est celle dé Ui-long-kiang , ou << le fleuve du Dragon noir,» autrement appelée le Saghalien ou fleuve 'Amour.

Les Tartares mongols occidentaux s’étendent, comme une race distincte, depuis la grande muraille jusque sur les bords de la mer Caspienne. On les reconnaît à leurs habitudes nomades ; ils demeurent dans des tentes, font ■ paître leurs troupeaux de pâturage en pâturage , et portent l’arc pour la chasse ou pour la guerre. Parmi ceux qui dépendent de la Chine , quoique gouvernés par leurs princes , ou Kiians , les plus nombreux sont les Kalka» qui- habitent au nord du Thamo , désert sablonneux , appelé Cobi. Ils professent le bouddhisme ; les prêtres

ciTiints (le cette religion sont nommés Chamans, mot qui s’écrit en chinois cA<z-men.

Les ürtous sont confinés entre un circuit du fleure jaune et la grande muraille qui , dans cet endroit , n’est qu’un boulevard de terre d’environ quinze pieds de h&ut. Le principal siège de l’autorité chinoise, dans la 'rartarie mongole , est à I-li , lieu où les crinjinels de la' Chine (et quelquefois les marchands hong de Canton) sont parfois exilés. Ils font ordinairement un service militaire, et, dans certains cas, deviennent esclaves des Tartares. 11 est probable que l’argent peut adoucir leurs traitements , car un ex-interprète de Canton qui y avait été banni pour avoir porté des présents du chef de la Factorerie anglaise à un ministre d’État, à Péking, revint, après un exil de quinze années , en très bonne santé et fort peu mécontent de sa résidence.

Gerbillon, dans la relation de son expédition, en 1688, donne une misérable histoire des Tartares mongols el kalkas , complétenlcnt dévoués à leurs lamas , que l’empereur lui-même honore à cause de l’influence qu’ils exercent sur les diverses tribus. Les Mongols vivent sous des tentes de feu Ire , ne mangent que de la viande à moitié crue et changent leurs moutons et leur menu bétail contre les objets les plus nécessaires à la vie, car ils n’ont point de monnaie. Timkovvski dit que l’objet ordinaire d’échange est le thé, arrangé en pains qui ont la forme d’une brique. Sous le règne do Kang-hi, le chef des Tartares kalkas s’intitulait encore Empereur , mais après être devenu tributaire de la Chine , en retour de la protection que ce pays lui avait accordée contre les Eleuts, il voulut bien se contenter du titre de ff'ang, ou Roi. Cependant, à l’époque on Gerbillon visita la Tartarie, le frère du Khan des Kalkas dit aux envoy és de Kang-hi , qu’il désirait être traité comme le fils d’un empereur , et on le traita suivant son désir.

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