I.A CHINE
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lance qu’on ne saurait appeler de l’hospitalité. Le roi de Lou-tchou tient son investiture de l’empereur de la Chine, auquel il envoie, environ une fois tous les deux ans, une ambassade avec un tribut.
Il parait que ces lies ont eu peu de relations avec la Chine, antérieurement aux Vouen, c’est-à-dire à la dynastie Mongole, et l’on peut supposer que l’expédition malheureuse envoyée par Khoubilaï Khan contre le Japon aura eu quelque communication avec elles; que de cette manière se sont établis les rapports qui ont subsisté depuis cette époque jusqu’à ce jour.
Selon la description chinoise de Lou-lchou, imprimée à Péking avec des types mobiles, l’île était autrefois divisée en trois nations ou tribus qui , plus tard , se sont fondues en une seule. Il est dit que les habitants ont une écriture qui leur est particulière (elle est identique avec celle du Japon), et qu’ils ont employée pour tracer l’histoire ancienne du pays : ils font usage aussi des caractères chinois.
Le peuple de Lou-tchou était loin d’être dépourvu d’armes, car le môme ouvrage nous apprend que le royaume fut fondé par la force militaire , et que dans le temple qui fut élevé au vainqueur, il existe encore actuellement une flèche placée devant la tablette sur laquelle son nom est inscrit, conformément à ses dernières volontés, afin de montrer que son royaume avait été établi par les armes. Les habitants possèdent une monnaie qui leur est particulière aussi , mais elle n’est pas fort abondante , attendu que le métal est rare dansl’ile. C’est sans doute pour cette raison que les premiers voyageurs anglais ne l’ont pas vue. Les Chinois disent qu’ils font quelquefois usage des monnaies chinoises et japonaises, qui, toutes deux, se sont introduites dans le commerce. Lou-tchou est situé à une égale distance de la Chine et du Japon , et paie un tribut à chacun de ces pays,
LA CHINL.
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Selon la même autorité , Lou-tchou a un souverain qui n’est roi que de nom , car le pouvoir réel est exercé par un ministre absolu. Les insulaires ont emprunté des Chinois la gradation des neuf rangs, et rédigé un système de lois sur le modèle du code pénal de leurs voisins. Ils ont encore emprunté de la Chine la meilleure institution qu’elle possède , une éducation nationale avec des écoles communales et des examens publics. Ils vénèrent la mémoire de Confucius , et étudient ses ouvrages avec les notes de son grand commentateur Tcbou-fou-tseu. Leur religion est celle de Fo ou Bouddha; ils adorent toutes les idoles de ce culte. Les Chinois , en parlant de leur nourriture , disent que les habitants des lies Loutchou font une espèce de pemmican, composé de viande et de légumes pilés et mêlés ensemble, qui est séché au vent et se conserve long-temps. Leur aversion pour les étrangers provient sans doute de leur crainte d’offenser les Chinois dont ils dépendent. C’est cette même considération qui fait agir les Coréens.
Les relations de la Chine avec le Japon, depuis les premiers temps, semblent n’avoir consisté qu’en un échange de vexations. Les Japonais étaient trop indépendants et trop fiers pour rendre l’hommage qui leur était demandé. Les conquérants Mongols de la Chine , poussés par un esprit de domination universelle, firent diverses tentatives, d’abord pour engager les Japonais à leur envoyer un tribut, etpius tard, pour les subjuguer; mais tous leurs efforts demeurèrent sans succès. Les ambassades paraissent avoir été envoyées principalement parles Chinois; les Japonais les recevaient quelquefois, et d’autres fois refusaient de communiquer avec elles. Bref, non seulement ces derniers persévérèrent dans leur refus, mais ils réclamèrent eux-mêmes l’hommage qui leur était demandé. A la fin, les Chinois firent partir de la Corée un armement de i5,ooo hommes, qui revin-
LA CUIAE.
rent après avoir pillé les côtes seulement Six années après on députa un ambassadeur qui fut assassiné avec toute sa suite par les Japonais. Cet événement donna lieu à un second armement, fort de 100,000 combattants, envoyés de Chine par Khoubilaï-Khan, qui se proposait de faire la conquête du pays. Lorsque la flotte atteignit la côte septentrionale, une violente tempête
détruisit la plus grande partie des bâtiments qui la composaient. Les Japonais attaquèrent les troupes débarquées, les battirent dans plusieurs engagements, firent une multitude de prisonniers, tuèrent tous ceux qui firent résistance. Enfin il n’y eut, dit-on, que trois
hommes qui retournèrent en Chine. Ces particularités s’accordent assez bien avec le récit de Marco Polo.
La dynastie chinoise des Ming qui succéda aux Mongols, après les avoir chassés, eut beaucoup à souffrir des descentes que les Japonais effectuèrent sur les côtes, comme autant de représailles des hostilités auxquelles ils avaient été en butte de la part de la famille de KhoubilaiKhan. Des ambassadeurs furent députés aux Japonais pour leur faire des représentations, les inviter à nouer des relations d’amitié , et peut-être même aussi à rendre hommage. Ces ambassadeurs eurent la permission d’aborder, parce qu’ils n’étaient point envoyés par les Mongols détestés; mais il ne parait pas que leurs efforts, relativement à l’obtention d’un tribut , aient été couronnés de succès, bien que quelques uns d’entre eux fussent des prêtres de Bouddha, pour lesquels les Japonais ont beaucoup de vénération.
Les pirateries sur les côtes orientales de la Chine se renouvelèrent souvent; toutefois elles ne portèrent jamais le céleste empire à récidiver ses tentatives de conquête. Quelques relations commerciales existent actuellement entre les deux pays; elles sont entretenues principalement par les jonques qui partent de Nin-gpo et d’Émouy, Les Chinois mettent, avec raison, la véritable porcelaine du , Japon au-dessus de leurs produits de laques ; aussi paralt-elle être, avec le cuivre , le principal article d’importation.