CHAPITRE Vi
pnâcis 0£ l’histoire de la chine.
Hiatoirc luythologiqae des Chiuuis. — Les trois empereurs. — Les cinq souverains. — Dynastie des Hia et des Chang. — Des Tcheou.
— Confucius. — Dynastie des Tsin. — Premier monarque universel. — Érection de la grande muraille. — Dynastie des Han. — Les trois royaumes. — Puissance des eunuques. — Invention de l'imprimerie. — Dynastie des Song. — Tarlares Mongols. — Khou* bilaï-klian. — Âb&lardissement de scs successeurs, qui sont expulsés par 1rs Chinois. — Dynastie des Ming. — Arrivée des prêtres catholiques. — I..es Tartares Mandchous envahissent la Chine. — Combats sur mer. — Kang-hi. — Kicn-long, — Première ambassade anglaise. — Testament de Kia-Ling. — L’empereur régnant.
— Fin des missions catholiques.
Lne histoire fort détaillée de l’empire chinois ne conviendrait pas , sans doute , à la nature de cet ouvrage , en même temps qu’elle ne répondrait point à son but; mais une esquisse rapidement tracée des révolutions que l’empire a subies , surtout lors de la dernière conquête par les Tartares, semble nécessaire pour l'intelligence de certaines coutumes qui se sont établies, et même de divers changements qui ont eu lieu chez un peuple devenu célèbre par son attachement invariable à ses anciens usages et à ses institutions.
Sans vouloir contester à la Chine un très haut degré
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d’antiquité, on admet sans peine aujourd’hui, d’après le témoignage des historiens nationaux les plus recommandables, que ce point a été singulièrement exagéré. En parlant des plus anciennes traditions de leur histoire, un illustre commentateur, Tchou-fou-tseu , remarque «qu’il est impossible d’ajouter une foi explicite aux récits qui se rattachent à ces siècles reculés. » La Chine , eUectivement, a une mythologie qui lui est commune avec toutes les autres nations , et dans laquelle il faut classer les personnages appelés Fou-hi, Chin-npng, lloang-ti, et leurs successeurs immédiats qui, comme les demi-dieux et les héros de la fable , ont été investis d’attributs surnaturels pour avoir , par leurs talents ou leur courage, retiré les hommes de la barbarie primitive. On raconte des prodiges extraordinaires de ces personnages , et on leur attribue des qualités vraiment ridicules , selon la recette de Swift pour faire un héros ; «Si ses vertus ne sont point réductibles jusqu’au point d’acquérir une certaine consistance , il faut alors les amonceler sur lui. »
«La vanité nationale et l'amour du merveilleux ont agi de cette manière, dans les temps anciens, sur les peuples de tous les pays, et leur ont fourni d’excellents matériaux pour des contes de nourrice, à l’époque où l’esprit d’investigation et d’examen a remplacé ce goût instinctif pour les prodiges qui marque l’enfance des nations aussi bien que celle des individus (i). »
La partie fabuleuse de l’histoire de la Chine commence avec Pouan-kou , qui est représenté couvert de feuilles , et sur lequel on n’a que des notions très confuses. On dit qu’il a été suivi d’une foule d’hommes portant des noms de fantaisie, et qui (suivant la chronologie hindoue).
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régnèrent plusieurs milliers d’années avant Fou-hi. On doit à ce dernier quelques instruments de musique , des observations astronomiques, etc. On conjecture aussi qu’il apprit à ses sujets les maximes des nations civilisées. 11 habitait la province de Ghen-si, nommée anciennement pays de Tsin ou Tchin, d’où est dérivé le mot ChÎTie, par lequel l’empire a été, pendant des siècles, désigné dans l’Inde. Fou-hi (que l’on confond souvent à tort avec Fo ou Bouddha) , et ses deux successeurs , sont appelés « les trois empereurs » , et passent pour avoir introduit les arts industriels chez ces hordes ignorantes. L’un de ces trois empereurs, Ghin-nong, ou « le divin agriculteur , » enseigna les divers procédés de la culture des grains. Hoang-ti divisa tout le territoire en neuf carrés égaux : celui du milieu devait être cultivé en commun au profit de l’État. On lui attribue aussi le mode de supputation par cycles de soixante ans , mode sur lequel est fondé le système chronologique des Ghinois. On a calculé la série des cycles jusqu’au temps où il est réputé avoir vécu (environ 2,600 ans avant Jésus- Ghrist) ; mais il est évident que l’on aurait pu la faire remonter plus loin encore, sans le moindre obstacle. Ge calcul n’est donc point une preuve authentique d’antiquité.
Aux « trois empereurs » succédèrent les « cinq souverains, » désignations qui semblent également arbitraires et données à plaisir , car , en réalité , elles ne sont que des distinctions sans valeur. On pourrait démontrer par une foule de citations le caractère fictif de cette période reculée. Duhalde qui , pour le dire en passant , entasse tout dans sa compilation, sansy joindre le moindre commentaire et sans en élaguer les inutiles panégyriques tirés des ouvrages chinois, remarque que l’un de ces cinq souverains régla le calendrier, «et voulut commencer l’année le premier jour du mois où le soleil se-
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rait le plus près du i 5 ' degré d’Aquarius (le Verseau) ; c’est pour cela qu’il fut nommé l’auteur èt le père des Epbéméridcs. 11 choisit le temps où le soleil passe par le milieu de ce signe , parce que c’est la saison où la terre est ornée de plantes, où les arbres se couvrent de feuilles, et où la nature tout entière semble revivre, • Cette description doit nécessairement s’appliquer au printemps. On dit encore que « le père des Ephémérides» vivait plus de 2,000 ans avant Jésus-Christ; mais, d’après la manière ordinaire de calculer les équinoxes, le soleil doit avoir passé, de son temps, par le i 5 ' degré du Verseau vers le milieu de décembre. De la part d’un historien chinois, cette étrange bévue n’a rien de surprenant; mais elle aurait dû être relevée dans l’ouvrage d’un Européen. On voit par cet exemple de quelle va-> leur sont les anciennes traditions du céleste empire.
Yao et Cliun, les deux derniers des cinq souverains, furent les modèles de tous les empereurs chinois. On attribue à Yao l’intercalation d’un mois lunaire additionnel dans le calcul des années. Le nombre des jours de sept lunaisons étant presque égal à 1 9 multiplié par 1 1 , ce dernier chiffre indique la quantité de jours par laquelle l’année lunaire est inférieure à l’année solaire. On dit que Yao déshérita son fils , et choisit pour lui succéder Chuii, à cause de scs vertus. Le choix de l’empereur régnant est la règle de succession actuellement observée, et il est rare, même aujourd’hui, que le fils aîné succède de préférence aux autres*
C’est au règne de Chun que les Chinois font remonter leur tradition d’un grand déluge, que quelques pei’sonnes ont cru identique avec celui raconté par Moïse* Pour reconnaître le mérite de Yu, qui sut, en y employant huit années, faire écouler les eaux de cette vaste inondation , Chun le choisit pour son successeur.
Avec Yu commence la dynastie des Hia ( environ
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Sjloo ans avant Jésus-Christ, On représente ce monarque comme ayant neuf coudées de hauteur, et la tradition rapporte que, « pendant trois jours, une pluie d’or tomba des cieux , » circonstance qui ( ainsi que le remarque le docteur Morrison) , diminue singulièrement la foi que l’on aurait pu ajouter à l’histoire de celte dynastie. En effet , tout le long intervalle de temps compris sous les dénominations de U ta et de Chan^ n’est rempli que de prodiges. Cependant le barbare et capricieux Tcheou - Wang, le dernier de la- dynastie des Chang (environ 1,100 ans avant Jésus-Christ), ne diffère pas beaucoup des tyrans dont l’histoire a conservé le triste souvenir. Les livres chinois parlent souvent de Tcheouwang et de sa femme : on rapporte une multitude de détails sur leurs crimes. En des parents de l’empereur défunt ayant osé lui faire des remontrances, le cruel monarque ordonna qu’on lui apportût son cœur, pour qu’il examinât, dit-il, en quoi le cœur d’un sage différait de celui des autres hommes. (Chez les Chinois le cœur est le siège de la pensée, )
A la fin, Wou-wang, littéralement « le roi martial » , fut élu à la place du tyran contre lequel tout le peuple se souleva. Tcheou-wang, lorsqu’il vit qu’il ne lui restait plus d’espoir, se vêtit de ses habits les plus magnifiques, se relira dans son palais et y mit le feu : comme un /• autre Sardanapale , il mourut consumé par les flammes. Quand le vainqueur entra , la première personne qu’il aperçut fut la criminelle épouse de Tcheou-wang ; il la' mit à mort de sa propre main , et devint le premier souverain de la dynastie des Tcheou. Ces événements sont relatés dans le Ssé-ki de Sséma-tsien.
Les Chinois ne possèdent pas actuellement de plus anciennes chroniques que les compilations de Confucius , qui était presque contemporain d’Hérodote , le père de
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l’histoire grecque , et auquel Pope a accordé une place très élevée dans son temple de la Renommée.
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Les cinq King et les quatre livres classiques qui furent légués par ce philosophe ou par ses disciples , contiennent ce que l’on sait aujourd’hui des vieilles traditions du pays. La période authentique , celle réellement historique , parait dater de la dynastie des Tcheou , du temps de laquelle Confucius lui-même vivait ; et si c’est aller trop loin que de rejeter tout ce qui précède comme fabuleux, on ne saurait en vérité donner le nom d’Atstotre à la relation des dynasties antérieures, relation presque toujours entremêlée d’événemens surnaturels. Dans son ouvrage appelé Tchun-tsieou (le printemps et l’automne ) , Confucius publie les annales de son propre siècle et raconte les guerres des petits États. La partie méridionale de l’empire , tel qu’il est actuellement ( au sud du Yang-tsé-kiang), était alors plongée dans un état de complète barbarie , et la partie septentrionale , s’étendant depuis le Yang-tsé-kiang jusqu’aux frontières de Tartane, était divisée en une foule de petits États indépendants, sortis d’une même origine, mais sans cesse en guerre les uns avec les autres.
La dynastie des Tcheou , comprenant plus de huit siècles et allant jusqu’à l’année 340 avant Jésus-Christ, fut marquée en Chine non seulement par la naissance de Confucius, mais aussi par l’apparition de Lao-kiun, et, dans l’Inde, par celle de Fo ou Bouddha. Ces derniers sont les fondateurs de deux sectes qui , subordonnées à celle de Confucius, ont plutôt influencé que divisé la population chinoise : les doctrines de Confucius ont
été révérées jusqu’à ce jour, presque sans aucune interruption, et elles ont même conservé leur suprématie sur le culte national de la dynastie tartare , tandis que les superstitions absurdes des deux autres ont été tour à tour embrassées et rejetées par les divers souverains du pays. Les mômeries des Bouddhistes équivalent à ce que le catholicisme romain a de plus défectueux , et les disciples de Lao-kiu pratiquent des superstitions très variées ; chaque secte enfin est la corruption d’un principe qui fut meilleur dans son origine. Nous aurons occasion de revenir sur ce sujet, lorsque nous parlerons des religions.
Confucius fut respecté des souverains de presque tous les Etats indépendants de la Cliine , et employé comme ministreparl’und’eux. Aprèssamort , qui parait être arrivée 477 ans avant Jésus-Christ (il étaitalors âgé de 73 ans) , une multitude de contestations et de conflagrations s’élevèrent parmi les petits royaumes, et donnèrent à cette période de l’histoire le nom de Tchen-koue, ou «les royaumes en guerre. » Le roi de Tsin, depuis long-temps, avait augmenté sa force aux dépens de celle de ses voisins; il combattit contre six autres royaumes, et le» força à reconnaître sa suprématie. Son territoire commença dès lors à prendre l’aspect d’un empire ; il formait la moitié de la Cliine moderne , et était situé au nord du grand Kiang; mais il était destiné à être démembré plus tard.
Le premier empereur (titre indiqué par les mots Chihoang-ti) étant inquiété par les incursions des Tartares Mandchous sur la frontière septentrionale , se rendit à jamais célèbre en construisant l’immense muraille qui subsiste depuis 3,000 ans, et qui se prolonge sur un espace de i, 5 oo milles, à partir du golfe de Péking jusqu’à la Tartarie occidentale. On a calculé que les matétériaux employés à la construction de ce monument
vraiment prodigieux pourraient ccindie le globe dans sa plus grande largeur, et former encore un mur de plusieurs pieds d’élévation.
Un autre acte du même empereur lui acquit un genre de célébrité bien différent; il ordonna que l’on livrât aux flammes tous les ouvrages des savants , y compris ceux de Confucius. Beaucoup de livres échappèrent à l’exécution de celte sentence , grâce au zèle de ceux qui cultivaient les lettres; mais on dit que 4oo personnes environ , qui avaient voulu éluder l’ordre ou y résister , furent brûlées avec les livres qu’elles désiraient sauver. 11 n’est pas facile d’expliquer un acte aussi barbare. Cependant on lui a assigné pour cause la jalousie qu’avait inspirée à Chi-lioang-ü la renommée de ses prédécesseurs, et le désir qu’il aurait eu que la postérité n’apprit rien sur le compte des souverains qui avaient régné avant lui.
Vers l’année 201 avant Jésus-Christ, la famiUe des Han monta sur le trône. Avec cette dynastie commence l’une des époques les plus célèbres de l’histoire de la Chine ; ce fut alors que les Tartares par leurs déprédations devinrent un objet d’inquiétude pour les paisibles Chinois. C’étaient ces mêmes IJing~koue (nations errantes) auxquels le premier empereur avait vainement opposé la Grande Muraille , et qui paraissent constamment, sous le nom de Hiong-nou (Huns), dans les histoires ou les fictions de celte époque. Les premiers empereurs de la dynastie desHan essayèrent de se concilier leur amitié, en leur donnant leurs filles en mariage; « c’était , dit un historien du temps , le dernier degré de l’opprobre : depuis ce moment, la Cliine fut déshonorée. » Sous le règne de Youen-ti, le neuvième empereur, les Tartares se trouvant provoqués par le châtiment infligé à deux de leurs chefs qui avaient , en chassant , violé les limites de la Grande Muraille, envahirent de nouveau le
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territoire chinois, et demandèrent une princesse en mariage : elle leur fut accordée. Cet événement forme le sujet d’une des cent pièces desYouen : la traduction anglaise qui en a été faite, fut imprimée en 1 829 par le comité de traduction orientale , sous ce titre : « Les chagrins de Han. » Le système impolitique de repousser les Barbares par des présents décida , quelques siècles plus tard , de la chute de l’empire.
Le dix-septième empereur de la dynastie des Han, nommé Ho-ti , passe pour avoir entretenu de nombreux rapports avec l’Occident; on dit même que l’un de ses envoyés visita leTa-tsin (l’Arabie). Les règnes des deux derniers empereurs des Han furent troublés par les machinations des eunuques -et par des guerres contre les rebelles appelés Hoang-kin ou Bonnets Jaunes. A cette époque le souverain ne possédait plus qu’une portion d’autorité si exiguë, qu’on le désignait très souvent par le simple terme de Tchou ou seigneur.
La période des San-koue ou des « trois royaumes » qui formaient l’empire, vers la fin de la dynastie des Han, (l’an de N. -S. J.-C. 184) est le thème favori des drames historiques et des romans chinois. L’n ouvrage qui porte ce titre est très estimé et très populaire en Chine ; il en existe une traduction latine manuscrite à la bibliothèque de la Société royale asiatique. Des extraits de cette traduction, qui a été faite par un missionnaire catholique , seraient sans doute intéressants, car l’ouvrage entier est trop considérable pour être imprimé en anglais. Autant qu’on peut l’exiger d’une composition orientale , ce roman, dont l’histoire fait la base , ne contient qu’un très petit nombre de récits fabuleux ou extravagants ; et bien qu’il soit écrit en prose , il ressemble assez à l’Iliade dans ([uelques uns de ses traits distinctifs. Ses héros surpassent tous les nôtres en force et en vaillance, et font des échan-
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ges, poilr montrer leur libéralité, à l’instar de Glaucus et de Diomède, d’Hector et d’Âjax.
Dans ce temps, les provinces chinoises se trouvaient partagées d’une manière qui rappelle les fiefs de l’Occident; les vassaux devaient recevoir de l’empereur l’investiture; mais ce grand pas dans la civilisation, la découverte de l’imprimerie (qui eut lieu en Chine vers le dixième siècle de notre ère) n’avait point encore été fait, et la fabrication du papier s’introduisait à peine.
Le chef des Wëi , l’un des trois royaumes, ayant à la fin obtenu la souveraineté , établit la capitale dans son propre pays, leHo-nan,et commença la dynastie appelée Tsin, l’an de N. -S. J.-C. 260. Frappé des troubles qu’avait fait naître l’intervention des eunuques et des femmes dans les affaires publiques , il promulgua une espèce de loi salique qui portait que les femmes ne régneraient point et ne se mêleraient jamais du gouvernement. C’est , ajoute l’historien, une loi excellente et qui mérite de servir de modèle. Elle fut cependant bientôt abrogée en pratique. On a conclu, avec assez de probabilité , que le nom de ClitTfc, Sine ou T sine était tiré de celui de la dynastie des Tsin. Le premier empereur ou fondateur passe pour avoir eu des relations politiques avec Fergana , province de Sogdiane, et pour avoir reçu une ambassade romaine.
Al’extinction de cette race de souverains, l’an de N. -S. J.-C. 4ifi> la Chine fut divisée en deux royaumes j^rincipaux : Nanking était la capitale du royaume du Midi, et Ho-nan celle du royaume du Nord. Pendant deux cents ans, cinq dynasties (Ou-tat) se suivirent rapidement; la règle bienfaisante de la succession héréditaire étant violée constamment par le plus fort , l’histoire de cette période n’est qu’une relation de révoltes et de crimes. A la fin, en l’année 585, les royaumes du Nord et du
Midi furent réunis pour la première fois en un empire dont la capitale fut établie à Ho-nan. Le dernier empereur des cinq dynasties fut, bientôt après , déposé par lA-youen, qui fonda, en l’an de N. -S. J. -G. 622, la dynastie des Tang.
Tai-tsong , le second empereur de cette dynastie , fut l’un des monarques les plus renommés de la Chine. Ses maximes se trouvent citées constamment dans les livres , etsa modération, son amour de la justice, sont considérés comme des modèles à suivre. On peut supposer que certains chrétiens de l’église Nestorienne pénétrèrent en Chine sous son règne, c’est-à-dire en l’année 640 de notre ère. Il est dit que ces étrangers avaient de beaux cheveux et des yeux bleus. Selon les jésuites , cités par Duhalde , on découvrit en 1625 , à Si-ngan-fou , dans la province de Chen-si , un monument de pierre sur lequel étaient gravés une croix, un abrégé de la loi chrétienne, et les noms de soixante-douze prédicateurs en caractères syriaques, avec la date ci-dessus mentionnée. On a insinué que cette prétendue découverte pourrait bien être une pieuse fraude des saints pères ; mais comme on ne saurait assigner aucun motif raisonnable à une pareille supercherie , les probabilités sont en faveur de ce qu’ils ont avancé.
L’une des particularités les plus remarquables de l’his- ' toire des Tang , est le pouvoir vraiment extraordinaire que prirent les eunuques du palais. Le troisième empereur était tellement gouverné par une de ses femmes, qu’en mourant il la laissa investie de la souveraineté , contrairement à la disposition établie précédemment. La reine , après avoir occupé le trône pendant vingt ans , le légua à son fils. Cette période, remplie d’agitations, est encore citée par les Chinois comme un autre exemple des maux qui résultent pour l’État de l’intervention des femmes dans le gouvernement. En effet, les eunuques re- ,