I.A CHINE
devinrent encore plus puissants, et eurent long-temps le choix des empereurs et le contrôle de leurs actions ; l’accès qu’ils avaient dans toutes les parties du palais et auprès des individus des deux sexes, était naturellement propre à faciliter leurs projets, et des projets de destruction et de désordre devaient être ceux que pouvaient former des individus séparés de la société, des liens de la famille, et qui étaient tous disposés à considérer le reste des humains comme leurs ennemis naturels.
Le dernier empereur de la dynastie mit fin au pouvoir des eunuques 5 il les extermina avec l’aide d’un chef dont il réclama l’assistance. Ce chef s’acquitta de sa tâche à merveille, mais il tua l’empereur et son héritier; puis, après une série d’horrihles cruautés, il mit fin à la dynastie des Tang l’an 897,
Le pays tout entier fut donc encore une fois plongé dans un état de guerre civile et de désordre , et de nouveau livré, comme arène, aux prétendants qui se disputaient la souveraineté. Cette époque , qui dura environ 53 ans, est appelée dans les chroniques chinoises les Heou-ou-tai, ou « les cinq dernières successions. » La population tartare de la contrée , nommée actuellement Liao-tong, à l’extrémité orientale de la Grande Muraille, se trouvant encouragée par les troubles qui agitaient la Chine, fit plusieurs incursions sur le territoire de l’empire.
Ces événements, qui devaient bientôt faire place à un despotisme oriental, dans toute la force du mot, sont empreints, dans les annales de la Chine, d’un caractère vraiment féodal. On voit par le livre de Meng-tseu ou Mencius ( ainsi que son nom a été latinisé par les jésuites), que le gouvernement primitif de la Chine se rapprochait jusqu’à un certain point de celui qui était établi chez nous au moyen âge. « Le souverain, le Kong, le Heou, le Pé et le Nan constituaient cinq rangs.
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Le souverain avait le gbuvernei^oC inttnédiat de i oo lis ; ' le Kong et le Hèou celuiide ino* lis chacun; le Pé celui de 70, et le N an celui de 5o lis. » { IJ ta-iiieng , c\i. X.) On trouve dans le récit des donations de;lerres,qu’iû faisaient à certains officiers de l’État , une ressem^nçe*^ singulière avec les fiefs occidentaux oh les béhéftces.. Quelle qu’ait’ été^autrefois la redevance , l’empereur est maintenant regardé, ainsi que céla a lieu dans la plupa^ des pays orion^ux, comme le propriétaire de toutes les terres , et perçoit sur ses fermiers une taxe d’environ dix pour cent, ■ I , - '
Ap^s plusieurs guerres civiles , Taûtsou , le premier 'empereqr de la dynastie des Song, fut élevé au trône par les chefs militaires-, à cause de la minorité. de l'héritier présomptif qui n’avait que sept ans (A. D., g5o). Les Tartares , ne se souciant point d’être gouvernés par un enfant.qui ne pouvait être à même d’apprécier leurs services, choisirent un serviteur du, défunt monarque, ét lui députèrent des messages. L’histoire rapporte que ces' envoyés le trouvèrent à peu près ivre ; « mais ayant qu’il eût le temps de répondre ,' on l’avait déj<^ revêtu delà robe jaune. » Substituez le substantif pourpre à l’adjectif jaune , et vous croirez lire la traduction de quelque passage de Tacite ou de Suétone. ' ' / ‘ ,
L’art typographique, ayant été créé antérieurement à cette dynastie, et environ 5oo ans, avant qu’il -nous fût connu, la multiplicité des livres fut la cause pcincip^lè du caràctère'^éminemment littéraire.’du règçe des Song. On peut attribuer à la même cause l’accroissement du. nombre des chroniques de cette époqite, à lamelle com- ' mcnce la partie vraiment intéressante ■ de l’histoire chi- , noise. Ce fut alors que les .Tartares prirent une pert plus active aux affaires de l’empire : les princes de la famille des Song fuient sans doute éclairés et civilisés,^ mais ils n’étaient point belliqueux , et le récit de leurs?
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actions n’est qu’une suite tle concessions et de compromis honteux avec les Tartarcs orientaux, appelés Kin (d’où sont sortis les Mandchous qui régnpnt maintenant sur la Chine), jusqu’au moment où les Mongols ou Tarlares occidentaux prirent possession de l’empire sous Khoubilai Khan.
Durantle règne de Chin-lsong, troisième empereur de la dynastie, les Tartares orientaux ayant assiégé une. ville près de Péking , furent obligés de battre en retraite , et néanmoins obtinrent des conditions très avantageuses . plus un don annuel d’argent et de soie: Les dispositions pacifiques de Jin-tsong, le quatrième einpereur, encouragèrent les Barbares qui lui firent signer un iraité honteux. Comme ils réclamaient dix districts méridionaux , Jin-tsong leur paya , en dédommagement , uno rente annuelle de 200,000 taëls. Pour mettre le sceau à ^son déshonneur, l’empereur s’appela tributaire, en se servanCdu terme Na-Kong.
Cbin-tsong, le sixième empereur, passe pour avoir bùté la chute -de sa dynastie en écoutant les conseils insensés d’un ijjinistre qui voulait que l’empereur se conformât aux antiques maximes de Yao et de Chun, personnages qui apparliennentbien plus à lamy thologie qu’à l’histoire de r<!mpixe. A la fin , Wei-tsong, le huitième souverain, se fit l’esclave des eunuques , et ne tarda pas à éprouver les conséquences de sa faiblesse et de son imbécillité. Les§ Tartares orientaux fondirent sur la Chine , s’emparèrent des provinces du Nord, et menacèrent le pafs tout entier.
Ils devaient toutefois être repoussés, non par les Chinois, mais par lés Mongols qui les battirent. Ces peuples ha-hitaient les piys qui s’étendent depuis los provinces nord-ouest de la Chine, jusqu’au Thibet et jusqu’à Samarcande. Ils avaient déjà conquis l’Inde, lorsque lea- Chinois énervés les appelèrent pour les protéger contre les A('n. ils se rendirent à leur inviLation , assujettirent