‹ La Chine ou Description GeneraleChapitre 72 sur 125 · L.t CHINE · texte numérisé non relu

L.t CHINE

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, (le l’Empire ; le vice-roi est également le père de la province sur laquelle il domine, et le mandarin celûi de la ville qu’il gouverne j enfin , le pjfe de cUaque jamille est le (dief responsable et absolu de sa propre maison» Comme l’ordre cfla paix sociale soiit cemsidérés conuné l’unique ebosS' essehtialle, on tàcl\e Jnc<f^sâinment d’arriver à ce but. Le système doit une partie de sôn elficacité à l’inculcation àtiiverselle et habituelle de l’obéi;»» sance Ct de la déférence , dans une filière non intbr» rompue, depuis^ un bout de la société jusqu’à l^alitre , commençant par les rapports des enfants avec leure 'parents, continuant par. ceux des jetmes gens envers les vieillards, de l’ignorant vis-à-vis de riiqmme instruit, et se terminant par ceux du peupje envers scs gouvernants.

La grande cichesse de l’Empire , l’industrie 'infatigable ,du peuple et sonânviolable attachemefit à son pays, sont autant de circonstances qui prouvent que si le gouver^ nement eSt jaloux^dc ses droits r il lic néglige point ses devoirs. Nous ne sommes pas un admirateur entbousiasté du système chinois ; mais nous voudrions expliquer, s’il est possible, les causes qui tendent à la production de biens inappréciables et dont personne ne sotige à contester l’existence. Dans la pratique, il seg^sc nécessairement un grand nombre d’abus ; mais au total , et si l’on considère" les résultats définitifs ', la machine fonctionne bien , et nous répétons qu’on en trouve d’éclatants témoignages chez la nation la plus gaiement industrieuse , la plus paisible et la plus opulente de l’Asie, Nous appuyons sur cette qutdilication de gaiement industrieuse, parce qu’elle est un des premiers traits caractéristiques qui frappent les étrangers arrivant en Chine , et qu’elle démontre incontestablement que chaque citoyen possède une bonne part des fruits He son travail.'

Ce serait ji%er les choses trop à la légère que de con-

XA CUlN^.

dure de ce qui se passe à' Canton , eaüe ce.ux qui le commerce et les marchands hong, que te

droii*de propriété hest^point respecté. Les marchai||(p> hon^ne sont , à vrai dire , que les ii^truments <fun gouve^fhntent circqnspcct qui , ne voulant pIRt entrer,^ ool^ lisioJ|9P^ les étrangers,* se sert d’edt'<;omifte>4l^ine éponge pour âS^rber les proBts dp monopole qu’i|j|liu' il octroyé, puis se fait rendre Ces profits en tes-ptWMitroAU. Les gouvernants chinois considèrent ce ■Qu’ils til'enf' 4^s Européens comme de bonne p^pée ; ils n’ont pour eux aucune sympathie , et ils s’eftercent incessamment d’inspirer letrs sentiments au peuplé, en les lui dépeignant sous^, le jour le plus méprisable et le ptes odieux. Au commencement de chaque saison ooruQiercialej i^aralt un édit qui accuse les Européens des plus iudigdwjhatîœuvres , et qui engage les indigènes à*n'avoir avec eux qu^ le moins de rapports posmbleV N<nie avons déjà vu que le système en vigueur est de gouverner ^es Européens « comme des animaqx , » et bon point Comme de|, sujets de l’Empire. C’est pour ceète raisCn qu’on leur refqge le bénéfice des lois existantes, qu’on les condamne à mort pour un homicide 'involontaire, et qu’on les exécute sans aiicua ordre de l’empereur. “i Pour en {csenlr aux mardtands hong, il y a ên effet des lois qui assimilent à la perfidie tonte transactiob av ec les étrangers, lorsqu’elle n’es4 pas autorisée par une licence expresse. On sent quel vaste cheimp cette disposition doit ouvrir à l’extorsion et à l’injustice. Là est l’origine de cette anomalie que l’on remarque à Canton , de ce despotisme insupportable, dans un pays où il existe un code écrit qui sévit rigoureusement contre l’oppression et les abus dé pouvoii-; mais, après toiA, il' d’y a que les étrangemqui paient, car si les miHcbands liongs sont de vériialKée vaines à lâit, Ip commerce étranger est le pâluragç qui les nourrit. L’une de leui*S plus habiles

corporations obtint , il y a quelques'années , du gouvernement local, l’autorisation de lever des impôts sur le co 0 unerce extérieur, pour satisfaire aux demandes des méndnrins. D’&utres charges annuelles furent imposées pour liquider les dettes de plusieurs marchands envers les étrangers , charges qui durèrent éneore après 1 acquittement des detUs. Sans ces nombreux abus , le commerce de Canton serait bien plus prospère qu’il ne l’est aujourd’hui, et, s’ils subsistent, le commerce mourra de sa mort naturelle. Le môme système ne, saurait être applicable ^ux indigènes, autrement le pays présenterait un aspect tout différent.

n existe quelques anomalies pratiques que l’on ne s’at^ tendrait pas à. rencontrer dans un pays régi despotiquement. Le j>cuple tient quelquefois des assemblées publiques annoncées à l’avance , dans le but. d’adresser des représentations aux magistrats , et l’oi\/ie songe point ù le punir. Cette coutume semblerait indiquer l’influence de l’opinion pubrique : il en est (le même d.e la coutume de placarder des affiches ( anonymes il est vrai ) renfermant des satires sur tels ou tels officiers. On rend des honneurs au magistrat intègi’e , et ’à son départ le peuple lui présente des adresses, témoignage d’estime hautement apprécié. Il faut ajouter que la presse, en Chine, n’est point censurée ; elle n’est contenue que par de simples règles relatives au bon ordre et à la paix publique. Cependant, lorsque ces règles sont enfreintes,, le gouvernement est prompt à châtier les coupables.

Il est digne de remarcpie que la propagation des lumières, parmi les classes inférieures, a contribué puissamment à ,assurer la paix et la prospérité générales en Chine. Presque tous les individus appartenant aux innombrables millmns qui composent la population de l’Empire , "savent assez bien lire et écrire , pour que ces connaissances leur soient utiles dans la vie. Le huitième

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des sei/.e Discours -lus au peuple traite de la nécessité d’acquérir une connaissance générale des lois pénales qui ont été iniprlinées exprès dans un format peu coûteux ; il porte en outre que leà hommes , ne pçuvant être punis pour ce qu’ils ignorent, seront moins sujets à entourir l’appirèation de la pénalité , s’ils connaissent parfaitement la prohibition. Ce discours semble constituer une branche fort nécessaire de ce que l’on a appl’léjtMlict préventive i il est basé sur des pidncipes^de raison, d’humanité et de sainé politique , mille fois préférables à la j uslice exéculwe ( i ) .

La propagation universelle de l’éducation doit être attribuée à l’influence de presque tous les motifs de crainte ou d’cspéranêe, capables d’agir sur 1 esprit humain; elle est encouragée par des préceptes positifs et par une concurrence ouverte aux récompenses les plus honorables.

L’une des raisons les plus décisives qui puissent porter un Chinois à donner de l’éducation à ses enfants , doit être la conviction qu’il est rcsponsablé de leurs crimes à quelle 'époque de leur vie que ce soit, de même qu’il est récompensé pour leurs mérites. 11 arrive souvent que des pères reçoivent de l’avancement par suite de la conduite de leurs fds.

Montesquieu , lorsqu’il a condamné violemment lu sujétion au châtiment ( 2 ), ignorait ou oubliait qu’elle est jusqu’à un certain point le résultat du pouvoii’ absolu coniié dans la vie au chef de famille, et que l’exercioe de ce môme pouvoir doit nécessau’ement entraîner une responsabilité proportionnelle. Le père n’est }>us seulement puni, il est récompensé aussi, selon qu’il a administi’é le dépôt placé entre sçs mains. 11 estfacile de comprendiv

avec quelle force un pareil système agit sur l’éducation j * * -

(1) Blackstuiie , t. IV , c. 18. *

(ï) Livre VI , cliapiln.' ao.

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