J.A CHINE
clieur des dents, les Malais liment l’émail des leurs, et les teignent en noir, par la raison toute puissante que les dents des chiens sont blanches. Un chef de la nouvelle Zélande fait blasonner sur la peau de son visage et de ses membres la cotte d’armes qui le distingue paimi ses compatriotes, et un Esquimau est moins que rien s’il n’a pas les joues trouées et ornées de morceaux de pierre. Tout aussi absurde et tout aussi pernicieuse est l’idée qui, en Europe, fait consister la beauté chez les femmes à avoir la taille étranglée comme une guêpe , jusqu’au point de déprimer les côtes et de jeter un désordre irréparable dans les fonctions des organes vitaux.
C’est iinc question fort intéressante que celle du rang que les Chinois doivent occuper parmi les nations civilisées. Nous avons essayé et nous essaierons encore de démontrer les nombreux avantages moraux et politiques qu’ils possèdent actuellement, et que sir George Staunton a attribués « au respect pour les liens de la famille, à la sobriété , à l’industrie et à l’intelligence des classes inférieures , à l’absence presque totale des droits et des pritiléges féodaux , à la répartition égale des biens territoriaux, à la répugnance du gouvernement pour l’agrandissement et les conquêtes; enfin au système de lois pénales le plus clair, le plus positif et le plus complet qui existe , du mbihs parmi les Asiatiques. » On aurait tort, d’un autre Côté, de nier qu’ils ne soient entachés des vices et des défauts inhérents à leur situation politique et sociale.
Le même écrivain a très bien observé qu’un peuplé dont la langue écrite est fondée sur les principes les plus anciens, etdoiHTe gouvernement est patriarcal, comme dans les premiers siècles , doit s’être séquestré du reste des humains, avant l’époque à laquelle le caractère symbolique fut remplacé par le caractère alphabétique, et le système patriarcal par d’autres combinaisons et d’au-
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très formes de .gouvernement. Or les mêmes particidarités de goiivemement et de langage qui marquent l’antiquité des institutions chinoises, peuvent aussi, nous le croyons , expliquer leur longue durée. La théorie gouvernementale, combinant le paler alque princeps, qui a toujours été celle qui s’est la première offerte à l’esprit des hommes , est la plus rationnelle en principe , si elle n’est pas la meilleure en pratique , et fe mode d’écriture, qui ne laisse pas les mots s’altérer , comme dans notre transcription syllabique, peut avoir prêté un grand degré de fixité et de certitude à rintclligence des habitants par l’intermédiaire de leur littérature. Quiconque a traduit en chinois , sait combien il est difficile de rendre les idées étrangères sous une forme \ la fois simple et lucide.
Il est encore un autre trait primitif et caractéristique qu’il faut remarquer dans la classification des quatre rangs ou ordres établis en Chine. Les individus qui composent chacune de ces classes sont , 1" les savants; »“ les agriculteurs, 3 " les manufacturiers, 4 ° ^cs marchanda Cette classification parait assez philosophique et assez méthodique, si l’on considère uniquement le degré respectif occupé par les quatre ordres dans les progrès de la société. L'ne sagesse supérieure et la science, résultats de la vieillesse et de l’expérience , constituent d’abord les principaux droits au respect et aux honneurs. A mesure que les hommes se civilisent , les tribus nomades deviennent sédentaires et tournent leur attention vers la culture des terres. Par suite de l’augmentation des produits bruts, de la fondation des cités et des échanges entre les villes et les campagnes; les mtmufacturos s’établissent, et en dernier lieu l’accroissement des capitaux, le développement des manufactures donnent naissance au commerce intérieur et extérieur. Cependant , lorsqu’un pays a atteint un certain degré de civilisation , cet arrangement (à l’exception de la première T. 1, >7