‹ La Chine ou Description GeneraleChapitre 89 sur 125 · I.A CillAF · texte numérisé non relu

I.A CillAF

classe ) clüil èlie considéré .comme purement noiuiaal; quelquefois il arrive qu’il doit èlrt pris comiHc l’ordre inverse qu’occupent réellement les dilTérentes classes vis"^-vis l’une de l’autre. L’influence des richesses se fera alors sentir; et comme les manufactures peuvent être une source plus fertile de richesses que le labourage, et les opérations commerciales devenir plus profitables que les manufactures , la première classe peut donner une plus grande prépondérance à ceux qui poursuivent les autres. C’est pour cela qu’en Chine le cultivateur tire peu de profit de l’estime que l’on a pour sa profession , quoique l’empereur lui-même mette la main à la charrue une fois tous les ans. D’un autre côté, le marchand opulent obtient facilement, au moyen de ses richesses, les services et les bons oflices des hommes les plus puissants, quelque bas que soit le rang nominal qui lui est assigné dans les institutions théoriques du pays. Pendant ce temps, la classe des savants conserve sa suprématie sur toutes les autres , et ses membres remplissent les emplois du gouvernement.

Le rang héréditaire , s’il n’est pas accompagné du mérite personnel, est, ainsi que nous l’avons déjà remarqué, de peu do valeur pour celui qui le possède. Les descendants de la famille impériale des Mandchous portent la ceinture jaune; ils no jouissent d’aucun pouvoir, et n’ont qu’une modique pension qui leur est allouée pour leur subsistance. Comme ils se multiplient, les membres des branches les plus éloignées sont réduits à la misère, quand ils n’ont pas pour les aider quelque talent, quelque connaissance.

^ . Lors de la chute de la dernière dynastie chinoise , une foule de descendants de la famille Impériale quittèrent la ceinture jaune et cherchèrent leur salut dans l’obscurité. On dit qu’il e.xiste encore des rejetons de la race des Ming. L’un d’eux est entré au service de plusieurs

LA ClUSE.

jésuites ; il est probable que , si une rébellion contre los Tartares était couronnée de succès , on verrait réapp«raltre quelques uns des représentants de cette illustre famille.

Les parents de la dynastie tartare sontfortnombreuï; et comme ils mènent une vie oisive, la plupart sont ignorants et débauchés. On les surveille de très près, peut-être à cause de leur conduite déréglée, peut-être aussi à cause de quelque sentiment de jalousie. L’ambassade anglaise fut témoin de leurs déportements à Youen-Ming ,, et aussi du peu de cérémonie avec lequel on les traite. Comme ils se pressaient autour des Anglais avec une. curiosité enfantine, le principal mandarin saisit un fouet, et non content d’en avoir fait usage , il chassa à coups de p/rd le troupeau des «ceintures jaunes. »

M. Barrow raconte un trait de petitesse d’un de ces princes du sang, qui n’était ni plus ni moins qu’un petitjfils de l’empereur. Le prince lui envoya un présent fort mesquin, en lui faisant savoir «qu’il accepterait, en échange , sa montre d’or. »

Il existe deux branches de la maison impériale de la Chine; la première descend du grand conquérant luimême et la seconde de ses collatéraux , c’est-à-dire de ses frères et de ses oncles. Les membres de celle-là sont appelés Tsong-cbi (i) «maison héréditaire, » et sont distingués par une ceinture jaune et un baudrier de même couleur. Les membres de ceux-ci sont appelés Kiolo (mot tartare), et sont distingués par une ceinture et un baudrier rouges ; tous les détails de leur costume ont été minutieusement réglés : quelques uns sont décorés de la plume de paon ; d’autres ont le privilège de posséder une chaise verte. Il y a des règlements concernant leur train de maison, le nombre d’eunuques qu’il

(i) Tsong-jin-fou.

sCo

Page 1