‹ La Chine ou Description GeneraleChapitre 90 sur 125 · L.i CntR · texte numérisé non relu

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leur est permis d’employer, etc.; le plus qu’un particulier peut en entretenir est on/e : le chef des eunuques porte toujours une boule ou un bouton blanc sur son bonnet.

Pour gouverner les membres de la famille impériale, on a institué un tribunal appelé « le bureau de la tribu héréditaire. » Ce tribunal est complètement distinct des autres tribunaux chinois ; il a ses lois et ses usages , et est présidé par un wang , que les jésuites ont appelé Régulus, ou petit roi.

Ces descendants de la famille impériale ne semblent bons qu’à grossir la suite de l’empereur. Ils sont obligés, à la nouvelle et à la pleine lune , de se ranger en ordre de bataille dans la salle d’audience et au dehors. Il faut qu’ils soient à leur poste dès ou plutôt avant le point du jour. Lorsque l’empereur parait, ils se jettent tous la face contre terre et l’adorent. Ce sont eux qui , le ag août 1816, ont tant tourmenté les Anglais, par leur indiscrète curiosité et la rudesse de leurs manières. Leur manque d’éducation et leurs habitudes' vicieuses causent souvent de grands désagréments à l’empereur. Plusieurs d’entre eux ont été exilés en Tartarie et soumis à la surveillance des chefs du pays; d’autres ont été condamnés à une réclusion solitaire perpétuelle. En 1816, un des membres de la famille impériale, porteur d’une ceinture rouge , trouva moyen d’arriver à Canton , dont un de ses parents par alliance était juge ; ce dernier, n’osant, point le recevoir chez lui, le remit aux autorités locales, qui l’envoyèrent sous escorte à Péking, où l’on dit qu’il fut renfermé pour le reste de ses jours.

La distribution impartiale ( à très peu d’exceptions près ) des emplois publics et de la .magistrature à tous ceux qui donnent des preuves de science ou de talent , sans égard à la naissance ni aux richesses, tient peutêtre à la grandeur et à la prospérité de l’empire. 11 n’existe à ce sujet rien de plus exact que les observations

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de feu le docteur Milne , excellent sinologue. « Ce principe a toujours été maintenu tliéoriqucmcnt, quoiqu’on s’en soit quelquefois écarté dans la pratique , et comme il est appliqué à tous (les domestiques, les bas agents de police et les comédiens exceptés), tout le monde est satisfait. En général , ce sont les ambitieux qui bouleversent les gouvernements ; mais en Chine ils n’ont pas besoin de troubler la paix publique , puisque la carrière leur est librement ouverte ; on demande seulement ( et quelle demande pourrait être plus raisonnable ? ) qu’ils fournissent quelque preuve de leur habileté, de leur savoir.

» Tous les trois ans , et parfois plus souvent , le gouvernement donne aux ambitieux le moyen de déployer leurs talents ; s’il ne peut accorder des emplois à tous , du moins il leur accorde des honneurs , et déclare les candidats qui se sont distingués , éligibles à des grades soit civils , soit militaires , et finalement aux plu^ hautes places de l’État, si leur mérite leur en donne le droit. La dynastie actuelle a vendu fréquemment des commissions civiles et militaires pour suppléer à ses besoins pécuniaires; par là elle s’est aliéné l’esprit de ceux qui ne comptent que sur leur science pour faire leur chemin dans le monde. Je laisse au lecteur le soin de décider si le système que je viens d’esquisser n’est pas le plus grand secret de l’agrandissement de l’empire chinois. »

Les honneurs signalés rendus aux lettres de préférence aux armes , tendent à ouvrir un vaste champ à l’ambition. Cette différence parait nettement établie aux réunions annuelles des mandarins dans les chefs-lieux des provinces pour adorer la châsse de l’empereur (le jour anniversaire de sa naissance); les officiers civils se placent à l’est (la place la plus distinguée), et les autres à l’ouest. Les mandarins civils regardent Confucius comme leur patron

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particulier, et forment en effat le haut clergé, dont le seul privilège- consiste à sacrifier dans scs temples.

Les descendants en ligne directe de Confucius ont aussi fjuelques honneurs liérédilaires. Le chef de cette race est toujours distingué par le titre de Kong, le plus haut des cinq degré". 11 se rend à Péking une fois par an de Kia-fou-hien , dans la province de Chan-tong où est né le grand philosophe, le grand homme d’Etat, et reçoit certaines marques de distinction de l’empereur. Le père Bouvet, en ifiqS, trouva le gouverneur d’un icheou (ville du second ordre) d’une des provinces méridionales qui portait le môme surnom que le législateur déifié, et qui se disait descendu de lui; mais il n’avait obtenu son grade que par son mérite et non par sa naissance.

Les rigoureuses limites posées aux privilèges des diverses espèces de rang héréditaire, et 1a subdivision perpétuelle des biens panni les nombreux descendants de chaque individu , empêchent qu’il surgisse des hommes dangereux par leur influence ou par leurs richesses. La véritable aristocratie de la Chine , c’est-à-dire ses gouvernants officiels, sont un corps soumis à une fluctuation continuelle. Au-dessous d’eux , la noblesse de chaque province est composée de mandarins retirés de la vie publique et de tous ceux qui ont atteint l’un des trois degrés littéraires , ou des neuf rangs distingués par la boule au sommet du bonnet. Le mérite d’un homme élève très souvent ses parents , et des titres posthumes de dignité sont quelquefois conférés à ses ancêtres pendant plusieurs générations.

Pailhai les causes qui font que les hautes classes de la société en Chine sont complètement dépourvues d’ostentation , et qui empêchent que la prodigalité ne devienne à la mode chez elles, il faut remarquer la manière dont les fonctionnaires sont établis, indépendamment de leur

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