‹ La Chine ou Description GeneraleChapitre 93 sur 125 · I.A CUINE · texte numérisé non relu

I.A CUINE

mes de la concorde qui doit régner dans un ménage , et quelques uns de ces oiseaux font toujours partie du cortège. Les parents de la jeune fille lui envoient aussi des cadeaux, consistant principalement en objets de toilette ; puis ses jeunes sœurs et ses amies viennent pleurer avec elle jusqu’au moment où elle doit quitter la maison de ses parents. A la fin, lorsque le soir est arrivé (i), et que les étoiles commencent à être visibles, le futur parait dans une chaise ornée et suivi d’ùne troupe d’hommés à cho - ^

val , portant des lanternes , jouant des Instruments , etc. , 's pour chercher son épouse et l’emmener chez lui. Quand la fiancée descend devant le domicile conjugal, elle est portée dans la maison sur les bras des matrones qui lui servent d’amies, et tenue au-dessus d’une terrine do charbon de bois déposée à la porte. La signification de cette cérémonie n’est pas très claire , mais elle peut se rapporter au commencement de ses devoh's de ménage. Bientôt après, elle sort de la chambre nuptiale avec ses suivantes et pénètre dans la grande salle. Là elle invite •les personnes qui y sont réunies à partager l’areca ou noix de bétliel préparée. Après avoir figuré avec son mari dans plusieurs cérémonies, elle est reconduite jusqu’à sa chambre où son futur lui ôte le voUe qui la couvre. On dresse alors une table, et les jeunes gens boivent la coupe de l’alliance. Quelque matrone fortunée, mère de plusieurs enfants, se présente alors et prononce une bénédiction qu’elle renouvelle au moment où l’on arrange le lit nuptial. Pendant ce temps, les amis réunis dans la salle se réjouissent, et, lorsque le fiancé les rejoint, ils lui versent ou non à boire, selon le rang de la société. Enfin , quand le signal de la retiiaite a sonné , ils

fl) Conforitu'mdil à nn épilliahimc nnfcriné dans im de leurs «m iens livres , el dans lei|uel on Iroiivc celte ligne : n Les trois étoiles Ifrilieul sur U purto, n

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le conduisent en corps jusqu’à la porte de sa chambre, puis se dispersent.

Le lendemain les nouveaux époux 'entrent dans la grande salle pour y adorer leurs dieux domestiques et rendre leurs hommages respectueux à leurs pères et mères et à leurs proches parents. Ils retournent ensuite dans leur chambre où ils reçoivent la visite de leurs jeunes amis ; le reste du mois s’écoule ainsi dans les plaisirs. Le troisième jour après les noces, la fiancée se fait transporter dans une chaise ornée pour rendre visite à ses parents , et lorsque le mois est expiré , ses amies lui envoient une coiffure d’un genre particulier; les parents des deux époux se divertissent encore une fois , puis les cérémonies des noces sont terminées. Dans quelques occasions, le mariage a Heu chez les parents de la fiancée ; mais alors il s’introduit quelque différence dans la forme. Ces deux modes sont décrits tout au long dans lé roman de YLnion fortunée.

Il faut remarquer que beaucoup de personnes prennent part aux négociations antérieures au mariage , et que les deux individus les plus intéressés ne se voient point pendant tout ce temps : il s’ensuit que le champ est libre à toute espèce de fraude et de malentendus; cependant, on ne peut pas supposer que le fiancé n’ait jamais vu en aucune circonstance celle qu’il doit épouser ; et puis la loi a pourvu à ce que l’imposture ne restât pas impunie. Les deux parties sont sommées de se déclarer mutuellement les infirmités ou les imperfections physiques dont elles sont affectées, leur âge réel, si elles sont nées d’une épouse ou d’une concubine , si elles sont enfants légitimes ou adoptifs. Quiconque tait la vérité ou commet un mensonge est châtié sévèrement. La loi chinoise prohibe tout mariage entre sujets étrangers; elle défend même toute alliance avec les Miao-tseu, montagnards de l’intérieur.

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