I.A CHINE
même. Ces individus forment le corps dans lequel on prend ordinairement les ministres de l’empereur.
Les fils des citoyens , selon* leurs succès littéraires , peuvent faire rejaillir sur leurs parents la gloire qu’ils ont acquise ; ils peuvent aussi améliorer leur situation. Dans cette espérance , les pères élèvent leurs fils avec soin ; voilà ce qui explique encore pourquoi l’éducation est si généralement répandue en Chine. Tel est le besoin que l’on a du travail de chaque individu , dans ce pays si peuplé , que les enfants des classes pauvres ( qui , à cause de leur indigence même , n’ont point la chance de s’élever par l’instruclion) sont voués au travail et aux peines de la vie , presque dès le moment où ils commencent à marcher. On voit sans cesse de jeunes enfants porter, au moyen d’un bâton ou d’une perche proportionnée à leur taille , des fardeaux qui sont quelquefois beaucoup trop lourds. La Chine est le pays où les plus jeunes ne peuvent rester oisifs, et où, comme l’exprime leur proverbe avec une énergie si grande , « arrêter la main, c’est le moyen d’arrêter la bouche ;» aussi la plupart de ces pauvres enfants ont-ils un air de gravité toutà-fait au-dessus de leur âge.
Mais ce n’est pas durant sa vie seulement, qu’ un homme compte sur le concours de ses fils , c’est une consolation pour lui , lorsqu’il vieillit , de penser qu’ils continueront d’exécuter après sa mort les rites funèbres dans la salle des ancêtres et sur les tombeaux de la famille. Le gouvernement attache beaucoup d’importance à l’accomplissement de ce devoir posthume; ceux qui le négligent sont punis par les lois. 11 est effectivement peu d’objets dont les Chinois s’occupent avec autant de sollicitude que les cérémonies funèbres sur les tombes des parents ; ils sont persuadés que la moindre négligence à cet égard est suivie de châtiments terrestres. Dans toutes les , autres occasions on remarque chez eux une