‹ La Chine ou Description GeneraleChapitre 97 sur 125 · I.A CUINE · texte numérisé non relu

I.A CUINE

du défunt , tels qu’ils doivent être gravés sur sa tombe.

. Au bout de trois fois sept jours, c’est-à-dire de vingtet un jours , la procession funèbre a lieu , la tablette est placée dans un palanquin doré devant lequel on brûle de l’encens. On joue en même temps d’un instrument de . musique qui ressemble beaucoup à la cornemuse écossaise, et de moment en moment, on frappe trois coups de suite sur un tambour. Les enfants et les parents des deux se^es viennent ensuite vêtus de blanc et marchant sans ordre. Lorsque le convoi a atteint le tombeau, les cérémonies et les oblations commencent. Gomme l’usage est debrûler de l’argent et des vêtements pour les besoins ' du trépassé dans le monde des esprits , les Chinois substituent à ces objets, par une économie bien entendue, de la monnaie et des habillements de papier. La forme du tombeau, qu’il soit grand ou qu’il soit petit, est exactement celle d’un Ci grec : l’idée de fin que celte lettre entraîne avec elle n’est , comme on peut le penser , qu’un effet singulier du hasard. Les sépulcres des riches sont très vastes; ils contiennent une énorme quantité de maçonnerie et des figures d’animaux en pierre. On trouvera de grands détails sur les funérailles et les cérémonies y relatives dans le drame d’un «Héritier dans la vieillesse:’i> Après L’enterrement, on rapporte processionnellement la tablette dn défunt , et si sa famille est riche , on la place dans la salle des ancêtres; si elle est pauvre, dans quelque pai^tie de la maison, et l’on brûle de l'encens devant elle , deux fois par an. Le printemps et l’automne sont les époques fixées poyr les cérémonies en mémoire des morts.La première et la principale est celle que l’on observe le plus généralement. Contrairement à la plupart des fêtes chinoises qui sont réglées par la lune , et par conséquent mobiles, celles-ci sont réglées par le soleil, et arrivent cent cinq jours après le solstice d’hiver , c’est-àdire le .5 avril. Vers ce temps (car un jour ou deux, soit

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avant, soit après, impoi’lent peu) , on voit toute la population de chaque ville se porter en foule aux collines pour réparer les tombes , les nettoyer et y faire des oblations. A son retour, elle laisse sur la route qu’elle a parcourue une longue traînée de petits morceaux de papier rouge et blanc, pour marquer que les rites ont été accomplis dans cette saison. Des rangées entières de collines , renfermant des tombes, sont couvertes de semblables témoignages de souvenir pour les morts , et c’est un singulier spectacle que de voir tourbillonner tous ces petits morceaux de papier, aux rayons du soleil.

Vue d'un tombeau.

Telles sont les cérémonies sinon méritoires, du moins bien innocentes, dont les jésuites ont sagement toléré la pratique parmi leurs néophytes , sachant combien il serait irapolitique de les froisser dans leurs superstitions les plus chères ; mais la foule des moines ignorants qui se pressèrent sur la voie que ces savaùts hommes avaient habilement ouverte, firent de cette tolérance un sujet d'accusation contre eux devant la cour de Rome. Sa sainteté qui voulait gouverner des consciences d’hommes

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à Péking, et contrôler l’autorité de l’empereur sur ses propres sujets, épousa la cause des fanatiques, et bientôt après, l’expulsion de toutes les variétés de l’espèce monacale , frères noirs , blancs , gris , etc. , fut la consé-* quence de celte détermination insensée. Aujourd’hui le nombre des prêtres catholiques en Chine n’est rien auprès de ce qu’il était jadis.

Ordinairement on transporte le corps d’un riche dans sa province natale , quelque éloignée qu’eye soit , mais il ne faut pas que le cortège traverse aucune ville ceinte de murailles. Nous pourrions, à cet égard, nous régler sur l’exemple des Chinois, qui concilient les préceptes de l’hygiène avec les devoirs que l’on doit rendre aux morts. «Exécuter les rites aa% collines v ou aux tombes j est synonyme en chinois. Grâce à la sage coutume de brûler constamment de l’encens dans les maisons et aux mesures hygiéniques qui ne sont jamais négligées, le séjour de Canton et des autres villes est extrêmement sain> nonobstant l’accumulation des habitants , la chaleur parfois excessive , etc. En vérité , sans le froid comparatif du climat , la coutume que l’on a en Europe de remplir la terre de cadavres jusqu’à ce qu’elle refuse de les couvrir ^ présenterait tous ces inconvénients qui ,

«Sam honorer les morts, font monrir les vivants. »

On ne souffre pas non plus que le convoi aborde à aucun débarcadour, ni qu’il passe sous aucune porte considérée comme appartenant à l’empereur, à cause du mauvais augure. Les Chinois sont même si superstitieux à cet égard, qu’ils évitent de parler de la mort autrement qu’en employant une circonlocution telle que celle-ci « devenir immortel. »

Un officier d’un vaisseau anglais étant mort. à Macao, les matelots qui portaient le cercueil se disposaient à

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