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monter les degrés conduisant à. la douane chinoise, quand les douaniers se présentèrent en armes pour les en empêcher. Les marins, toujours prêts à se Lattre, crurent qu’on voulait insulter le défunt, et les conséquences les plus funestes auraient pu résulter de cette méprise, si, fort heureusement, il ne s’était trouvé là quelqu’un qui leur expliqua le préjugé des habitants du
pays-
L’importance que les Chinois attachent au lieu de la sépulture, occasionne souvent beaucoup de retard dans les funérailles. Un marchand Long de Canton, qui était le fils aîné de sa famille, et qui, pour diverses raisons superstitieuses, avait dilTéré l’enterrement de son père j fut poursuivi judiciairement par son frère puîné qui lé contraignit à déposer le corps dans la tombe. Les principaux scrupules qui les arrêtent dans ces sortes de circonstances 'proviennent ordinairement du choix des Ueux. Les mémesfripons qui professent l’astrologie judiciaire se chargent souvent de les tirer d’embarras et do leur trouver un bon sépulcre. Les morts ne se plaignent jamais , attendu qu’ils sont sur ce point « les plus honnêtes gens du monde » , comme dit le docteur d’une des pièces de Molière. On croit que le choix heureux d’un terrain a la plus grande influence sur le sort des survivants; quelquefois il leur arrive, après plusieqrs années, de creuser la terre, de recueillir les os avec soin et de les enterrer dans.un autre endroit plus éloigné et mieux situé. Toutes les tombes sont placées sous l’invocation de Heoulou ou 1^ reine Terre , expression qui offre une analogie singulière avec un passage A' Electre d’Euripide,,où Oreste , invoquant l’ombre de son père sur sa tombe , s’écrie :
Kai yi) X* «vaaaa, (0*'*^
tt Et toi, Terre retne , vers laquelle j'étoncls'mts maius. » «
{\) Elecirc^’j'^. . ,»•
LA CUINE.
La durée du deuil (selon le rituel) est de trois ans pour la perte d’un père ou d’une mère ; mais en pratique 1 le deuil n’est que de trois fois neuf ou de vingt-sept mois, pendant lesquels un officier du plus haut rang doit se reléguer dans sa maison, à moins qu’il n’en soit dispensé pat l’empereur. Un laps de temps de trois années doit s’écouler avant que les enfants puissent contracter mariage. Le blanc est la couleur du deuil , de même que le gris foncé ou cendré^ avec des boutons ronds en cristal ou en verre au lieu de boutons dorés. La boule qui marque les rangs est enlevée du bonnet ainsi que la touffe de . soie cramoisie. Comme les Chinois se rasent la tête , l’un * des signes de deuil est de laisser croître ses cheveux.
A la mort de l’empereur toutes ces cérémonies sont exécutées par ses innombrables sujets, qui passent cent jours sans être rasés; tous les fonctionnaires de l’empire ôtent alors la boule et la soie cramoisie de leurs bonnets. On dit qu’à la mort de l’impératrice, femme de Kang-hi, quatre de ses suivantes voulurent être enterrées vives avec elle ; mais ce monarque si sage ne permit point un . tel acte de barbarie, renouvelé des Scythes, et abolit pouf jamais la coutume d’où il tirait sa source. *
Pour ce qui concerne la succession aux biens paternels, la disposition en est restreinte aux héritiers légitimes, et nous avons vu qu’il existe une loi de primogéniture fort limitée , en vertu de laquelle le fils aîné , celui qui « achète l’eau » aux funérailles, a une douille portion. On pourrait dire , avec plus d’exactitude , que l’héritage revient au fils aîné en dépôt (i) pour ses autres frères : il exerce sur eux une haute autorité, et tous ensemble vivent en commun. C’est par ce moyen que les familles, darts ce pays excessivement peuplé, peuvent subsister beaucoup plus facilement qu’elles ne le feraient, en suivant un autre
(i) Lou li , sccl. 78.
LA CUINB.
système ; et c’est ainsi que le revenu de chaque individu est utilisé autant que possible. Il faut donc attribuer à cet usage les constantes exhortations de l’empereur dans le livre du « Saint-édit » relativement au maintien de l’union et de la concorde entre parents.