‹ La chirurgie du sinus sph√ànoidalChapitre 17 sur 25 · Voir un cas fort intéressant publié par M. Kerschbaumer · texte numérisé non relu

Voir un cas fort intéressant publié par M. Kerschbaumer

Masse de pilules q. s. pour faire XX pillules. D. J. 3 pilules par jour.

(87 pilules contiennent 1 gramme 785 de mercure).

fl faut en même temps traiter les cavités pneumatiques affectées par des solutions antiseptiques (sublimé 1 :5000).

Si la scrofulose est la cause de l'affection locale, il faut appliquer un traitement interne (huile de foie de morue, etc.) Quant aux eaux minérales de Hall qui contiennent de l'iode, je me suis décidé à les abandonner parce quelles entraînent l'amaigrissement des malades. Je me suis servi dans les dernières années des eaux minérales de Levico (1) (acide arsénieux et fer) dans le traitement des lymphatiques. Les résultats étaient très encourageants.

c). — Ouverture du sinus sphènoïdal par le nez.

Il suffit d'étudier un peu l'anatomie topographique des fosses nasales pour acquérir la conviction qu'il n'est pas très difficile de pénétrer dans le sinus sphènoïdal à travers le conduit moyen des fosses nasales. Dans la plupart des crânes on peut très facilement voir par cette voie la paroi antérieure du sinus sphènoïdal, et parvenir à ouvrir cette paroi. Je me suis même convaincu de cela sur un certain nombre de crânes.

Il est de même souvent très facile de reconnaître le

1. Dans le midi du Tyrol (Autriche), voir Nothnagel, Wiener Allgemeine Medizinische Zeitung, no Q2; 33, 1887.

conduit du sinus sphénoïdal (dans le méat supérieur) a l'examen rhinoscopique. Si la paroi antérieure du sinus, est cariée, il est très facile de la perforer.

C'est M. Zuckerkandl qui le premier a recommandé cette méthode pour ouvrir le sinus sphénoïdal. Il s'était appuyé sur des essais très nombreux sur les cadavres.

M. Schaeffer de Brème a le mérite d'être le premier qui ait ouvert le sinus sphénoïdal m vivo d'après la méthode de M. Zuckerkandl. Les résultats obtenus étaient, quant à la santé générale des malades, très satisfaisants.

M. Héryng (1) de Varsovie a de même obtenu un résultat très remarquable dans un cas d'affection du sinus sphénoïdal.

« Dans un cas j'ai pu faire sortir le pus et pratiquer le grattage avec la curette de Schaeffer. La réaction fut assez considérable, la fièvre dura cinq jours avec frissons et grande faiblesse. Le malade après une semaine quitta le lit et l'examen ultérieur démontra un petit polype situé très haut entre la cloison et le bord du cornet moyen. Après Tabblation du polype, les injections prolongées avec une solution de salicylate de soude guérirent complètement le sujet. »

De même M. Rolland (de Montréal) (2) a obtenu des ré^ sultats très satisfaisants par l'ouverture du sinus sphénoïdal dans le cas suivant :

1. Héryng, Bulletin et mémoires delà société française d'otologie et de laryngologie, 1888, p. 186.

2. Semaine médicale 1889. Rapport de la session annue'le delà société française d'otologie et de laryngologie.

IJne clame de vingt-trois ans se plaint d'obstruction nasale, de céphalalgies violentes, de perte de mémoire, d'insomnies. L'examen rhinoscopique montre du côté gauche un état atrophique de la muqueuse des cornets inférieur et moyen, et en arrière on voit et on constate par le stylet, une tumeur arrondie, résistante, osseuse qui obstrue en partie la fosse nasale ; du côté gauche, les cornets sont moins atrophiés, aussi la tumeur n'est pas aussi apparente.

Par la rhinoscopie postérieure, les arrière-fosses nasales droite et gauche sont complètement obstruées par le même obstacle, et sur la ligne médiane, on aperçoit un léger relief qui, par sa forme et sa direction, paraît devoir être formé par l'extrémité postérieure de la cloison. Le stylet recourbé, introduit en arrière du voile du palais, permet de constater que les trois quarts supérieurs de la tumeur sont durs et que le quart inférieur a une certaine élasticité.

M. Rolland diagnostiqua une dilatation des sinus sphénoïdaux, et au moyen des fraises mises en mouvement par un moteur électrique, il fit une ouverture à la partie inférieure gauche, ouverture qui fut agrandie par la suite, et de laquelle s'écoula un liquide aqueux qui vint goutte à goutte et non par jets, comme on l'aurait observé pour le liquide céphalo-rachidien.

A la suite de ce traitement, la perméabilité des fosses nasales se rétablit en partie, les douleurs de tête disparurent et l'état général redevint satisfaisant.

Au dernier congrès international d'otologie et de laryngologie (Taris, 4889) M. Héryng de Varsovie qui néglige d'ailleurs de parler de ma priorité concernant le

diagnostic des maladies du sinus sphénoïdal, communiqua 5 nouveaux cas de guérison d'empyème dudit sinus, guérisons obtenues par l'ouverture du sinus.

J'emprunte à des communications personnelles que MM. Quénu (de Paris), Trousseau (de Paris), Moure (de Bordeaux) et Piuault (de Pans) en exécutant l'ouverture du sinus sphénoïdal ont obtenu des résultats très satisfaisants.

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