DES PANSEMENTS APPROPRIÉS AU GENRE ET AU SIÈGE DES PLAIES
Une plaie coutuse des parties molles, doit être traitée par les cataplasmes ou les gâteaux de charpie mouillés pendant douze jours, et à partir du moment où les eschares sont détachées le pansement simple est le meilleur pansement.
Une plaie communiquant avec le foyer d'une fracture, sans esquilles ou dont les esquilles ont été enlevées, doit être fermée avec les bandelettes •de diachylum, et on applique par-dessus un appareil à fractures. Les bandelettes de diachylum ne doivent être enlevées que quand elles tombent. Le pansement simple ne doit être mis en usage que quand les fractures sont consolidées; le pansement simple hâte alors la guérison de la plaie. Aucun autre pansement ne vaut mieux que cette occlusion avec le diachylum. Une bandelette avec du coUodion qui ferme la blessure est moins bonne.
Les plaies avec perte de substance sont traitées mieux que par toute autre espèce de pansement par le pansement simple à plat, alcoolisé pendant dix jours, puis par le pansement simple jusqu'à guérison. Aucun autre pansement ne vaut mieux. Pour les amputations la réunion avec les .bandes de diachylum et dans certains cas la suture et le pansement humide alcoolisé donneront des succès plus nombreux que tout autre mode de pansement, cà condition de santé égale chez les opérés.
La réunion immédiate est excellente pour toutes les plaies par un instrument tranchant. Elle est absolument détestable pour les plaies con- ..tuses. Elle ne vaut rien pour les plaies avec perte de substance.
Pour toutes les plaies des doigts un bon nombre de celles de la main, le pansement par occlusion complet avec les bandes de diachylum est le meilleur.
Quand les promoteurs de pansements auront donné tous leur statistique intégrale du pansement uniforme qu'ils ont appliqué à des plaies diverses, vous vous confirmerez de plus en plus dans cette opinion, que chaque iplaie appelle son pansement de prédilection, et que jamais on ne^ guérit bien une plaie, si le pansement, d'une manière ou d'une autre, n'assure point une immobilité relativement absolue de la partie blessée et une humidité constante sur la plaie. 11 sera démontré alors que les succès dans le traitement des plaies sont personnels, que le choix du pansement approprié à la blessure, et le soin que le chirurgien apporte à panser luimême son blessé, tant que celui-ci est en danger, et à diriger sa nourriture et son hygiène, sont les véritables raisons de succès qui échappent à d'autres chirurgiens moins attentifs. Tl n'y a pas de pansement panacée. La nature des choses s'y refuse.