TREIZIÈME LEÇON
DES ADÉNITES GLANDULAIHES EN GÉNÉRAL
SOMMAIKE. —Adénite parotidienne, thyroïdienne, mammaires; adénites sudoripares; adénites prostatiques. Orcliite et adénite testiculaire. Adénite de la glande de Cowper,
Des adénites glandulaires. Be leurs causes naturelles et des principes généraux de leur traitement.
• L'inflammation des glandes a été désignée par Yelpeau sous le nom d'adénites, et l'on a réservé plus communément le nom d'adénite aux adénites lymphaliques, quoique toutes les glandes présentent une inflammation h laquelle convient le nom d'adénite. Ne croyez pas que l'inflammation des glandes ait quelque chose de spécial; l'inflammation porte toujours surles. éléments vasculaires etconjonctifs, et ici les grandes lois de l'inflammation sont rigoureusement exactes. Les tubes et les épithéliums ne s'enflamment point spécialement. Dans les glandes comme dans le tissu cellulaire, l'inflammation est caractérisée par l'oblitération de capillaires, et la cessation de la circulation, puis par du ramollissement et la prolifération des noyaux du tissu conjonctif. Les conduits des glandes, la membrane d'enveloppe do l'acini élémentaire participent aux phénomènes inflammatoires, c'est-àdire au ramollissement; l'adénite est donc en réalité l'inflammation phlegmoneuse des glandes.
Cependant l'inflammation des glandes olfre quelque chose de spécial qui n'existe pas dans le cas de phlegmon du tissu cellulaire. Au lieu que le pus soit réuni en foyer le quatrième jour, il n'est guère formé et réuni en foyer que du onzième au treizième jour. Cette loi est générale et s'applique à toutes les adénites qui suppurent le plus ordinairement, les ganglions lymphatiques, la mamelle, la prostate; seules, la glande vulvo-vaginale et les.
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jilandcs sudoriparcs font exception; elles snppurcnt plus vile dans les (inalre ou cinq jours, cela sans aucun doute, tient à leur situation superficielle, et à ce que ces glandes sont dépourvues des cloisons fibreuses et d'enveloppes cellulaires.
Les adénites ont encore un autre point commun avec le phlegmon ; (!(; môme qu'il y a des phlegmons qui ne suppurent pas, de même il y a des adénites qui, le plus souvent,. se terminent par résolution. Ainsi, les pamlides ou adénites parotidiennes résolutives, les oreillons ou adénites salivaires, la Hiyroïdite, l'orchite, sont des inflammations qui suppurent trèsrarement.
Les adénites sont caractérisées par deux périodes bien distinctes: l'une pendant laquelle l'inflammation est limitée au tissu propre de la gland • l'autre pendant laquelle le tissu conjonctif participe à l'inflammation. L i seconde période est celle qui présente le plus de variations.
L'inflammation du tissu de la glande reconnaît pour cause :
1° La rétention du liquide sécrété par la glande. C'est le cas de l'adénilc mammaire qui suit l'engorgement laiteux, le cas de l'épididymite et de l'orchite. Yous pouvez remarquer que l'épididymite n'arrive guère que pendant le troisième septénaire des blennorrhagies lorsque l'abstinence des rapports sexuels a produit ses efl'ets.
2° Une sécrétion irritante acide ou alcaline, c'est le cas de l'adénile parotidienne dans les fièvres graves.
3° Une blessure ou une contusion de la glande. C'est le cas de la prostalite, de certaines orchiles dues cà des blessures de la prostate et de l'urèthre au niveau des conduits éjaculateurs.
A° Une congestion de la glande, c'est le cas de la thyroïdite.
5° La propagation de l'inflammation de la peau et des muqueuses aux "■landes : par l'intermédiaire de leur conduit, c'est le cas de l'abcès de la idande vulvo-vaginale : par l'intermédiaire des vaisseaux, c'est le cas des adénites lymphatiques. Cette dernière cause est celle qui agit le plus immédiatement. Un autre élément intervient le plus souvent: l'action du froid. Cette action qui est si apparente dans les causes ordinaires du développement des inflammations viscérales est la cause occasionnelle de beaucoup d'adénites qui reconnaissent pour origine une des quatre premières conditions mentionnées plus haut.
Les adénites ont un cours naturel; celles qui se terminent par résolution durent quatre jours pendant lesquels il y a de la tuméfaction, de la douleur et de la rougeur avec œdème léger du tégument lorsque la glande est sous-cutanée. La douleur cosse le quatrième jour, et la réso-