‹ La chirurgie journalièreChapitre 24 sur 80 · LYMIMIOHRII.UIII · texte numérisé non relu

LYMIMIOHRII.UIII

Le 7, la listulc n'esl pas comphUeiiient fiM'iiK-c, cl on i)eul recueillir, en pressant l'aisscllo, environ 20 grammes de sérosité. Un nouvel examen donna des résultats idcnli(|U(!S à celui qui avait été olilenu. Le malade sent ses forces revenir; il reprend ses couleurs et mange bien. La comi»ression est conlinué encoi-e pendant douze jours et la plaie finit par se cicatriser entièrement. 11 s'était écoulé soixante jours entre l'ouverture de l'abcès et la cicatrisation de la fistule (pii l'avait suivie, et la plaie avait donné issue à d(! la lymphe pendant mi mois.

Chez ce malade on pourrait dire qu'il y avait un anévrysme lymphatique faux primilif ou di/Jus ; ii y avait, eu eiïel, dans l'aisselle a un moment donné une tumeur du volume du poing.

Obs. il Lymphorrhagie consécutive àune périlymphile du lymphatique de lu région thénar. — M. D..., externe des hôpitaux, ayant quehiues écorchures aux mains, particulièrement au pouce delà main droite, fil à l'hôpital Saint-Antoine, le 12 août, une autopsie d'une malade tuberculeuse. Le soir du même jour, à cinq heures, il fut pris d'un frisson violent d'une durée de une heure. Le pouce, le bras et l'aisselle étaient, suivant l'expression du malade, lourds, et tout mouvement était .louloureux. Un ganglion, du volume d'une noisette, roulait dans l'aisselle, et était douloureux à la pression.

Le 15 août, je vis le malade; il y avait une écorchure du pouce, qui était ■enhammée et douloureuse, elle occupait la pulpe de ce doigt. Le reste du pouce était rouge, chaud et douloureux jusqu'au poignet. Il y avait de la douleur sur le traiet des lymphatiques, depuis le pouce jus.iu'à l'aisselle, qm offrait un peu d'empâtement; il y avait des sueurs profuses. Je diagnostiquai une angioleucite du pouce, mais je craignais l'infection purulente de la piqûre analomique. e fis appliquer trois sangsues dans l'aisselle, sur le ganglion; 60 centigrammes de sulfate de quinine furent administrés à l'intérieur, des compresses d'eau de sureau furent placés sur le pouce et l'avanl-bras. Le malade qui était très-inquiet et avait besoin d'être remonté, but comme tisane du thé au rhum.

Le 15 une traînée angioleucilique partait du pouce jusqu'à la partie moyenne du bras,' en passant sur la région thénar, le poignet et la ligne médiane de l'avant-bras ; toute douleur avait cessé dans l'aissclle.

Le IG l'état général est bon, la fièvre est tombée; le malade mange. II y a trois points où il existe de l'empâtement et de la rougeur avec œdème et chaleur • 1» l'éminence thénar; 2o le tiers supérieur de l'avanl-bras ; 3° la partie „,oyeiine du bras. Ces points sont reliés d'une façon plus ou moins apparente par au cordon dur qui n'est autre chose que le vaisseau lymphatique al.e.nt d an- V-oleucite, sur le trajet duquel la rougeur a disparu U y avait Heu de soupçonner la formation d'abcès, autour du lymphatique, dans ces tms p in s.

Le 18, la lUictuation est évidente à la région thénar, sur le cote externe de région, presque rigoureusement sur le trajet du gros lymphatique qui suit la

LYMPIIORIUIAGIE. l8d ilh-ectiou Ju inétacai-pien du pouce; incision, issue de pus séreux en assez grande abondance; le liquide était un peu filant. — Calaplasmes. Le malade est mis à la tisane de limonade. A parlir de ce jour, l'ouverture de l'abcès laisse •écouler en grande abondance un liquide jaune ambré sans mélange de pus. Un matin môme, en enlevant le pansement, dans un mouvement que fil le malade, il sortit un jet de ce liquide. Le lendemain, en pressant sur la face palmaire de J'avant-bras et descendant depuis la partie tuméfiée jusqu'à la main, je fis sortir €n jet un liquide de même nature dont la quantité pouvait être évaluée au contenu d'un verre à bordeaux. A chaque pansement, il était possible de faire sortir un liquide semblable. Ce liquide était de la lymphe, et il y avait lymphorrhagie, Le 24, le malade, qui avait pris froid, eut un nouveau frisson de une heure ; môme traitement que pour le premier frisson.— Sulfate de quinine, thé au rhum.

Le 25, mieux; une rougeur angioleucitique nouvelle part du pouce, les jours suivants la tuméfaction de l'avant-bras s'amollit et présente de la fluctuation.

Le 28, une incision est faite à l'union du tiers inférieur de l'avant-bras avec 1« tiers moyen; issue de pus bien lié. L'incision faite sur la région thénar ne se cicatrisait cependant pas et donnait toujours issue au même liquide, les bords de la plaie étaient blanchcàtres et avaient l'aspect de plaie récente, recouverte de cet enduit blanchâtre que l'on appelle la lymphe plastique; il n'y avait d'ailleurs aucun autre changement dans cette plaie ; elle semblait devoir se transformer en fistule, le malade qui avait le visage coloré habituellement pâlissait visiblement. Cependant l'incision de l'avant-bras se cicatrisa rapidement.

Le 8 septembre, elle était fermée et il ne restait que la première incision qui ne guérissait pas. Le traitement fut alors institué dans le but de fermer cette plaie et oblitérer le vaisseau lymphatique qui causait la lymphorrhagie. La compression très-applicable ici fut mise en usage; des bandes de diachylum imbrifjuées recouvrirent tout le pouce et un spica du pouce fait avec des bandes de diachylum comprima la racine du pouce et l'éminence thénar. La compression <lu pouce empêchait l'arrivée de la lymphe dans le vaisseau qui la laissait échapper et la compression de l'éminence thénar, tout en pressant sur la plaie, pressait sur le vaisseau blessé et favorisait son occlusion.

Le 20, la cicatrisation de la première incision était complète. Vous remarquerez que la première incision, faite dix jours avant la première, n'avait guéri que douze jours après la seconde incision. Ici, le retard de la cicatrisation par la Jymphorrhagie a été très-évident.

Chez ce malade, il y a deux abcès ; c'est celui qui est le plus près de l'origine du lymphatique qui est compliqué de lymphorrhagie, l'autre est im simple abcès phlegmoneux qui était situé en aval du premier, si je puis ainsi dire, et il ne laissait pas écouler de lymphe, parce qu'il s'écoulait en amont, par la plaie palmaire toute la lymphe que transporte normalement le vaisseau lymphatique.

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