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DES TUMEURS BLANCHES OU ARTHRITES CHRONIQUES

trailemenL qui semble indiquer la nature du mal ; en effet, l'immobilisation prolongée du membre conduit à une guérison sans ankylose, et si, dès le principe, l'immobilisation était faite pendant deux mois sur des articulations contusionnées, on obtiendrait une guérison plus rapide, mais le plus souvent on traite le traumatisme par les simples révulsifs, et cela ne suffit pas.

La compression de l'articulation atteinte de cette variété d'hydartbrose, avec épaississement de la synoviale, doit durer de six à dix mois, suivant l'époque plus ou moins rapprochée du début du mal.

Le moment où il convient de cesser la compression est celui où les douleurs ont entièrement cessé et où les quelques mouvements conservés dans l'articulation peuvent être exécutés sans douleur. Il faut bien se garder à ce moment de chercher à rétablirions les mouvements: on provoquerait infailliblement une recrudescence des douleurs ; d'ailleurs, dans ces cas, ce n'est point une partie de l'articulation elle-même qui est soudée et gêne les mouvements, ce sont les parties extérieures, les tendons et leurs gaines qui sont tendues et rétractées, et avec le temps l'usage de l'articulation et les mouvements limités par ces obstacles finissent par reparaître presque entièrement. Tous les mouvements qui peuvent se rétablir se rétablissent par l'usage du membre.

Les hydarthroses avec épaississement de la synoviale, qui suivent un rhumatisme ou qui existent chez les sujets lymphatiques, doivent être immobilisées par des appareils successifs jusqu'à cessation de la douleur. Quand la douleur a cessé et quand les mouvements conservés ne sont pas douloureux, si l'articulation ne gonfle pas aussitôt qu'elle est laissée libre, on peut cesser tout traitement, sauf des révulsions avec la teinture d'iode, apphquée sur la peau à l'aide d'un pinceau, lorsqu'il reparaît une petite douleur. La durée du traitement varie avec la durée du mal antérieur au commencement du traitement; dix à quinze mois sont généralement nécessaires pour obtenir la guérison. Après le traitement, il faut faire encore porter pendant plusieurs mois une bande de flanelle serrée autour de l'articulation. Malgré ce soin, il arrive quelquefois que le mal récidive à la suite d'un léger traumatisme.

Vous aurez souvent à soigner des malades dont les tumeurs blanches ou synovites sont traitées depuis longtemps par d'autres moyens que la compression, chez lesquels une déformation de l'articulation existe : la flexion permanente pour le membre inférieur et la demi-extension pour le membre supérieur. Il faut autant que possible, au moment où l'on applique la compression, placer le membre dans la position la plus favorable, dans

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la supposition quo l'articulation doive être aiikylosée. Il faut donc redresser le membre inférieur et fléchir le coude. Aux membres inférieurs, pour les coxalgies et pour les tumeurs blanches du genou, lorscjue la flexion est peu prononcée, il n'est pas nécessaire de redresser le mendjre du premier coup. On y arrive successivement après l'application de un ou deux appareils; le poids de l'appareil est un des meilleurs agents du redressement. Pour le coude, au contraire, il faut du premier coup le placer de force dans la flexion à angle droit et appliquer ensuite l'appareil ouaté.

I»cs cas U'oiiipiitation et «le rcMectIon.

Les observations qui vous ont été rappelées ressemblent à celles des malades qui ont subi, sous d'autres mains que les nôtres, des amputations et des résections.

Le raisonnement des chirurgiens qui la proposaient et qui l'exécutaient était celui-ci : Vaut-il mieux rester trois ans dans un hôpital et avoir un membre ankylosé, ou est-il préférable d'exposer ses jours dans la proportion de trois chances favorables contre deux, et de guérir en deux mois, soit avec une jambe de bois, soit avec un membre jouissant de quelques mouvements, après une résection de l'articulation malade? Si la deuxième alternative est la meilleure, mieux vaut l'amputation et surtout la résection. Les Français ont recours à la première opération, les Américains ei les Anglais à la seconde, et le choix de ces derniers est justifié par leurs statistiques. Ils guérissent plus de réséqués que nous ne guérissons en

France d'amputés.

Il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet. En premier lieu, il faut reconnaître que nous amputons relativement très-peu de membres atteints de lumenr blanche. Nous n'amputons que quand nous ne pouvons pas fau-e autrement: nous tardons quelquefois trop, et au moment où nous amputons les malades ont déjà des lésions viscérales, ces lésions sur lesquelles M Yerneuil a si justement insisté, en leur attribuant la part principale dans l'insuccès des opérations. Les Anglais et les Américains, au contraire, font des résections à des malades que nous guérissons en France par la temporisation et l'immobilisation. Vous n'aurezqu'à consulter les registres statistiques des hôpitaux de paris pour les années 1862 et 1863, vous trouverez le nombre des amputations de cuisse pratiquées dans les hôpitaux de Paris entier, pour des tumeurs blanches, et vous verrez que le chilTre de ces amputations ne s'élève pas à vingt pour les ceni trente-

DKS TUMEURS BLANCIIRS OU AllTIIIUTES CHRONIQUES. 28:!

sept tumeurs blanches ulcérées du genou environ qui passent annuellement dans nos hôpitaux d'adultes.

Quant à la question de convenance, les opinions peuvent être partagées, mais il fout se consulter soi-même. Celui qui aime mieux garder un membre au prix de trois ans d'un traitement qui, en réalité, n'est point trèspénible, sera pour le traitement de la tumeur blanche par l'immobilisation et l'ankylose. Celui qui aime mieux ou qui est obligé de vivre vite et de no point perdre de temps, jouera sa vie pour être guéri, même avec une infirmité, dans un espace de deux à trois mois. Le chirurgien ici devra se prêter aux volontés des malades. Je dois dire toutefois que le malade n'aura pas grand'peine, en général, h se laisser appliquer, avant toute opération, le traitement par l'appareil inamovible. On ne se sépare pas si volontiers qu'on le croit d'un membre ; le bras surtout est le membre que les malades se laissent enlever le moins facilement.

11 y a des cas cependant où le chirurgien doit poser la question au malade. Pour un homme atteint de tumeur blanche, qui dépérit, mange mal et devient pâle, chez lequel après une immobilisation prolongée on ne voit pas survenir d'ankylose, quand il y a des abcès ouverts et lorsque les surfaces articulaires dénudées frottent à sec l'une contre l'autre, n'hésitez pas, amputez ou réséquez : amputez au genou, réséquez au coude, à moins que le malade ne présente des signes évidents de tuberculose pulmonaire ou de l'albumine dans son urine, auxquels cas l'opération ne ferait que hâter sa mort.

Il y a un cas d'amputation indiscutable; c'est le cas où une tumeur blanche avec abcès ouverts et fistules, sans apparence d'ankylose, existe chez un malade adulte ou âgé, qui est en traitement depuis plus d'une année et chez lequel on peut raisonnablement supposer que l'économie ne pourra résister à la longueur et à l'abondance de la suppuration. Chez les enfants, au contraire, on peut toujours espérer la guérison par ankylose, hors le cas où il y a eu des antécédents positifs de scrofule et de tuberculose.

Il serait bon de remarquer enfin que les cas d'amputation, en dehors de a scrofule, sont souvent des cas de guérison possible par ankylose, qui )ntété traités d'une manière incomplète, parce que l'on croyait à une'gué- •ison lorsque les douleurs diminuaient, et ce sont des rechutes successives im entraînent seules des lésions irrémédiables, pour lesquelles il faut ■ecourir à l'amputation.

Pratiquement, les amputations sont indiquées quand il y a autour des rticulations, telles que l'épaule, le coude et le genou (je ne parle pas do

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