DIAGNOSTIC, PRONOSTIC KT TRAITEMENT
digestives des blessés, elle chirurgien doit faire lui-même le pansement de ses opérés. Ajouterai-je que c'est à ces soins, et à la sanlé, d'ailleurs bonne, des blessés et opérés des campagnes, que l'on^peut attribuer en province des succès vraiment remarquables. Les chirurgiens de province sont, par la nature des choses, beaucoup moins expérimentés que nous; ils ne sont pas plus habiles, mais ils n'ont guère à traiter qu'un blessé grave à la fois; ils y mettent tout leur temps, ce qui est plus difficile dans les grandes villes, où les blessés et les opérés pour chacun de nous sont en beaucoup plus grand nombre. A Paris, dans les hôpitaux quelconques, on a obtenu e( on obtiendra facilement à santé égale chez les opérés les mêmes succès qui ont été obtenus dans les campagnes. Que l'on me passe cette expression : si, pendant l'opération, c'est au manche de l'instrument qu'il faut regarder, après l'opération, c'est à la fois au panseur et au médecin.
Enfin pour revenir en terminant à l'importance de connaître le cours naturel des maladies pour en instituer le traitement, je vous citerai l'exemple de l'érysipèle traumatique dont vous verrez de nombreux exemples dans nos salles, parce que je n'hésite pas à recevoir des érysipélateux dans mon service, afin de vous montrer qu'à côté de grands blessés ils ne communiquent pas d'érysipèle aux blessés et opérés convenablement pansés. Abandonné à lui-même l'érysipèle, même erratique, cesse par le seul fait qu'il est erratique. Cette marche de l'érysipèle indique une tendance au rétablissement de la circulation de la lymphe qui est la guérison de l'érysipèle; des compresses d'eau de sureau sur le visage, delà poudre d'amidon sur les parties du corps qu'il ne faut pas maintenir humides, sont employées, non comme spécifiques, mais comme topiques calmants. Grâce à ce traitement, qui ne gêne en rien le cours naturel de l'érysipèle, les malades qui n'ont pas, en même temps que leur érysipèle, de l'infection purulente, du diabète, de l'albuminurie ou des tubercules ou des bronchopneumonies, qui seuls les mettraient en danger, ont toujours guéri et guériront toujours.
Il n'est pas moins intéressant de connaître la marche et la durée de la réparation normale des plaies. Comment, en effet, savez-vous si vos pansements, vos médications ont agi, s'il faut changer quelque chose, quand vous ne connaissez pas bien les phases de la réparation et les époques précises où les changements ont lieu? C'est là encore, vous le voyez, une démonstration de l'utilité de la connaissance du cours naturel d'un mal pour en instituer le traitement.