HYDUOCKLE DE LA TUNIQUE VAGINALE
Pour retirer la canule du Irocart, avec le pouce et l'index de la maia gauche vous ferez un pli à la peau au point d'entrée du trocart, et avec la main droite vous tirerez l)rus(pieinent la canule. Vous pincez encore pendant quelque temps la peau, puis vous lâchez tout. On applique alors une plaque de diachylum taillée en croix de Malte, de la grandeur de 2 cenlimètres carrés, et on la met en place en l'appliquant l'ortement sur la peau du scrotum soutenue par la main droite. Après ce pansement, on met sons le scrotum une plaque de bois écliancrée pour laisser la place de l'urèthre au périnée, et qui, prenant point d'appui sur les cuisses, lient le scrotum élevé: c'est le suspensoir de nos hôpilaux. Le malade doit conserver le repos absolu.
Le résultat immédiat de cette opération est une vaginalile aiguë. Le mal ne peut guérir que par cette vaginalile aiguë. Toutes les fois qu'elle n'existe pas, on est exposé à une récidive. Une fois, quinze jours après une première opération pour une hydrocèle du volume d'une tête d'adulle, j'ai fait une seconde ponction et injection iodée parce que je n'avais pas trouvé sul'fisante une vaginalile de vingl-quatre heures brusquement terminée. J'ai laissé la seconde fois une quantité assez notable d'iode dans la tunique vaginale et il y a eu la vaginalile nécessaire. Ce malade a guéri radicalement.
La vaginalile qui suit l'opération est plus ou moins vite développée. En général, au bout de vingt-quatre heures le scrotum est rouge vif, douloureux au loucher, et les malades se plaignent du poids du testicule. Cela existe surtout chez les malades dont le suspensoir n'est pas bien placé. Il y a généralement un peu de fièvre et d'inappétence chez la majeure partie des malades; la température axillaire ne dépasse pas 38 degrés, mais chez un malade dans la tunique vaginale duquel il était resté un peu d'air, il y a eu U degrés. Mais cette température est tombée le lendemain à 37°,6. Chez un autre dans le même cas la température n'a pas été à 39.
Voici d'ailleurs deux faits où la température a été régulièrement étudiée :
Obs. L Hydrocèle vaginale, ponction et injection iodée. — Mes, Wclor M.... âgé de cinquante-sept ans, hydrocèle vaginale droite.
Depuis dix ans, le malade s'est aperçu qu'il porte une grosseur, dans le scrotum du côté droit.
La tumeur, aie volume d'une tète d'enfant nouveau-né, elle est transparente, le testicule est situé en haut et en arrière dans la tumeur.
Ponction et injection iodée, teinture d'iode pure des hôpilaux ; le 22 décembre 1870, vu le volume énorme de riiydrocèle, M. Desprcs, laisse dans la
llYDROCÈLli DK LA TUNIQUE VAGINALE. 589 luiiiiiue vag-inale, 30 grammes environ, de teinlure d'iode (1). — Le soir, tuniotaction et rongeur du scrotum, le liquide de l'hydrocèle se reproduit.
Fièvre du deuxième au qualrième jour après l'opération (fig. 33), le neuvième, la douleur a disparu dans le scrotum.
I-iG. 33. — Tracé de la courbe de température, dans un cas de grosse hydrocèle opérée (obs. I). Forte vaginalite. Le signe X, indique le jour où le scrotum a cessé d'être douloureux à la pression.
A partir de ce jour, le scrotum diminue chaque jour, la résorption du liquide est complète, le 28 janvier 1877.
Obs. II. Hydrocèle vaginale, ponction et injection iodée. — Pierre-Etienne, P..., âgé de cinquante-cinq ans, journalier, est atteint depuis trois mois, dit-il, d'une grosseur dans le scrotum du côté droit. La tumeur a le volume d'un gros œuf, est transparente, et le testicule y est situé en arrièro.
)1) Formule de la teinture de nos hôpitaux :
Alcool à 86" 380 grammes.
Iode 30 —
rm llYDUOCELli l)K LA TlaNlQUI-: VAGINAUC.
"29 dccembi'e, ponction ol injection iodée, la tumeur ayant un petit volunic, M. Després ne laisse pas, ou laisse une quantité peu appréciable de teinture d'iode.
Le 30 décembre, la réaction inflainniatoire apparaît, le scrotum est rouge, le li(iuide de l'Iiydrocèlc commence à se reproduire.
Fièvre les deuxième et troisième joiws, défervoscence rapide (li.Lf.
rio. 34. — Tracé de la courbe de la température, dans un cas d'hydrocèle d'un petit volume (obs. II). Faible vaginalite. Le signe X, indique le jour où le scrotum cesse d'être douloureux.
Le septième jour, le scrotum n'est pas douloureux, le liquide de l'hydrocèle entièrement reproduit, commence à se résorber. Il a disparu le 30 janvier 18 /
Chez les malades que l'on examine le lendemain de l'opération, lorsque l'on presse sur le scrotum, on perçoit dans presque tous les cas un petit froissement, une sorte de craquement analogue à celui que produit lami-
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(Ion écrasé entre les doigts. Ce rroissement existe dans les vaginaliles qui accompagnent l'orchite; c'est une marque de l'innainmation de la séreuse. 11 disparait le jour suivant, parce que le scrotum est envaiii par un œdème l'ouge et parce qu'il se l'orme un nouvel épanchement dans la tunique vaginale. Le quatrième jour après l'opération, le diacliylum qui fermait la petite plaie est tombé. Le liquide de l'iiydrocèle est presque entièrement reproduit; le scrotum a une coloration rose violet; il est temps de calmer l'inflammalion. Pour cela, on applique de grands cataplasmes émollients sur le scrotum et on administre un lavement laxatif aux malades qui, généralement, n'ont pas été à la selle depuis l'opération. A partir de ce moment, les malades ne soutirent plus, sauf pendant la station debout ii cause du poids de la tumeur; la résorption graduelle du liquide commence. Pendant quinze jours les cataplasmes sont continués, ainsi que les lavements émollients. Après ces quinze jours, les malades portent des suspensoirs que l'on diminue afin qu'ils serrent de jour en jour davantage, car à ce moment la diminution de l'iiydrocèle est très-rapide. Il y a un moment où, ciiez quelques malades, on perçoit de nouveau le froissement de la séreuse, comme au début de la vaginalite, mais cela est rare. On ne doit pas s'étonner si on l'observe, la guérison ne sera pas entravée pour cela.
Le scrotum du côté malade reste un peu plus gros que du côté sain ; c'est le testicule et l'épididyme qui sont plus gros. L'on a dit que les feuillets séreux adhéraient à la suite de l'opération, cela n'est pas exact; il peut y avoir des adhérences partielles, mais il n'y a jamais adhérence totale.
La durée du traitement, jusqu'à guérison complète, varie avec l'âge des sujets. Chez les jeunes sujets de dix-huit à vingt-cinq ans, en trente jours la guérison est obtenue; chez les adultes, il faût le même temps si l'iiydrocèle date de moins de six mois; il faut sept semaines si l'hydrocèle opérée était très-volumineuse; chez les vieillards, il faut au moins deux mois. Un mois après guérison, les malades peuvent se passer de suspensoir.
Ne confondez pas ici, messieurs. Ce n'est pas le moment où le malade se lève et va à ses affaires avec un suspensoir qui doit être considéré comme le moment de la guérison, sans cela, le quinzième ou le vingtcinquième jour, on pourrait dire que des malades sont guéris. Pour qu'il y ait guérison, il faut que le scrotum ait repris sa couleur, sa souplesse, qu'il n'y ait plus de liquide dans la tunique vaginale.
Les accidents des ponctions et injections iodées sont la suppuration de la tunique vaginale; cet accident est extrêmement rare. Les injections d'al-
:m iiYDUocfaii m. \a tunique vaginale.
cool pur, que A. Ricliîird avail essayé de remellre en honneur, les cautérisations (lireclfts de la lMni(iue vaginale avec le nitrate d'argent, le sélon, etc., ont clé justcnienl abandonnés par les diirurgiens sensés, parce que ces procédés causaient souvent la suppuration de la tunique vaginale. Et si l'on a préféré les injections iodées, c'est parce qu'elles exposent infiniment moins à la suppuration de la tunique vaginale. Cet accident exige le traitement local par les émoUients, mais on ne débridera pas le scrotum ; il vaut mieux que l'abcès s'ouvre seul; tout au plus on est autorisé à fendre l'eschare qui so produit sur un point voisin de la plaie faite par le trocart.
Un autre accident de la ponction et de l'injection iodées est la piqûre du testicule. Il y a deux manières de piquer le testicule : la première est du fait de la maladresse du chirurgien ; l'autre, du fait du manque d'examen préalable de la tumeur.
Lorsque le chirurgien entre trop profondément son trocart dans la direction du testicule, il pique presque toujours le testicule ; le malade éprouve une souffrance qui lui arrache un cri, et à la fin de l'écoulement de la sérosité vaginale, on voit sortir du sang pur en plus ou moins grande quantité. Cette piqûre du testicule peut être insignifiante, mais elle peut être l'origine d'une hématocèle vaginale secondaire ; il est plus rare qu'il y ait une orchite. Cela lient à ce que les chirurgiens, rendus plus avisés par cet accident, s'abstiennent de faire l'injection iodée; ils préfèrent, avec raison, recommencer un autre jour l'opération.
La piqûre du testicule est quelquefois due à une position anormale du testicule qui est placé en inversion. Il m'est arrivé une fois de piquer à une profondeur de 2 centimètres au moins le testicule chez un malade que j'opérais peu après son entrée à l'hôpital. C'était un malade pressé; j'avais omis d'examiner la transparence et de rechercher la position du testicule. Je fis la ponction au lieu d'élection et je pénétrai dans le testicule. Je me hâtai de retirer le trocart et je ponctionnai 3 centimètres plus haut, ce qui me conduisit dans la tunique vaginale, et fis l'injection iodée. Cet exemple vous servira de leçon et de guide.
En effet, le défaut d'examen ne nous a pas permis de reconnaître une position exceptionnelle du testicule, et là est l'unique cause de la blessure du testicule. D'un autre côté, vous vous souviendrez que cette blessure du testicule est moins grave que la blessure du testicule recouvert de la tunique vaginale. Chez notre malade, c'est l'épididyme et le testicule que nous avions touché sans entrer dans la tunique vaginale, car il n'était pas sorti de liquide séreux par la ponction faite sur le testicule. C'est à cause