IIYDUOCÈLE DE LA TUNIQUE VAGINALE
de cela que nous avons fait sans crainte et sans scrupule l'injection iodée immédiate.
Voici, du reste, le fait résumé, avec les suites de l'opération, qui ont été des plus simples :
Le nommé B... (Charles), âgé de cinquante et un ans, ayant fait deux congés dans la cavalerie, avait depuis trois mois, disait-il, un gros testicule. La tumeur avait le volume moyen des liydrocèles de six mois, c'està-dire le volume d'un gros poing. Le 4 décembre 1874, l'opération a été pratiquée. L'injection iodée a été faite par une seconde ponction qui, cette fois, avait librement pénétré dans la tunique vaginale. Aucune réaction inflammatoire vive ne suivit l'opération; seulement, dès le premier jour, des cataplasmes émollients ont été placés sur le scrotum. Le quinzième jour, le malade se levait avec un suspensoir; il ne restait presque plus de liquide dans la tunique vaginale. Le 17 décembre, le malade sortit et dut porter des suspensoirs de plus en plus serrés. En janvier 1875, le malade a été revu très-bien guéri.
Ce qui doit vous rester dans l'esprit de ce fait, c'est qu'il vaut mieux faire une seconde ponction que de traverser le testicule pour pénétrer dans la tunique vaginale, ce qui a été fait une fois au moins en ma présence; il en est résulté une violente orchite.
Avant de terminer cette leçon, je vous rappellerai plusieurs faits qui se sont passés dans le service et qui montrent comment peut s'effectuer la guérison naturelle de l'hydrocèle. Le traitement des maladies, en général, doit avoir toujours pour but de suivre les indication^ fournies par le cours naturel des maladies , et une preuve de plus, ajoutée à celles que l'on possède déjà, ne saurait être superflue.
Vous venez de voir que la cure radicale des hydrocèles, poursuivie par le moyen des injections iodées, réussit à la condition qu'il se développe une vaginalité aiguë. Si vous trouvez des malades chez lesquels une vaginalité accidentelle survenue dans une hydrocèle a guéri l'hydrocèle, ce sera une preuve de plus à l'appui de la théorie de l'action curative des injections iodées.
Vous vous rappelez un vieillard de soixante-dix ans qui était entré dans le service pour une cystite et des ulcères aux jambes. Ce malade avait en même temps une hydrocèle volumineuse de la tunique vaginale du côté gauche. Une orchite survint. Par orchite, vous comprenez que j'entends une épididymite (cet accident a été déjà observé quatre fois dans le service chez des malades qui avaient une hydrocèle en même temps qu'une hypertrophie de la prostate ; trois fois il y avait eu en même temps abcès de la