IIYDROCÈLE DE L\ TUNIQUE VAGINALE
prostate et infiltration urineuse). Le scrotum devint rouge, œdémateux, luisant et douloureux. Nous nous sommes bien gardé d'ouvrir largement la tunique vaginale. J'avais vu faire cette opération par Nélaton en 1860, et le malade était mort en trois jours. J'avais en ell'et diagnostiqué une vaginalite, et tant que les symptômes locaux ne s'aggravaient point, il y avait lieu d'espérer la résolution. Un jour, cependant, neuf jours après le début du ms.\, il est survenu une escbare de la grandeur d'une pièce de 20 centimes sur le scrotum. Trois jours après, l'escbare s'est détachée et il s'est écoulé du pus et de la sérosité en abondance. La tumeur n'a pas été pressée'; le liquide a été expulsé en proportion du retrait de la tunique vaginale. Pendant sept semaines, ensuite, il a coulé du pus, puis de la sérosité, et la plaie s'est refermée sans qu'il y eût adhérence totale entre les deux feuillets de la séreuse tesLiculaire. Le malade a été revu, un an après, entièrement guéri de son hydrocèle. Ici, l'inflammation de la tunique vaginale a été très-vive ; elle a été jusqu'à la suppuration et elle a guéri moins rapidement l'hydrocèle que la vaginalité non suppurée qui suit l'injection iodée, mais elle a guéri l'hydrocèle. C'est là une démonstration qui a la valeur d'une expérience. La guérison d'une hydrocèle a lieu par l'inflammation de la tunique vaginale, sans doute parce que cette inflammation vascularise la séreuse et la rend plus propre au double travail de sécrétion et de résorption des liquides.
Il y a une terminaison de l'hydrocèle qui peut être considérée comme une guérison relative. Nous avons fait, il y a quelque temps, l'autopsie d'un malade mort de cystite purulente avec hypertrophie de la prostate qui avait une tumeur des bourses du volume d'un gros œuf de dinde, qu'au premier abord on pouvait prendre pour une maladie kystique du testicule, mais que j'ai diagnostiqué une simple hydrocèle cloisonnée, parce que toutes les loges de la tumeur communiquaient ensemble et parce que l'on pouvait sentir le testicule au-dessous d'une couche de liquide. Cette tumeur existait depuis dix-sept ans et n'avait jamais fait souffrir le malade. A l'autopsie, nous avons trouvé le testicule sain; la tunique vaginale renfermait un liquide citrin, et le feuillet pariétal de la séreuse présentait çà et là des brides qui circonscrivaient des loges où la séreuse avait conserve
son aspect normal.
Si l'on a guéri des hydrocèles par des ponctions successives et par la compression, on a obtenu un résultat voisin de ce que nous avons constate chez ce malade : la séreuse testiculaire arrive à former un kyste a paroi peu extensible; mais il y a toujours du liquide et on ne peut pas dire que l'hydrocèle est guérie radicalement.