PAR LA MARCHE ET I.A STATION DEROUT
la cause du mal. Le professeur Dolbeau, qui a l'ait usage du spliyginogniplie pour étudier l'état des artères de la jambe, cliez les malades atteints de maux perforants, a obtenu des résultats : il a vu qu'il y avait un affaiblissement des battements des artères et un tracé spbygmograpliiqua spécial aux ossifications artérielles sur le membre au pied duquel il existait un mal perforant; ici l'on ne peut d'une manière absolue dire, comme précédemment, que le mal des artères est un effet et non une cause du mal perforant, mais on peut se demander pourquoi un malade aurait des ossifications artérielles dans un seul membre, ce qui est obligatoire si le malade n'a de mal perforant que d'un seul côté. Néanmoins, je suis tout prêt à accorder qu'un trouble vasculaire quelconque peut être un obstacle à la nutrition d'un membre, et que ce peut être une cause de maladie du pied, mais de maladie quelconque. Je comprends bien la gangrène par artérile, un caillot formé sur une ossification artérielle et poussée jusqu'aux capillaires artériels, mais une lésion analogue limitée au derme qui supporte un durillon me paraît plus difficile à concevoir.
La dernière théorie proposée a été formulée incidemment par 'M. Dolbeau, qui attribuait à des troubles des nerfs vaso-moteurs les ossifications artérielles précoces qui existeraient chez les malades atteints de mal perforant; elle a été élendue par M. Duplay, qui, de son côté, attribue le mal perforant à une cause prédisposante d'origine nerveuse. Les nerfs sensitifs seraient altérés et causeraient des lésions trophiques de la peau au-dessous du durillon. L'insensibilité notoire de l'ulcère et l'insensibilité des parties voisines sont invoquées par M. Duplay comme une preuve des troubles nerveux. Je n'y contredis pas, mais ici encore il ne faut pas prendre l'effet pour la cause. Les durillons sont insensibles aux excitations, et la peau, épaissie dans le voisinage, a perdu également de sa sensibilité; mais le durillon cause toujours de la douleur pendant la marche, au même titre que le cor, et je ne vois pas l'insensibilité du membre évidente. Je crois que la marche forcée, la pression constante sous la plante d'un pied dont les saillies sont pourvues de durillons, et qui ne sue point abondamment, déterminera fatalement un mal perforant; que si tous les sujets qui marchent beaucoup n'ont point de mal perforant, c'est que tous ces sujets n'ont point la plante du pied sèche, et que' beaucoup de ceux qui commencent à souffrir des durillons sous les pieds changent de profession ou se ménagent, ou bien encore placent dans leur chaussure des plaques prûtectrices (jui empêchent le durillon de devenir un mal perforant.
L'incurie des malades est la cause réelle du mal perforant. Une consi-
DESI'HKS.
CIO ni:S MALADIKS OCCASIO-NNÉKS
dcralioii encore doil intervenir : il csl positif que le mal perforant n'exisip. pas chez les gens du monde, tel au moins que nous le voyons chez les ouvriers soumis ix un rude laheur. Personne n'a publié un fait relatif à un homme dans l'aisance (1). Or, l'alcoolisme, les dégénérescences calcaires des vaisseaux, les lésions nerveuses n'ont aucune raison de respecter exclusivement les gens qui ne marchent point, ets'il est vrai que des gens du monde ont des durillons sous les pieds (et je crois que ce sont ceux qui ne transpirent pas assez des pieds) (2), ils se les font soigner, ils ne marchent presque plus, et le mal ne devient jamais un mal perforant. Enfin, il est prodigieusement rare que le mal perforant existe chez la femme : on en a cité un seul exemple contestable, et il est absolument impossible que des lésions vasculaires et nerveuses, qui causent le mal perforant, n'existent que chez les hommes. Dirai-je enfin qu'on a vu nombre de vaisseaux incrustés sur des cadavres qui ne présentaient pas trace de maux perforants.
Il y a quelques maux perforants qui n'ont pas été précédés d'un durillon, et les faits de ce genre ont été exploités pour appuyer la théorie des lésions vasculaires ou nerveuses, qui seraient la cause première du mal perforant. Lorsque le mal débute par une ampoule, au-dessous de laquelle existe une escbare, dont la réparation lente donne à l'ulcère les caractères du mal perforant, on est bien obligé de reconnaître que le ma! n'est pas exclusivement causé par les effets progressifs des marches proongées. Ces variétés de maux perforants existent au talon, et ils reconnaissent néanmoins pour cause une compression. En effet, les ulcères du talon, si communs chez les malades traités de fracture de jambe par les gouttières, débutent de la même façon, et si l'on n'y prend point garde, ces ulcères deviennent des maux perforants. J'ai vu un vieillard de soixante-dix-sept ans, atteint de paralysie agitante, qui fut négligé dans une maison de santé, et dont les deux talons furent atteints de maux perforants; le mal siégeait rigoureusement sur les points du talon qui reposaient sur le lit, il avait débuté par une rougeur vive, puis la production d'une ampoule, au-dessous de laquelle il y eut une eschare, et lorsque celle-ci fut tombée, il y eut une absence de réparation tout cà fait caraclorislique, et malgré les soins les plus scrupuleux, les bords de l'ulcère s'in
(1) M. SécUllot dit avoir vu ua inspecteur des finances aisé cl.cz lequel il a couslaté un niai perforant. Cet exemple est peul-ôtre unique et il n'est pas d.t s. e malade e... Krand marcheur. Sédillot, (Conlribations à la chirurgie, Pans, t8b9, t. I, p. b34.)
(^->) Depuis la publication de cette le,on, j'ai recherché s'il y avait une différence entre ,,. ied7 es malades qui suent beaucoup et ceux qui ne suent pomt, et j a. trouve q l.eux qui ne suaient point avaient l'épidermc épais, calleux ot souvent des dunlh.»
ous la plante des pieds.