‹ La chirurgie journalièreChapitre 75 sur 80 · DES MALADIES OCCASIONNÉES PAR LA MAUCUE ET LA STATION DEBOUT (SUITE · texte numérisé non relu

DES MALADIES OCCASIONNÉES PAR LA MAUCUE ET LA STATION DEBOUT (SUITE

Sommaire. — D'une maladie chirurgicale causée par la station debout. — De la contusion chronique du talon. — Discussion de la théorie des causés du mal. — — Traitement.

Nous avons vu dans le service, à quelques mois de dislance, deux malades qui présentaient une douleur vive dans un talon, où l'examen le plus scrupuleux ne permettait de constater aucune apparence de lésion, point de tuméfaction, point de rougeurs, rien enfin qui pût faire supposer une inflammation aiguë ou chronique.

■ Voici les faits :

' Obs. I. — B. M... (Gustave-Cliarle.s), gardien de la paix, âgé de vingt-sept ans, petit de taille, blond, attaché au service des gardiens de la paix depuis deux ans, au sortir du service militaire, est entré à l'hôpital Cochiii le 28 octobre 1873.

Depuis six mois, il éprouvait dans le talon, du côté droit, une douleur qui disparaissait par le repos et augmentait par la station debout. II avait pris, d'abord cette douleur pour de la fatigue. La pression sous le talon était peu douloureuse, on pouvait appuyer assez fortement sans que le malade souffrit. Pendant la station debout, le malade ressentait sa douleur, et elle augmentait, au point que le malade avait été obligé de s'arrêter déjà plusieurs jours de suite. Mais il avait résisté; il avait repris son service^ et enfin, de guerre lasse,' il était entré à l'hôpital.

Le talon n(^ présentait aucune apparence do lésion. SeuIcmenI l'épidcrine et la peau des talons étaient relativement d'une épaisseur moindre qu'à l'étal normal. Ce malade suait habituellement des pieds. .' ■ ' ' : r' ' ].e malaide a été traité par le repos et a guéri. Mais à peine avait-il repris son service que le mal reparut. Trois jours après sa sortie de l'hôpital, il y rentra, le 11 décembre 1873. Il séjourna à rhô|)ital pend;uit d(Mix mois; des

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applicalions de teinture d'iode sur co talon, et surtout le repos prolongé, amenèrent la guérison. Le malade put reprendre son service le 24 février 1874. Seulement je lui conseillai de porter des chaussures épaisses et de placer, dans son soulier, une semelle en caouldiouc par dessous une semelle en paille.

Celle année, ce malade était encore dans le service, il était enlré au mois de septembre 1874, et cette fois c'était le talon du côté gauche qui le faisait souffrir. L'état des parties était le môme que du côté opposé. Il n'y avait aucune apparence de lésion. Le 8 février, le malade est parti, n'étant pas encore complètement guéri, mais il pouvait néanmoins marcher. Ce malade était eu instance pour obtenir un changement de position dans sa profession.

Pendant le cours de l'année dernière, nous avons vu un autre malade qui présentait la même maladie. C'était encore un gardien de la paix qui était garde depuis quatre ans. Il éprouvait dans le talon droit, depuis plusieurs semaines, une douleur qui avait été améliorée par le repos. Ce malade, comme le précédent, avait vu la douleur survenir peu à peu, sans qu'il pût la rattacher à une chute ou à un coup. On ne voyait et l'on ue sentait aucune lésion apparente du talon, du côté malade, comparé à celui du côté sain. La pression simple n'était point douloureuse, mais la pression forte et prolongée causait une douleur assez vive. Il n'y avait pas de sueur des pieds abondante, mais la peau des talons était peu épaisse.

Ce malade est resté quinze jours dans nos salles et a été amélioré rapidement. Je lui ai prescrit une chaussure cà semelles très-épaisses avec une semelle en caoutchouc dans son soulier. Ce malade est revenu à la consultation, et il a pu continuer son service.

Un troisième malade (1) s'est présenté ces jours-ci à la consultation. C'est un gardien de la paix comme les deux autres. C'est un homme solide, âgé de quarante et un ans, qui est gardien de la paix depuis sept ans. il éprouve les mêmes douleurs que les malades précédents; son talon gauche ne présentait aucune lésion apparente et était entièrement semblable au talon sain. L'épiderme était peu épais. Ce malade ne sua.t pas très-abondamment des pieds. Il n'avait point eu de rhumat.smes ; il n'éprouvait aucune variation dans ses douleurs aux changements de

saison. ,, Le repos a été prescrit pendant six semaines, et il portera une semelle

en caoutchouc dans son soulier avec une semelle de paille.

En examinant bien le caractère de la douleur, une douleur que les

malades comparent à la sensation causée par la compression de la chaus-

(t) L'observation de ce malade est publiée plus loin.

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