PAR LA MARCHE ET LA STATION DEROUT
sure sur les orteils et à une sensation de chaleur et môme de brûlure, on arrive à conclure que la douleur est la douleur propre à la contusion par compression, dont Yelpeau a donné la description dans sa tlièse de concours sur la contusion (1). Étant admis ce premier point, et en considérant que le mal existe chez des malades qui restent debout des heures entières, on peut établir que la maladie est une contusion profonde par pression intermittente.
Mais il s'agirait de préciser le point où la contusion exerce ses effets :
Est-ce sur la peau? Non certes, car on sait que les pressions intermittentes sur les pieds produisent, au niveau des articulations sur la face dorsale des orteils, des cors, et sur leur face plantaire, des durillons et même des maux perforants. La contusion du talon, portant ses effets sur la peau, devrait y déterminer la pi'oduction d'un durillon et, plus lard, d'un mal perforant. Des exemples de cette lésion ont été vus d'ailleurs.
Est-ce le périoste qui supporte le poids de la compression? Non, car il en résulterait une périostose qui envahirait le pourtour de l'os et se traduirait à l'extérieur par du gonflement. Les fibres tendineuses des courts fléchisseurs des orteils, confondus avec le périoste, ne paraissent pas davantage être le siège de la contusion. Mais il y a entre le derme et la peau du talon et l'os un tissu fibreux aréolaire qui emprisonne des lobules de graisse très-dense. Ce tissu cellulo-graisseux est relativement plus vasculaire que le tissu adipeux des autres régions, et il est baigné d'un liquide peu abondant, voisin du liquide des bourses séreuses et qui mouille les doigts pendant la dissection. Ce tissu a une vie spéciale, qui tient à la fonction. C'est sur cette partie que porte la confusion. La compression y cause sans doute une modification que l'on ne peut pas encore étudier, puisque jusqu'ici on n'a pas eu d'autopsié. Je pense qu'il y a une lésion de nutrition du tissu adipeux cellulo-graisseux sous-cutané.
Une douleur siégeant rigoureusement sous le talon, n'existant qu,e pendant la marche. et accrue par la marche, aucune lésion extérieure: tels sont les caractères de la maladie dont vous avez pu voir deux spécimens remarquables. Le mal siège à un seul pied, et il peut atteindre successivement l'un et l'autre talon. Le repos fait cesser les douleurs avec rapidité, mais la marche est douloureuse et pénible pendant un temps plus ou moins long. Les malades sont obligés de rester assis ou couchés une partie de la journée pendant le traitement.
L'examen du talon ne révèle rien de particulier; il n'y a point de gonflement, point de rougeur. La pression sur le talon n'est pas douloureuse,
(I) Vcipeim, np 1(1 conlusion, tlièsp de concours du professorat, Paris, 1833.
(;-21. UES MAUDlliS OCCASIONNÉES
et cependanl si l'on presse assez fort avec le bout du doigt sous le lalou, on délermiiie une douleui- assez vive, sur la l'aee inférieure de la tubérosilé poslcrieiu'c du caleanéuni, au point précis on celte partie osseuse porte sur le sol pendant la station debout.
A l'appui des propositions précédentes, je signalerai un lait intéressant, tendant à démontrer (pie la maladie présentée par les trois sergents de ville est bien une contusion. Nous avons eu dans le service, cette année, un valet de chambre âgé de vingt-neul' ans, qui est entré dans nos salles pour être traité des suites d'une chute ([u'il avait faite en tombant (fuiie échelle sur les talons. Ce garçon était tombé d'une hauteur de 2 mètres environ.
A partir de la chute, le malade avait éprouvé une douleur dans le talon droit, et il lui avait été impossible de marcher et de se tenir debout. An moment où il est entré à l'hôpital, le talon ne présentait aucune lésion apparente; il n'y avait d'ecchymose nulle part. La face inférieure du talon était un peu douloureuse à la pression. Mais pendant qu'il était au repos, le malade n'éprouvait aucune souffrance. Comme ce garçon était à l'hôpital en même temps que le premier gardien de la paix, dont vous connaissez l'observation, nous avons pu constater que l'état de leur talon était identiquement le même. Ce malade a été amélioré assez rapidement par le repos, mais nous l'avons perdu de vue, car il a dû être expulsé de l'hôpital à la suite d'une querelle.
Je veux répondre d'avance k une objection. Pourquoi, dira-t-on, le mal n'occupe-t-il qu'un seul talon? Il en est de la contusion du talon connue de ce valgus accidentel que l'on appelle la tarsalgie, et qui existe le plus souvent sur un pied. Mais cette comparaison n'est pas suffisante, il faut rappeler une attitude physiologique de l'homme pendant la station debout. L'homme ne porte jamais sur les deux pieds à la fois, pendant longtemps, à moins qu'il ne soit appuyé. On porte le poids du corps sur une seule jambe, et alternativement on change. Toutefois il y a un membre qui travaille plus que l'autre, et les cordonniers intelligents n'ignorent pas cette habitude. C'est généralement le membre inférieur et le pied droit qui travaillent le plus. Cette simple remarque suffit pour expliquer comment et pourquoi un pied est attaqué avant l'autre. On trouve d'ailleurs la vérification de la théorie dans l'observation du garde B. M..: Il est d'abord atteint de son mal au pied droit. Puis, après la guérison de ce côté, il est pris du même mal au talon gauche. Il est évident que B. M..., en reprenant son service, a ménagé son pied droit cl a fait travailler outre mesure son pied gauche, et comme ce garçon avait toutes les causes prc-
l'AR LA MARCHE ET LA STATION DliliOlIT. 625
disposantes favorables à la production du mal, le talon gauche est trèsrapidement devenu malade.
Il y a des causes prédisposantes l'i la contusion du talon par la marche. Les pieds cambrés, les sujols à pied petit, dont la peau est peu épaisse, et (fui suent abondamment des pieds sont les plus exposés. Depuis que j'ai étudie cette maladie, en eiïct, j'ai bien remarqué que les malades qui ne suaient pas abondamment des pieds étaient prédisposés au mal perforant, tandis que ceux qui suent beaucoup n'ont jamais de cors sous les pieds et sont plus exposés à la contusion du talon. Il y a aussi une cause déterminante, c'est l'usage d'une chaussure peu épaisse et les marches prolongées sur du pavé inégal et des cailloux. Vous l'avez remarqué, ce sont trois sergents de ville qui ont présenté la contusion du (alon; tous trois habitent les arrondissements voisins de l'hôpital, où il y a plusieurs rues très-mal pavées. D'ailleurs le service y est pénible pour les gardiens de la paix câ cause des longs parcours. Vous n'oubliez pas non plus que les factions des gardiens de la paix sont de quatre heures consécutives, pendant lesquelles l'hojnme doit rester debout ou marcher. Ce service exige des hommes très-robustes et d'une résistance énorme-à la fatigue. Il faut avoir es pieds appropriés à la profession.
Il y a dans une thèse de Paris en 1875, faite sous l'inspiration des faits de mon service et de l'interprétation que je leur ai donnée, une observation de talon douloureux chez un malade atteint de blennorrliagie.
L'auteur de la thèse, M. Fabre, attribue cette douleur du talon à une inllammation de la bourse séreuse normale, située sous le calcanéum. Je ne nie point que cela soit exact, et je reconnais parfaitement que h bourse séreuse sous-calcanéenne s'enflamme ; mais on ne saurait dire que les talons douloureux dont je viens de vous rappeler les observations soient des inflammations de la bourse séreuse en question, car il n'y avait chez mes malades oucune rougeur et aucun gonflement, tandis que chez le malade de M. Tillaux, dont parle M. Fabre, il y avait de la rougeur et du gonflement. On pourra donc arriver au diagnostic différentiel entre la contusion chronique du talon et l'inflammation de la bourse séreuse sous-calcanéenne, grâce à l'absence de gonflement et de rougeur, qui n'existent que dans les cas d'inflammation de la bourse séreuse sous-calcanéenne.
Voici un fait récent, observé depuis le moment où cette leçon a été faite, qui montre jusqu'à quel point il est difficile de dire si la contusion du talon existe, ou s'il y a simplement inflammation de la bourse séreuse. Voici l'observation :
gae DIÎS MALADll'S OCCASIONNIiKS
Obs. 11. Conlimon chronique du talon. ( Obscrviiliou i-ecueillie par M. lîuacourt, inlcnio du service.) - noinouf (Ediiioud), Sgé de vingl-lrois ans, esl entre le 19 juin 187(3 à l'iiôpitiil Cocliin, se plaignant de douleurs au niveau du talon gauche, pendant la marche et la station debout.
Ce malade, couché au n° 10 de la salle Cocl.in, est garçon épicier depuis vme huitaine d'années; son état nécessite la station debout pendant un temps trèslong de la journée, et l'oblige à mouler et descendre souvent les escaliers.
n est blond, a la figure pâle, et est d'un tempérament lymphatique.
11 y a trois ans, il a eu une blennorrhagie qui a duré trois ou quatre mois environ Depuis cette époque, il était resté un léger écoulement qui ne se montrait que le malin, quand, il y a un mois, il s'est reproduit avec plus d'intensité, ma» sans douleurs. Cet écoulement dure encore en ce moment (27 jmn 18/0).
Vu mois de juillet 1874, comme il montait un escalier en portant un fardeau sur ses épaules, son pied tourna et subit un mouvement forcé d'adduction. ' Du o-onflement et de la douleur se montrèrent le soir même. Ne pouvant plus HKircher sans douleur, le malade alla à la consultation de l'hôpital Sai.U- Antoine; des compresses d'eau chaude et le repos lui furent ordonnes. Au bout de cinq semaines, la douleur et le gonflement ne cessant pas, il alla trouver
une rebouteuse. i ■ ,i
Un mois après, grâce à l'effet du temps, il sentit du soulagement; malgré ccl.,
la marche était encore un peu pénible ; mais ce qu'il faut noter, c'est que la douleur
n'existait pas sous le talon, locaHsée qu'elle était dans l'articulation tibio-tarsienne. Pendant tout ce temps, il continuait son travail. Il quitta Pans pour aller a
Lyon où il continua son état de garçon épicier.
Vers le mois de juin 1875, les douleurs dans les chevilles cessèrent a peu
près complètement; en effet, elles existaient un peu le matin, pour d.sparaitiv
ensuite dans la journée.
Re,e„u à Paris au mois d'oclobre, les douleurs recorameurereat, siegeaal, „e„da„. la marche, dans les ariioulatioas du ta,.e 0. lil-io-.arsie„„e : ouleurs Irès-vives le forçant à s'arrêter et à s'asseotr. Pendant la nu.l, elles d,»|.a,a,>
salent complètement. ,
Il V a trois semaines, il tut forcé de quitter Par.s pour aile vo, sa mue ,„ Lde à la Ferté-sous.Jouarre. De la gare ,lu chemin de fer à la nratson de » lûêrMe chemin est long; il marcha pendant une heure et quart e„..ron. l,lendemain, il m le même trajet également a pied.
Le iour suivant, voulant reprendre son travail, il fut surpris de ne pas se t ,a do " r dans i; cou-do-pied. Kile siégeait dans 1. talon, «it tres-viv , ■ or ail i marcher sur la pointe du pied; pendant la nuit, elle disparaissait. :„ R idant une huitaine de jours, cl c'est alors que « douleur du talon ne disparaissait pas, il se décida i\ entrer a 1 hôpital t.ochm.
2 il . Le talon était alors un peu augmenté de volume. Quand on e«an,„i,. ,0 ^ rativement les deuv pieds sur la face dorsale, on ne trouve pas ,u,l >
l'Ail LA MAUCHK ET L\ STATION DEBOUT. C'27
de différence; pas de goiilleiiient de piirt el d'autre ù ce niveau. A l;i l'ace (danlairo, ou trouve une différence : un léger gonllenienl existe, du côté gauche, au niveau du talon. Les mouvements dans les arliculalions tibiotarsienne et du tarse sont libres et non douloureux; lapressioii n'éveille pas non plus de douleurs eu ces endroits. Mais il n'en est pas de même du côté du talon ; voici ce que l'on constate : lout à fait à la partie postérieure, ainsi que sur le bord externe, il n'y a aucune douleur; mais à 3 centimètres environ en avant, sous la tubérosité postérieure du calcanéum, la douleur est vive à la pression; elle ne présente pas d'irradiations; elle cesse sous la voûte plantaire, pour se montrer encore à la partie interne.
A son entrée à l'hôpital, ou avait appliqué au malade un appareil silicaté, qui fut enlevé le 27 juin.
A partii- du 27 juin, on met des cataplasmes et on fait garder au malade le repos absolu au lit. Le gonflement diminua un peu, mais non comidétemenl, et les douleurs se calmèrent uu peu.
7 juillet. La pression forte est bien moins douloureuse.
Du 7 juillet au 1" août, il n'y a rien de particulier à noter, si ce n'est que la chaudepisse a disparu.
Au l'^'- août, il y a encore un peu de gonflement et une légère douleur à la pression forte sous le talon.
Au septembre, l'état est encore le même : gonflement évident, douleur presque insigniliante à la pression.
Le 10 septembre, le malade va très-bien, il demande à marcher pour essayer s'il peut se tenir debout.
Le 15 septembre, il est repris de sa douleur au talon, et cette douh^ur croit de jour en jour.
Le 10, le malade reprend le lit, et nous allons lui faire porter une semelle métallique, et il va changer de métier.
L'interprétation de ce fait est fort difficile : est-ce une contusion du talon chez un malade prédisposé par une entorse antérieure, ou bien est-ce une inflammation chronique de la bourse séreuse liée à une blennorrhagie. La première hypothèse est très-admissible. En effet, nous savons que les hygroma des bourses séreuses préroluliennes, chez les couvreurs et les parqueteurs, sont indolents, et que la bourse séreuse ne les empêche, pas de continuer à rester des heures entières sur leurs genoux. Pourquoi alors, dira-t-on, cette contusion chronique du talon est-elle survenue? tous les jours on voit des marches forcées ne causer aucun accident semblable. Il ne faut pas hésiter à mettre sur le compte de l'entorse antérieure et du travail debout trop tôt repris cette contusion chronique. Ajoutons enfin que cette observation prouverait encore que la douleur n'a jia.s
It!
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(le relaliolis avec, un état général rhumatismal, puisque le mal existe à un seul pied, et sur celui du côlé où il y a eu une entorse.
Avant que l'attention ait été appelée sur le talon douloureux et que la contusion ait été considérée comme la véritable cause du mal, les médecins, çà et Icà, ont rencontré des talons douloureux, et ils ont mis banalement sur le compte du rhumatisme une maladie dont ils n'avaient point saisi la cause ; mais dès le principe on pouvait contester cette interprétation à laquelle, cependant, plusieiu-s médecins semblent se rattacher. En effet, propre des douleurs rhumatismales est de présenter des variations aux ...angenients de temps et de saison, et malgré l'insistance que j'ai mise à nterroger les malades sur ce point, jamais je n'ai pu obtenir une réponse favorable cà la supposition d'un élément rhumatismal. D'ailleurs, le caractère de la douleur est d'être continue, aussitôt que les malades marchent; et lorsque, au repos, les malades souffrent, ils ont une douleur continue comme des brûlures et des picotements sans aucune exacerbation. Les malades, toutefois, ont accusé des douleurs rhumatismales dans leurs i.ntécédents; trois fois sur huit, les malades avaient eu quelques douleurs dans une épaule, mais aucun cependant n'avait eu de rhumatisme articulaire, ni même de rhumatisme musculaire étendu à plusieurs muscles. Les antécédents, certes, expliquent l'erreur de ceux qui mettent sur le compte du rhumatisme la douleur du talon. De la distinction que j'établis ici vous pouvez tirer les éléments du diagnostic différentiel entre la ..-outte et la contusion chronique du talon; le mal, en effet, est caractérisé par une douleur continue qui existe tant que le malade marche, et plus tard par une douleur qui existe même pendant le repos, mais qui ne présente aucune exacerbation. La goutte ou le rhumatisme goutteux, auxquels plusieurs médecins ont songé, apparaît d'ordinaire sur les orteils el ne débute jamais sur le talon. Le siège du mal éloigne donc a pnon
toute idée de goutte.
On objectera sans doute à la théorie de la contusion chronique du talon que tous les sergents de ville, repasseuses, douaniers, allumeurs dr réverbères, garçons épiciers, n'ont pas de contusion chronique du talon. Je renverserai ïa question pour l'adresser à ceux qui font de la contusion rlironique du talon du rhumatisme, et je leur dirai : Pourquoi tous ceux qui sont rhumatisants et qui ont une profession où ils restent toujours debout u'ont-ils* point tous le talon douloureux ? Il est évident que la contusion
du-onique du talon a une cause déterminante, l'usage dune cliaussui. ,,n blesse le talon ou la marche accidentelle ^--P^^ l''
accidents causent une douleur que les malades negl.ge.nl, et c est la con-
l'Ali LA MAUCIIK KT LA STATION DKBOlIT. (i-2!»
tiiuiilé lie la slation (leboiil qui aggTiivo le mal et le l'ail passer a l'étal chronique.
Traitement. — La contusion du talon est susceptible de guérison, mais elle est sujette à récidive.
Le traitement consiste d'abord dans le repos prolongé, les cataplasmes émollients et la marche réglée, de façon à ce que le talon ne porte pas sur le sol. 11 y a des malades pour lesquels il ne suffit pas et pour lesquels le changement de profession est indispensable. C'est le cas de notre premier Uialade. Ses pieds ne lui permettent pas de faire le travail de gardien de la paix.
Chez les malades qui sont soumis à temps au repos, il faut encore prévenir le retour du mal. Une semelle en caoutchouc, placée dans une chaussure à semelle épaisse, avec une semelle de paille sous la chaussette, est ce qu'il y a de mieux à employer, car on place ainsi sous le pied une couche de tissu élastique qui remplace la peau et le tissu cellulo-graisscux de la plante du pied.
Quelques malades pensent que, en portant des chaussons rembourrés a semelle plate sans talon, ils obtiendront un soulagement. Cela est une grosse erreur que partagent les malades atteints de valgus accidentel. Piien n'est plus mauvais. Il est bon que le médecin en soit^prévenu.
Chez les malades âgés et latigués qui se livrent à un travail peu pénible, on peut leur permettre de vaquer à leurs occupations en appliquant sous le talon une couche épaisse de ouate et en plaçant sur le membre un appareil inamovible remontant jusqu'à mi-jambe. Mais c'est seulement au moment où débute ce mal que six semaines ou deux mois de ce traitement guérissent les malades des douleurs aiguës; mais il faut ensuite leur faire porter des semelles élastiques dans leur chaussure pendant longtemps, et les malades doivent renoncer à toute marche forcée.
Préoccupé de permettre la marche aux malades atteints de contusion chromque du talon, que le temps et le repos absolu sont seuls susceptibles de guérir, et afin de ne point condamner les malades à dix-huit mois d'hôpital, j'ai fait une série d'essais qui m'ont amené à la découverte d'un appared excellent.
J'avais d'abord pensé k des moules de caoutchouc perforés au point où talon est douloureux. Ces moules ont été habilement faits par 3L Calante. Le raisonnement indiquait l'usage de cet appareil. J'ai appris du professeur Richet, à propos d'un malade que nous avons vu ensemble cpie pour obvier à une douleur du talon qu'il attribuait à une névrite dor-
,>;]() DliS MALADIES OCCASIONNÉES
inique, le chirnrgien iivail eu l'idée de placer sous le lalon un coussin en caoutchouc à air, et que le malade avait été soulagé; mais chez le malade que nous avons vu, le coussin à air ne produisait pas de soulagement évident.
J'ai essayé ensuite des semelles de diachylum en six douhles et perforées sous le lalon de façon à foriiier un moule. Ce moule soulageait les malades et leur permettait la marche et la station assez prolongée, une demi-heure ; mais les malades y renonçaient parce que le diachylum ramollissait l'épiderme du lalon et causait des démangeaisons.
Changeant alors absolument de système, j'ai fait construire par M. Colin des semelles métalliques moulées sur la plante du pied. On prend le moule du pied malade, le malade étant assis (car il faut que la semelle moulée emboîte bien la plante du pied) ; sur ce moule, on fait une semelle qui doit s'étendre depuis le talon jusqu'aux orteils exclusivement et qui ne doit pas dépasser de plus d'un centimètre le bord externe du pied, tandis
qu'elle doit remonter en dedans assez haut sur la face interne du pied
(voyez page 632, la figure 35).
La semelle doit être en cuivre et nickcUée ou étamée, et lorsque l'on peut
y mettre le prix une semelle en aluminium vaut mieux, car cette semelle
légère ne pèse que 73 grammes, quoique son épaisseur soit de plus de "2
millimètres. , .
L'idée qui a présidé à l'invention de la semelle métallique était la nécessité de disséminer sur toute la plante du pied le poids du corps. Les pieds cambrés, en effet, ne pèsent que sur le lalon, la tête des métatarsiens et l'extrémité postérieure du cinquième métatarsien, et comme jusqu'ici je n'ai observé la contusion chronique du talon que sur les pieds cambrés, l'indication était très-précise. Quant à la possibdité de faire marcher artificiellement les malades sur la plante des pieds, elle était démontrée par ce fait que les malades atteints de pieds plats deviennent avec le temps de bons marcheurs.
L'usage et le succès relatif de la semelle métallique m'ont permis encoiv d'établir que cette semelle métallique moulée agil pendant la marche comme un bandage compressif très-régulièrement appliqué et comme nous avons un exemple où l'usage de la semelle a augmente la faculté de a marche, il faut croire que l'élément compression est une condition de l'efficacité de la semelle métallique.
La semelle, métallique doit être appliquée fortement sous la planl du pied, à l'aide de ruban de fil croisé plusieurs fois sur la ,ambe, comi c 'c.a'.ent autrefois les cordons de soulier des dames sous la Restauration.
l'AH LA MAHCHE KT LA STATION DliltOUT. 031
Lorsque les malades portent des souliers, la semelle doit être placée dans le soulier avant d'y introduire le pied. Mais il faut alors que le ruban de Cû soit placé entre la semelle métallique et la semelle de la chaussure, cl aussitôt le pied placé dans la chaussure, on serre les rubans de fil comme il est dit, de laçon à bien appliquer la semelle métallique sous la plante du pied.
Une fois déjà cette semelle métallique a été appliquée sur un malade dont voici l'observation :
Obs. m. Contusion chronique du talon. (Observation sig-nalée dans la leçon publiée en partie dans la thèse de M. Fabre.) — Le nommé G... (Jean Joseph), quarante-deux ans, gardien de la paix, entre le 13 avril 1875, salle Cochin.
Antécédents héréditaires excellents, constitution robuste, variole à vingt et un ans, une sciatique droite, dont la durée aurait été de cinquante jours environ, pas de blennorrhagie ni de syphilis. Ses enfants jouissent d'une bonne santé. Ce malade est sergent de ville dans le quartier de l'avenue d'Orléans el a de longs parcours à faire dans les rues mal pavées.
Le 25 février 1875, ce gardien de la paix s'aperçut qu'il souffrait sous le talon gauche et qu'il y éprouvait des élancements. C'est en commençant sa journée qu'il s'aperçut de son mal, il n'avait fait lu chute ni faux pas.
La douleur prit un caractère de persistance et d'acuité de plus en plus grand ; le malade ne pouvait plus faire ses gardes, et le repos lui procurait un soulagement presque immédiat.
Le malade vint à la consultation de l'hôpital Cochin, ofi il fut envoyé par le médecin du corps des gardiens de la paix. M. Després prescrivit quarante jours de repos. Le malade en éprouva un soulagement marqué, mais silôl qu'il voulut reprendre son service, les douleurs reparurent pendant la marche^ et le malade se décida à entrer à l'hôpital Cochin.
Le pied gauche, qui est très-cambré, comme le pied droit, n'est nullement détonné; la comparaison avec le pied sain n'indique aucun changement. L'épiderme du talon des deux pieds est peu épais; le malade dit qu'il sue souvent el facilement des pieds. L'épiderme est fendillé irrégulièrement dans ses couches superficielles, et cet état rappelle les contours d'une carte géographique (ce qui est un indice de la sudation abondante des pieds, suivant M. Després).
Le talon, qui est le siège de la douleur, n'offre aucun changement de couleur, mais les pressions y réveillent une sensation douloureuse, dont le siège précis ou plutôt maximum est sur la ligne médiane et tout à fait à la partie postérieure et inférieure du talon gauche. La palpation ne révèle aucun changement de consistance.
La sensibilité thermique et la sensibilité à la douleur sont conservées, mai.s elles paraissent moins parfaites du côté malade que du côté sain.
Le malade n'éprouve aucune exacerbalion de ses douleurs aux changements
(532 HES MAUDIKS OCCASIONNÉES
de leiupéraliii'e ; il accuse (luelques douleurs vagues sur le dos du pied, douleurs assez seinblaljk's à celles qui existeut. chez les malades atteints de tarsalgie, et qui tiennent à une certaine fatigue du pied, car, lorsque les malades sortent de leur lit, ils marchent sur la pointe du pied.
Après un mois de séjour à l'hôpital, le malade, (jui est resté au lit ou assis •sur une chaise sans porter le pied à terre, ne souH're presque plus lorsque l'on presse sous son talon, mais il ne peut se tenir debout sans souffrir.
Après si.x mois de séjour à l'hôpital, les douleurs pendant la marche ont diminué; mais M. Després pense que le malade devra changer de métier et prendre un métier assis.
La maladie ne; fit plus de progrès à partir de ce moment. C'est alors que M. Després fil sur ce malade une série d'essais successifs, cités plus haut, qui le
TiG 3.^). - Semelle métallique moulée, pour remérlier à la douleur de la çontusiou chroniriue du talon, maintenue en place par une bande.
conduisirent à faire porter au malade une semelle métallique, moulée sur la •plante des pieds, et fixée au pied par une bande (ûg. 35). Cette semelle a été app li- -quée Ie3 juin 1876 au malade, et il put non-seulement marcher une heure de suite sans souffrir, mais encore se porter sur son pied gauche, pendant plus de dix minutes de suite, sans souffrir, et comme contrôle, en laissant le malade pied „u il est facile de constater que m la marche ni la station debout ne sont possibles sans la semelle métallique. Le malade peut marcher six heures, avec des intervalles de repos toutes les heures. Ce résultat est aussi satisfaisant que possible et il Y lieu de penser qu'il y aura encore du mieux avec le temps. ' Au' mois de juin 1876, le malade était tellement satisfait qu'il a voulu rester debout une journée entière avec sa semelle métallique; la douleur du talon est revenue, mais celte fois tout le pied était douloureux en même temps. Le .naïade est remis au repos prolongé, avec des cataplasmes en permanence et aussitôt que les douleurs auront diminué, il recommencera a marcher, ma,. wne heure <le suite seulement.
l'.VU LA MAUCHE ET IX STATION DEBOUT. bS^ Nous avons remarque dans c(i nmladc l'influcnciî de la grande chaleur qui, chez lui comme chez tout le monde, lait gonfler les pieds dans les chaussures.
Voici enfin d'aulres faits de contusion chronique du talon :
OtîS. IV. Coniitsion chronique du lalori (gauche, puis droit). — R... (Louis- Ilonoré), imprimeur eu taille douce, entre le 16 août 1875 à l'hôpital Cochin.
Père l)ieu portant, mère morte d'un cancer du sein, frères et sœurs en bonne santé. Comme maladies antérieures : variole et rougeole dans l'enfance, pneumonie en 1874. Douleur à l'épaule en 1873, ne pouvant guère être mise sur le •compte du rhumatisme, le malade l'attribue à un travail forcé que sa profession l'obligea à faire à cette époque.
Ce malade est imprimeur en taille douce, il circule toute la journée sur •l)lace, dans un emplacement qui n'a pas plus de 1 mètre, allant de sa presse à ■la table oi!i il noircit sa planche. Par suite de l'usure, le sol, dans cet étroit ■espace, est inégal; de plus, le malade est chaussé avec des galoches usées i pivote sur les talons environ cinq cents fois par jour [sic]).
Au mois d'avril 1875, il a commencé à ressentir une douleur très-vive au niveau du talon gauche, rappelant celle que ferait éprouver une marche prolon- :gée sur des cailloux; quatre jours après environ, le talon droit devenait le siège des mêmes symptômes. Cette douleur augmentait dans la station verticale; bientôt cette position devenait impossible, et le malade ne trouvait du calme i|ue dans le repos au lit; il y aurait eu, en même temps, d'après le dire du malade, un gonflement appréciable au niveau de la face interne de la région lies talons, gonflement qui aurait en partie masqué l'excavation, la cambrure qui existe à ce niveau; le malade essaya pendant quelque temps de lutter contre cet état : il se reposait huit jours, puis reprenait son travail pendant cinq seulement, mais le mal empira tellement qu'il dut cesser tout exercice. C'est à ce moment-là qu'il consulta un médecin, qui lui dit qu'il avait les pieds plats et lui ordonna des frictions avec de l'alcool camphré; aucune amélioralion consécutive, si ce n'est par le repos.
Las d'être dans cet état, le malade se fit admettre à la Pitié, dans le service de M. Desnos, oi!i il fut traité comme rhumatisant ; il séjourna à l'hôpital six .semaines, pendant lesquelles on lui fit des applications locales de teinture d'iode, de vésicaloires. Bains sulfureux, douches. Le malade n'avait pas recouvré la santé au moment où il sortit de l'hôpital, et l'expérience de la marche était toujours pour lui cruelle, bien que les douleurs fussent un peu moindres. -Après quelques jours passés chez lui, et pendant lesquels il essaya en vain de reprendre son travail, il fut adressé à M. Després, à l'hôpital Cochin.
An moment de l'entrée, le 16 août 1875, nous constatons les symptômes suivants : cambrure du pied peu accusée, mais on ne peut pas dire que le malade {lit les pieds plats; pas de gonflement ni de rougeur. Douleur à la pression, îissez vive au-dessous de la tubérosité postérieure du calcanéum des deux pieds,
{531 DliS iMALADIKS OCCASION NÉKS
surtout cil nvant de. collo-ci, on se rapprochant de la partie moyenne de la faœ |»lantaire; pcndani la niardio, c'est dans ce dernier point que siégeait l'élément douloureux. Dans le dccuhitus horizontal, la douleur à la face postérieure du talon se réveillait chaque fois que les pieds reposaient sur ce point dans le lit. Un peu de déformalion au niveau du côté interne de la lubérosité interne du calcanéum : M. Després attribue ce gonllemeiit à une surcharge graisseuse. Pas de sueurs abondantes des pieds, pas de desquamation épidermique, pas de changement de couleur de la peau. Le malade ne souffre pas aux changements de température. La peau de la plante du pied est fine et ne présente aucune apparence de callosités épiderniiques.
Après un mois et demi de repos au lit, c'est-à-dire le 1" novembre, période pendant laquelle le malade ne s'est levé que pour satisfaire cerlains besoins, on a obtenu un amendement dans les phénomènes douloureux, mais pas suffisant pour permettre au malade de quitter l'hôpital et surtout de reprendre son travail.
Le caractère de ce mal est tout entier dans ce fait que la douleur diminue insensiblement sans rechules et sans variation, à moins de fatigue.
Au mois d'avril 1876, le malade commence à pouvoir marcher plusieurs
heures dans la journée.
Pour activer la guérison, je fais appliquer pendant trois semaines un appareil ouaté silicaté sur les deux talons. L'appareil embrasse le pied et le bas de la jambe.
Le malade en éprouve un soulagement notable; il a fait disparaître des douleurs qui existaient pendant la nuit, à la suite des courtes marches qu'avail faites le malade pendant la journée.
Le 1" mai, des plaques de diachylum superposées, placées sous le talon, avec un trou sous le talon, permettent au malade la station et la marche deux heures de suite, mais il ressent ensuite sa douleur dans les talons.
Ce malade s'apprête à changer de profession, car il ne pourra jamais, comme il le faisait autrefois, rester toute la journée debout.
Le août, 1876, le malade marche une partie de la journée et peut rester debout immobile un quart d'heure de suite : je le considère comme guéri.
Obs. V. Contusion chronique du talon. — En môme temps que ce malade était à l'hôpital, il y en avait un aulre dans le service de médecine de rhôpital Cochin : c'était un allumeur de réverbères.
Obs. VL Contusion chronique du talon. - Voici encore l'obscrvalion d'une malade qui s'est présentée à la consultation de l'hôpital Cochin en novembre 1875 La nommée IL.., soixante ans, blanchisseuse repasseuse, c'est-a-dire travaillant toujours debout, est atteinte depuis trois mois d'une douleur hm.tee sous le talon droit. La douleur, supportable d'abord, est devenue progressivement de plus en plus forte; lorsque la malade commençait à marcher, elle epromait une douleur très-vive ; elle pouvait se tenir un peu .leboul lorsque son
PAU l.,V MAUCIIK ET LA STATION DKBOIIT. 035 l.iod élait écliaulïô, mais au bout de quelques inslants elle n'y pouvait [.lus tenir. Une fois couchée, la malade ne souffrait plus. Les cluuujemenis de temps Il influençaient en rien ses douleurs.
A l'exameu par la pression, on constate une douleur forte au talon. Celte douleur existe à la face interne et à la face inférieure du talon, et le maximum de la doulciu- siège sur la face inférieure du talon, un peu plus à la partie postérieure, où la pression fait crier la malade. Il n'y a d'ailleurs ni rougeur ni gonflement.
Il y a des varices sur les deux jambes. Le pied gauche n'a rien.
Interrogée sur ses antécédents, la malade nous apprend qu'elle a eu un rhumatisme dans l'épaule droite (la malade est droitière). La malade, interrogée à ce sujet, déclare qu'elle suait abondamment des pieds.
Le pied malade a été placé dans un appareil inamovible, avec de la ouate sous le talon. Elle est revenue à la consultation et n'avait pas été améliorée. Un appareil, avec beaucoup plus de ouate, a été placé. Cette femme a été revue en janvier 1876, marchant bien et sans douleur, avec son appareil, quelle gardera encore un mois et plus si cela est nécessaire, après quoi elle portera des semelles de paille sui- une semelle en caoutchouc dans sa chaussure.
J'ai vu en même temps en ville une cuisinière chez laquelle la contusion du
talon était évidente ; elle avait été causée par la marche sur un corps dur et avait récidivé deux ans après. La malade était âgée de soixante-un ans.
A ce fait curieux, j'en joindrai un autre non moins curieux observé à la même époque : c'est celui d'une femme qui était receveuse d'un théâtre en plein vent et restait toute la journée debout.
Obs. vil — Enfin, nous avons vu à la consultation une malade, âgée de quarante ans, forte, qui depuis cinq mois, par suite de changements de position, a pris la profession de repasseuse. Il y a environ un mois, après avoir ressenti de la fatigue dans le genou gauche, elle s'est aperçue que ses pieds gonflaient le soir, et peu à pea elle a soufl"ert dans les deux talons, principalement dans le talon gauche. La douleur, dit la malade, disparaissait par le repos et augmentait depuis le matin jusqu'au soir, au point que, depuis dix jours, elle ne pouvait pas terminer sa journée. Tous les matins elle allait mieux. Le maximum de la douleur à la pression est sous la tubérosité postérieure du calcanéum. Cette malade a été mise en traitement : vingt jours de repos absolu au lit et des cataplasmes en permanence sur le talon. La malade accusait quelques douleurs dans le talon droit, elle doit y appliquer aussi des cataplasmes.
Cette malade a choisi un travail plus doux et a pu se livrer à une profession assise, car le repos a produit une rapide amélioration; elle marche avec une chaussure à semelle épaisse, avec une semelle en pailh; dans la chaussure.
Ocs. VIII. Contusion chronique du falon. — Le nonuné S..., vingt-sept ans, soldat de cavalerie aux spahis, alteint, pendant le service, tU\ syphilis et de
(i3(; DES MALADIES OCCASIONNÉES PAR LA MARCIIIi.
gonuaes, ;i eu pliisiours blcnuorrhagios, la dLM-iiièi'C coiilraclcc il y a huil mois. Dans le cours de celte dernière biouiiorrhagie, il a élé atleint d'arthrite du (jenoa gauche, qui n'est pas encore acliiclienient guérie; ([uinze jours après la diminution de la douleur causée par l'arthrite, aussitôt que le malade put se lover des excès de marche relatifs, entraînèrent une douleur sous le talon droit au lieu d'élection de la contusion chronique. Il n'y eut ni douleur ni gonllemeni d'aucune sorte, sauf que les chevilles de ce côté étaient un peu gonflées le soiril n'y avait rien d'apparent au talon.
Le malade ne souffre nullement lorsqu'il est au repos, il ne souffre que penilant la station debout et la marche.
Le talon malade est enfermé dans un appareil ouaté silicaté serré, et le malade le garde pendant six semaines.
Aujourd'hui il porte la semelle métallique et peut marcher facilement deux heures de suite. Aussitôt qui veut marcher sans sa semelle la douleur dans le talon reparaît.
Cette observation, comme celle du garçon épicier, montre que la blennorrliagie antérieure peut être invoquée comme une cause de la douleur du talon. Mais il serait bon de remarquer que le malade a eu d'autres blennorrhagies compliquées aussi d'arthrite et qu'il n'a pas eu de douleur au talon avant le moment où il a remarqué lui-même qu'il avait fatigué la jambe droite pour soulager la jambe gauche. Il est clair qu'il y a eu une cause déterminante, un excès de marche, laquelle a causé une contusion simple du talon qui a passé à l'état chronique.
Voici la liste des malades observés jusqu'à ce jour et présentant les signes de la contusion chronique du talon, avec la mention des cas où il existait, ou avait existé une blennorrhagie.
Gardiens de la paix -i
Blanchisseuses, repasseuses '2
Cuisinière 1
Typographe )
Garçon épicier (blennorrhagie actuelle) 1
Garçon de café 1
Cuisinier i
Allumeur de réverbères 1
Surveillant de travaux !
Receveuse de chaises aux Champs-lîlysées I
Soldat d'inlanlerie an service depuis un an, employé de magasin auparavant, toujours debout I
Soldat de cavalerie spahis, (blennorrhagie antérieure) 1
Total