ARTICLE III
Des premiers soins que réclame une plaie quelconque .
Il convient de laver ou d’essuyer doucement, les plaies ou blessures qui seraient salies par de la terre , des caillots ou d’autres corps étrangers ; ou irritées par la présence d’épines, de verre, de la chaux , d’une balle, de la grenaille, etc. Il faut enlever tout cela, si on le peut.
Si le sang coule , abondamment ou désagréablement, on l’arrêtera, comme nous l’avons dit, et on pourra se contenter, en général, d’appliquer sur le mal un linge doux , trempé dans l’eau fraîche , et de fixer ce linge avec un mouchoir plié en fichu ou en cravate.
Si la plaie a été produite par une balle , ou qu’elle soit meurtrie et déchirée ,^il n’y a pas autre chose à faire que d’arroser l’appareil , de temps en temps , avec de 1 eau, ou de recouvrir le tout d’un cataplasme, ou d’une épaisse couche de coton cardé , après qu’on l’aura graissé.
On pourra se contenter également de ces moyens simples, si le mal a été occasionné par une brûlure.
Mais si c’est une coupure de sabre, de couteau, de faux, de hache, etc., il y a une autre précaution à prendre : c’est de réunir ou de rapprocher les bords de la plaie , afin qu’ils se soudent plus vite , et que l’air ou tout autre corps étranger , ne puisse pas s’y introduire et irriter le mal.
Ceci sera l’affaire du chirurgien ou d’un homme entendu; mais ce que chacun saura facilement imiter, c’est de placer et de fixer les membres blessés, de telle manière , que l’ouverture de la plaie soit le moins large possible. Le bon sens, un peu de réflexion et quelques légères directions, suffirontpour mettre chacun à meme de remplir ce but important.
Ainsi, il faudra faire fermer les doigts et la main , et les maintenir tels, en les attachant avec un mouchoir, si la plaie est en dedans ; il faudra faire le contraire si cette plaie est à la partie opposée. Si la coupure est au pli du coude ou du jarret, on fléchira le bras ou la jambe; et on les étendra , au contraire , si elle est au coude ou au genou.
Si la blessure est au cou , on fait pencher la tête du côté où existe le mal , etc.
En général , on cherche la position qui rend la plaie la plus étroite possible , et on la maintient du mieux qu’on le peut et très-exactement.
Le chirurgien saura appliquer une bande dans ce but; mais si, en attendant son arrivée, on ne sait pas faire usage d’un pareil bandage, il peut être utile d y suppléer, en tenant les lèvres de la plaie rapprochées avec les doigts, en soutenant les membres avec les mains, soit en les fixant par quelques mouchoirs , fichus ou cravates.
C’est surtout dans les plaies qui se trouvent dans le voisinage des articulations , ou qui sont accompagnées de coupure d’os ou de nerfs ( tendons ) , qu’il faut s’empresser de vile réunir les bords de la blessure, et
de les conserver ainsi rapprochés et aussi bien qu’il sera possible.
Toutes les choses que nous avons d’ailleurs dites du régime et des soins qu’exigent les blessures , en général, sont également de rigueur dans chaque plaie grave , et il ne faut jamais les négliger.