ARTICLE VI
Des moyens d’extraire les corps étrangers.
L’extraction des corps étrangers qui sont poussés accidentellement dans le corps, doit être tentée le plus tôt possible.
Si c’est une écharde , une épine , une aiguille , il faut les saisir adroitement, avec une pince, les ongles , ou les dents , de manière à les sortir complètement et sans les rompre. Si l’on ne peut réussir , il faut s’empresser d’aller chez un chirurgien, avant que l’inflammation s’établisse , et pendant qu’on peut voir exactement l’endroit où le corps a pénétré , ainsi que la direction qu’il a prise. Mettez, en attendant, un cataplasme ou de l’eau fraîche sur le siège du mal.
Si c’est dans l’œil qu’est entré le corps nuisible , il faut le faire sortir en y seringuant ou poussant de l’eau ou du lait.
Si on peut l’apercevoir, il est possible de le saisir
avec une pince , ou de le balayer avec du coton ou un petit rouleau de papier.
11 est assez facile de renverser les paupières, en les saisissant Tune après l’autre, par les cils, et en les pressant ensuite derrière les doigts , avec la tète d’une épingle, ou une aiguille à tricoter. Dans cet état, le corps étranger peut facilement être aperçu , saisi ou balayé.
Si vous ne réussissez pas , avec ces moyens simples , ne tardez pas d’avoir recours au chirurgien , et couvrez l’œil avec un linge trempé dans l’eau fraîche.
Quant aux corps étrangers qui s’insinuent dans l’oreille , il faut se garder de chercher à les arracher, si l’on n’est pas bien sûr de réussir, parce qu’on ne fait guère que de les enfoncer plus avant dans le canal. Le meilleur moyen de les expulser , c’est de seringuer ce canal , fortement et à réitérées fois. L’eau, en ressortant, ne manque jamais d’entraîner le corps étranger et même la cire qui peut s’être amassée et durcie.
Quand un corps étranger, introduit par la bouche et dans le cou, menace de suffocation, il faut hardiment porter un doigt vers ces parties. Ou bien on est assez heureux d’accrocher le corps fatal , ou la présence de ce doigt provoque les efforts du vomissement, qui chasse ce qui étouffe.
Une sangsue s’est-elle introduite dans l’intestin ou dans les parties de la génération? On la fait sortir ou périr avec un lavement ou des injections d’eau salée.
Si cet animal a été, avalé, on fait boire de l’eau salée ,
et l’on provoque le vomissement, à l’aicle du doigt ou de la barbe d’une plume.
JNous avons déjà dit, dans un autre article, comment on pouvait utiliser ce doigt et cette plume, pour débarrasser l’estomac d’aliments , de boissons et d’autres corps étrangers , qui nuisent ou pourraient nuire par leur quantité ou leurs qualités.
Les excréments durcis et accumulés dans l’intestin ,
* peuvent être envisagés comme un corps étranger qu’il faut s’empresser d’évacuer. Si les lavements réitérés ' d’eau tiède et d’huile ne suffisent pas pour cet effet, il 'ne faut pas craindre de porter, dans le fondement, un doigt préalablement graissé, afin de dégager, d’accrocher et de briser, pour ainsi dire, les matières qui 'sont comme maçonnées et enchâssées dans le canal.
On peut, dans ce but, se servir aussi d’une cuiller
;à café, ou du manche d’une fourchette.
Etes-vous mordu par un chien ou un chat quelconque? >S il vous est inconnu ou suspect , hâtez-vous de sucer fortement et très-longtemps la plaie , ou bien lavez-la «avec le plus grand soin avec de l’eau, du vinaigre, du lait, ide la salive, même avec de l’urine et de l’eau bourbeuse. IFrottez-la , au besoin , avec de la boue. Toutes ces préicautions peuvent empêcher l’effet du venin de la rage.
La seule efficace, c’est, sans contredit, de bruller tout le trajet qu’aura parcouru la dent de l’animal. (Cette opération n’est, dans quelques cas , ni difficile, ni !bien douloureuse; mais il faut la réserver pour le chirurgien. On s’empressera donc d’aller soi-même chez le plus voisin , et de suivre exactement ses directions.
Les morsures de vipères et d’insectes venimeux ne réclament guère d’autres secours provisoires.
Les urines sont souvent retenues et accumulées dans vessie, et constituent alors un corps étranger trèsfâcheux , dont il faut se hâter de procurer la sortie.
Eh bien ! tous ceux qui redoutent, soit pour euxmémes, soit pour les leurs, cet accident parfois terrible , peuvent apprendre, en quelques minutes , à se servir très-bien de la sonde. Il suffit que le chirurgien, chargé de ce facile enseignement , veuille bien mettre, entre leurs mains, un de mes gros instruments d’étain.
Si , dans une rétention d’urine, il ne se trouve personne qui sache appliquer la sonde , on mettra le malade dans un bain tiède ; on l’y laissera plusieurs heures; et , avant ainsi qu’après ce bain, on recouvrira le bas-ventre et le haut des cuisses d’un large cataplasme.
Une hernie, quand elle est sortie, doit être envisageé comme un corps étranger, qu’il faut s’empresser de repousser et de maintenir avec un bandage. Quand celui-ci est bien appliqué, il ne faut l’oter ni jour ni nuit, le moindre effort pouvant causer des accidents graves.