‹ La chloroseChapitre 15 sur 25 · A. Robin, Essai d’uologie clinique, 1877, p · texte numérisé non relu

A. Robin, Essai d’uologie clinique, 1877, p

(2) Voici les procédés indiqués par Albert Robin pour déceler l’urohématine dans Turine :

1er procédé. — Sur les parois d’un grand verre à pied rempli d’urine aux rois quarts de sa hauteur, on laisse couler lentement assez d’acide azotique nitreux pour que le mélange d’acide et d’urine occupe à peu près les deux cinquièmes inférieurs du verre, et l’on observe les colorations qui apparaissent au bout de trois à cinq minutes : une teinte que Gubler appelle rose de Chine, indique une proportion normale de I’urohematine ; le grenat et le rouge hyacinthe sont en rapport avec une augmentation de ce principe ; s’il ne se produit aucune coloration, on conclura qu’il est absent ou très diminué.

2e procédé. — On met dans un tube d’essai, 50 cc. d’urine filtrée et on la porte à l’ébullition; à ce moment, on ajoute 10 à 15 gouttes d’acide chlorhydrique. Suivant que l’urohématine est en quantité plus ou moins grande, l’urine prend instantanément une coloration qui varie du rose pâle au rouge vin de Bourgogne. Le rose pâle indique une proportion au-dessous de la normale; le rose vif (rose de Chine), une quantité à peu près normale; les teintes plus foncées annoncent nne augmentation d’autant plus considérable que la couleur rouge est plus accentuée. Enfin, quand l’urine ne change pas ou change peu de coloration, on en conclut à Yabsence du chromatogène du rouge.

Si l’on n’a pas d’acide chlorhydrique sous la main, on peut se servir de l’acide azotique ou de l’acide sulfurique, mais laréaction est alors moins nette..

la présence de l’urohématine dans l’urine a une signification importante. Partout où on la rencontre, en effet, elle correspond à une destruction de la matière colorante des globules ou à une évolution imparfaite de ces éléments.

Ainsi, tandis qu’à une destruction considérable de globules sanguiuscorrespondraientles urineshémaphéiques, à l’évolution imparfaite de l’hémoglobine correspondraient les urines urohématiques.

Appliquant ces données nouvelles à l’urologie clinique de la chlorose, nous dirons, sous toutes réserves des observations ultérieures, que les urines chlorotiques paraissent contenir la preuve d’une évolution imparfaite de l’hémoglobine du sang.

Dans quelques observations de chlorose, M. A. Robin a pu constater que la présence de i’urohématine coïncidait avec une diminution considérable du taux de l’urée. Ainsi, dans un cas, la quantité d’urée par vingt-quatre heures était réduite à 4gr,54, tandis que l’urohématine était considérablement augmentée.

Dans un autre cas de chlorose, l’urée n’était que de 16°r,69 pour vingt-quatre heures, et l’urohématine était également augmentée.

L’urine des chlorotiques présente encore une autre particularité digne de fixer l’attention : les phosphates y sont toujours en quantité moindre qu’à l’état normal. Le chiffre moyen des phosphates contenus dans l’urine d’un individu sain étant de 2gr,50, M. A. Robin a trouvé le chiffre baissé à 0,50 dans un cas de chlorose et à 0,55 dans un autre.

On saisira toute l’importance d’un pareilfait, si l’on remarque que dans une affection qu’on a parfois de la peine à distinguer de la chlorose, dans la tuberculose au début, il y a toujours au contraire, dans l’urine, une augmentation notable des phosphates, ainsi que cela ressort des recherches de M. Teissier.

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