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RÉSULTATS GÉNÉRAUX DES CINQ PREMIERS TABLEAUX Moyenne des quantités N, R, G, pour les 21 cas de chlorose chez la femme.
(L’observation IX de chlorose chez un homme n’a pas été comprise dans cette moyenne, le nombre normal moyen des globules cbez l’homme
étant un peu plus élevé que chez la femme.)
laire s’accroître graduellement, atteindre l’unité et la dépasser même dans quelques cas; c’est que les chiffres N et R sont devenus progressivement égaux, ou même que R est devenu plus grand que N.
On peut se rendre compte de ces fluctuations et du résultat final en jetant un coup d’œil sur les planches I, II, III, IY et V, qui représentent sous forme graphique les nombreux examens du sang pratiqués au cours de la maladie, et où l’on peut suivre l'influence du traitement sur les trois valeurs N, R, G, par l’examen des courbes qui les représentent.
Au début, les courbes N et R sont très distantes l’une de l’autre, et à mesure que l’amélioration se produit, on voit ces deux courbes se rapprocher et se croiser même dans certains cas. La courbe G montre l’amélioration graduelle des globules dont la charge en hémogloline tend vers l’unité, à mesure que la courbe s’élève.
La superposition ou au moins le rapprochement des deux courbes N et R, l’ascension de la courbe G vers l’ordonnée 4 et son maintien autour de cette ligne, sont des conditions nécessaires de guérison ; elles ne sont cependant pas les seules : car il ne suffit pas, pour que le sang soit sain, que la quantité des globules et leur richesse soient devenues normales; il faut encore que leur forme et leurs dimensions soient également normales, ce que l’examen microscopique permet seul de constater.
L’observation suivante est un exemple frappant de chlorose traitée avec succès par les préparations de fer, et dans laquelle on peut suivre, d’après la planche I, l’évolution du sang vers la guérison.
Obs. VIII du premier tableau (planche I). — Marie-Augustine, âgée de vingt-trois ans, porteuse de pain.
Entrée le 15 septembre 1875, salle Saint-François, lit n° 8.
Elle a quitté Montpellier le 21 mars 1874. Jusqu’à cette époque elle avait été domestique dans cette yille ; elle était bien nourrie et
son service était facile. Durant tout son séjour à Montpellier sa santé avait été parfaite, ses joues étaient colorées, sa force musculaire assez grande.
Les règles arrivaient tous les mois, le sang était parfaitement rouge. Arrivée à Paris le 21 mars 1874, c’est-à-dire à vingt et un ans, elle se fit porteuse de pain , profession très pénible, nécessitant des courses très longues; elle portait le pain dans son tablier, parfois en quantité considérable.
En même temps elle se nourrissait peu, ne mangeant que des légumes, car elle a une répugnance naturelle pour la viande. Insensiblement ses forces diminuèrent; les téguments pâlirent graduellement, la moindre fatigue provoquait des palpitations très pénibles, mais les règles survenaient toujours périodiquement, le sang devenait de moins en moins coloré.
Vers le 1er janvier 1875 sa faiblesse s’accentua d’une façon si sensible, que la malade fut obligée d’interrompre son travail et de s’aliter ; les règles se suspendirent et ne reparurent que trois mois après ; elle avait souvent des pertes de connaissance complètes (sans aucune convulsion), quelquefois trois ou quatre par jour. Les palpitations étaient fréquentes et très violentes. Elle était surtout tourmentée par des crampes d’estomac extrêmement vives, survenant n’importe à quel moment de la journée; souvent aussi elle vomissait après le repas. Au bout de deux mois de repos elle put reprendre sa profession, mais le moindre travail la fatiguait extrêmement et provoquait des palpitations très'pénibles; les crampes d’estomac redoublèrent, et le 15 septembre elle dut entrer à l’hôpital.
Le 16 septembre elle présentait les caractères suivants : pâleur très grande de la face, décoloration des gencives et des conjonctives, faiblesse très grande, perte d’appétit, vomissements encore assez fréquents, palpitations à la moindre fatigue, éblouissements passagers. Les règles avaient reparu au mois d’avril, mais au mois de juillet elles étaient de nouveau supprimées, et alors pour la première fois la malade avait eu des flueurs blanches.
A la base du cœur on perçoit un souffle très faible. Au cou on entend un souffle continu avec redoublement au niveau de la jugulaire interne, intermittent au niveau de la jugulaire externe.
La malade ne présente, du reste, aucun signe de tuberculisation pulmonaire ou de cachexie quelconque.
28 septembre. — Même état, crampes d’estomac très intenses. Sirop de morphine.
1er octobre. — Les crampes d’estomac sont calmées, huit pilules d’hématosine.
OBSERVATION VIII. Chlorose traitée par l’hématosine puis par le protochlorure de fer. Hôtel-Dieu, 8, Saint-François. 1876. Janvier. Février. Mars. Avril. Mai.
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des altérations globulaires.
10 octobre. — Môme faciès, même faiblesse* mômes souffles vasculaires. Quatre pilules de protochlorure de fer.
20 octobre. — Six pilules de prolochlorure de fer.
28 octobre. — Les règles reparaissent, coloration plus vive du visage et des muqueuses.
3 novembre. — L'amélioration continue, souffle intermittent au niveau de la veine jugulaire interne.
Continuation du traitement en ville jusque fin de janvier 1876.
M. Hayem revoit cette malade en juillet 1877. Malgré son rude métier de porteuse de pain elle est parfaitement bien portante. Après avoir engraissé elle a un peu maigri, mais les couleurs ont persisté et actuellement elle paraît en parfait état. Elle n'a pas repris de fer depuis qu’elle a été perdue de vue.
Dans cette observation, les deux courbes N et R sont restées quelque temps parallèles : c’est que la malade était traitée par l’hématosine qui, d’après nos tableaux, n’a jamais donné de bons résultats dans la chlorose. — Dès que le traitement par le fer a été commencé on voit, au contraire, les deux courbes se rapprocher et la courbe G monter elle-même rapidement.
On peut voir, par comparaison, dans l’observation suivante, les bons effets du traitement par le fer dès le début . La courbe K monte immédiatement et Tamélioration s’accentue progressivement. Mais, dans cette observation comme dans la précédente, il y a un écart considérable entre les deux courbes N et R avant le traitement; écart qui se traduit par l’abaissement de la courbe G à son point de départ.
Obs. V du premier tableau (planche II). — Émilie M..., âgée de diX'huit ans, polisseuse en caractères d’imprimerie, entre le 26 janvier 1876 à l’Hôpital temporaire, salle Saint-Louis, où elle est couchée au n° 24.
Pas d'antécédents héréditaires. Réglée à onze ans et demi, elle est ensuite restée huit mois sans aucune apparition menstruelle; depuis lors ses règles sont régulières, mais très peu abondantes et peu colorées. Depuis deux ans elle a de la leucorrhée, des palpitations, ses digestions sont pénibles et sont parfois suivies de vomissements, de renvois, de météorisme. Elle a cependant pu continuer son travail jusque dans ces derniers jours.