‹ La cholécystogastrostomie: dans l'occlusion supposée complète et directement irrémédiable du cholédoqueChapitre 35 sur 50 · LE AIO · texte numérisé non relu

LE AIO

Suite de l'observation :

Nous avons publié (1), dans le numéro du 15 juin de la Loire Médicale, une observtion de cystogastrotomie pour oblitération du cholédoque par un cancer du pancréas. C’est la suite de l’histoire pathologique de notre malade que nous allons exposer. ; à

Après l'opération du 5 avril 1899, Mme X... s’élait rapidement rétablie; pendant plusieurs mois, elle eut l'illusion d’une guérison complète. Cependant, dans les premiers jours de l’année 1900, ses digestions devinrent pénibles ; elle eut même quelques vomissements qui s’accentuèrent par la suite. Peu après, l’ictère, qui n'avait pas reparu, se montra; cet ictère s'accentua rapidement, et, avec lui, re-

vint le prurit qui avait déjà si fort incommodé notre malade.

Nous revimes Mme X..., ensemble, le 20 mars 1900. L'ic-

tère était foncé, les selles décolorées, l'urine acajou. De

plus, nous constatàmes une forte dilatation de l'estomac qui

“n'existait pas l'année précédente.

La grande courbure descendait à deux travers de doigt

‘au-dessous de l’ombilic : le clapotage était manifeste. La

rétention était confirmée par le cathétérisme qui ramenait des aliments ingérés trois jours auparavant.

Nous retrouvions donc notre malade avec de l’ictère comme la première fois et, par surcroît, avec de la sténose pylorique ou duodénale.

Il était facile de supposer la cause de cette sténose. Nous savions qu'il existait un cancer de la tête du pancréas : l’extension du néoplasme expliquait tout. Mais pousquoi l’ictère était-il revenu ? Le foie n’était ni trop gros ni bosselé ; nous formulâmes plusieurs hypothèses, dont la pli: probable était la formation d’un novau cancéreux au niveau de la

“vésicule ou du canal hépatique.

(1) Loire Médicale, 15 novembre 1900.

La malade déclinant rapidement, nous proposâämes une intervention qui fut acceptée. Elle fut pratiquée le 21 mars 1900.

L'incision faite sur la ligne médiane, découvrit un estor mac dilaté, une vésicule distendue, et, reliant ces deux réservoirs, un cordon plein de trois millimètres de longueur et de même épaisseur. Pas de noyau cancéreux. La bouche cysto-gastrique s'était retrécie et oblitérée. Nous la rétablimes aussitôt en avant du cordon plein qui forma l'angle postérieur de la nouvelle anastomose à laquelle on donna un centimètre de longueur.

Le doigt porté dans la région pylorique, constata la présence d'une masse dure englobant le duodénum et la tête du pancréas ; c'était là la cause de notre sténose. Pour y remédier, nous pratiquâmes une anastomose gastro-jéju- : nale postérieure, trans-mésocolique (procédé de von Hac- Kker) ; pour plus de rapidité, nous plaçâmes un bouton de Murphy modifié par Villard. Réunion par trois plans de sutures.

Les suites de l'intervention furent simples; il n'y eut pius de vomissements et la malade put s'alimenter ; lestomac parut diminuer nettement de volume. D'autre part, les selles se colorèrent rapidement (5° jour); l’ictère disparut peu à peu. Mais, malgré ces conditions favorables, l'état général ne se releva pas, et, tout en s’alimentant et ne souffrant pas, la malade s’éteignit lentement (le 5 mai).

Pas d’autopsie.

Réflexions. Nous avions établi une anastomose un peu étroite entre la vésicule et l'estomac, pour éviler le passage dans la vésicule des matières alimentaires. L'inconvénient de cette pratique est la possibilité de l'oblitération de l’'anastomose quand la survie est longue. Il semble done, que pour éviter un danger, on en courre un plus sérieux el qu'il faille établir une large communication entre la vésicule et l'estomac, pour éviter qu'elle ne se retriciss2 el finalement ne: s’oblitère comme nous l'avons constaté,

ne À Le ]Somus

OBSERVATION IX (Piqué} (1)

Communication à la Société de Chirurgie, séance du 30 mai.

« Le deuxième cas présente un intérêt plus grand : c'est. un homme de 83 ans.

« La première opération date du 18 juin 1899 ; elle fut pratiquée par moi à la Pitié, avec l’assistance précieuse de M. le professeur Berger, pour un ictère-chronique, dû à un calcul du canal cholédoque. Le malade présentait d’ailleurs depuis plusieurs années des accidents graves de Hhlthiase biliaire,

« L'opération montra une vésicule peu distcndue à parois très épaisses. L'incision permit lexploration des voies biliaires à l’aide d’une bougie l’'Hégar et le refoulement du calcul jusque dans le duodénum. Fixation de la vésicule à la peau.

« L'ictère a disparu complètement, mais il persiste une fistule qui donne une quantité énorme de bile.

« Chaque jour le malade en rend: une quantité variable, d'après les pesées précises : de 600 à 1.000 grammes,

« L'état général reste excellent et les fonctions digestives parfaites. Le malade à engraissé.

« Le 28 juin 1899, avec l'assistance de M. Berger, je pratique une anastomose de la vésicule et de lestomac, ne pouvant en raison des adhérences l’établir avec le duodénum.

« Cette anastomose s’oblitéra et la fistule persista. C’est alors que je me décidai, le 5 mai, à pratiquer chez le ma-

(4) Bulletin et Mém. de la Soc. de Chir. de Paris, 30 mai

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