DR ALES
Os. XII. — Mosgius (traduite des Archiv. der Heilkunde, 1878 et résumée).
Augusta P..., née à Leipsick le 4 août 1849. Parents et familles en bonne santé, n'ayant jamais eu de maladies nerveuses. Très grande frayeur de la mère pendant la grossesse, à la vue d’une attaque épileptiforme d’une de ses filles se disputant avec son père. Sauf cet incident, grossesse normale, Accouchement difficile, mais à terme. Enfant né en état d’asphyxie, rappelé à la vie par un bain froid.
Dès les premiers jours après la naissance, les parents remarquent que l'enfant penchait la tête en arrière, l’agitait dans ses coussins, et faisait des mouvements con vulsifs de tout genre. Avec le temps, ces phénomènes pathologiques deviennent de plus en plus manifestes et déjà dans la première année, l'état de la tête et des mains était le même qu'aujourd'hui. De bonne heure, on remarque les mouvements convulsifs et involontaires des membres inférieurs. Pendant la dentition, la malade à très souvent pendant la nuit des attaques convulsives avec perte de connaissance, ressemblant à une attaque épileptique. Après la dentition, ces convulsions disparaissent et ne réapparaissent plus.
Ce n’est qu'à 3 ans que la malade parvient à marcher ; elle marche mal. Rougeole et coqueluche ; à 5 ans, maladie de 6 semaines que le médecin juge être une méningite. Elle va à l’école à 9 ans, et a beaucoup de difficultés pour apprendre. A cause des mouvements involontaires, elle ne peut écrire que fort peu et seulement avec le Crayon.
État stationnaire pendant les années suivantes. A 45 ans, elle suit un traitement par l’électrothérapie qui la fatigue beaucoup. Elle le cesse et son état s'améliore. Les mouvements convulsifs diminuent au point qu'elle peut faire les petits travaux de son ménage. Au bout d'un an, nouvelle cure confiée à un homæopathe. Médicaments et diète très sévère. Aggravation de son état et des convulsions. Les 3° et 4° doigts de la main droite se mettent en flexion continue, le pied gauche en adduction. A chaque effort elle ressent des douleurs
s’irradiant des lombes dans les cuisses et d’une assez longue durée, Depuis cette époque, alternatives d'aggravations et d'améliorations. L'état général ne se modifie pas. En 1875 elle vient à la polyclinique. Les divers traitements (électricité, bromure de potassium, fer, quinine) restent sans succès.
État actuel. — Jeune fille de taille moyenne, constitution délicate, assez grosse, réglée à 15 ans régulièrement, toutes les trois ou quatre semaines. Elle perd de 3 à 5 jours et est sujette à des douleurs variables pendant cette époque. Actuellement quelques flueurs blanches. Au toucher, prolapsus utérin avec rétroversion. Organes internes absolument sains.
Le système nerveux seul est malade et surtout la sphère motrice. La malade ne peut se livrer aux travaux domestiques. Elle parle distinctement, mais sa parole est lente et pénible. On entend pour ainsi dire la peine qu'elle prend.
Elle éprouve particulièrement une fatigue plus grande pour certains mouvements : l'action de souffler, de mâcher, d’avaler. Sa force physique n’est pas diminuée au même point que son pouvoir d'agir. Ainsi, elle peut vaincre, par exemple, des résistances assez considérables en pliant et en étendant ses membres. Pas de paralysies, mais de nombreux troubles fonctionnels. Les muscles innervés par les 3°, 4° et 6° paires crâniennes ne présentent rien d’anormal. Dans le domaine du facial, on remarque une motilité extraordinaire. Pendant la conversation et surtout à la suite de toutes les excitations psychiques, la physionomie prend un aspect bizarre (vulgairement la malade fait des grimaces). La bouche est étirée en largeur ; la tête est sans cesse penchée en avant et à gauche. Le muscle trapèze du côté gauche, est manifestement contracturé, et la malade ne peut qu’à grand'peine mouvoir sa tête du côté opposé, ce qu'une personne peut lui faire exécuter facilement. La tête a un léger mais continuel balancement de côté et d’autre. Pendant les excitations psychiques, ces mouvements s’accentuent considérablement. Ils ne cessent que pendant le sommeil. |
D'ordinaire, les bras et les mains sont en demi-flexion et incessamment agités. Pronation et supination, flexion et extension, ad-