‹ La Chorée CongénitaleChapitre 14 sur 38 · SEE · texte numérisé non relu

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Les contractions musculaires en question se montrent tout à fat semblables aux contractions involontaires de l'organisme sain (par exemple des mouvements de la respiration). Comme ceux-ci, elles ne provoquent aucune fatigue, sont influencées par les affections morales, et ont lieu indépendamment de la volonté qui peut les modérer mais ne peut les supprimer. L'apparition des mouvements voulus les augmente. Les mouvements de la tête sont assez réguliers et consistent en de simples secousses. Les mouvements des bras et des mains, au contraire, sont indéterminés, confus, sans aucun ordre. Suivant les périodes de repos ou d'excitation, léger tremblement de quelques doigts isolés, ou mouvements convulsifs de tous les muscles. Les muscles de la mimique et ceux des membres inférieurs se comportent de même, mais ici les mouvements involontaires ne sont ni aussi fréquents, ni aussi intenses, et n'apparaissent que quand « les tambours battent aux champs » pour ainsi dire (c’est-à-dire quand tout le corps est en mouvement). Dans une partie des muscles affectés, il s’est développé avec le temps une contracture particulière, c'est-à-dire que le muscle reste en état de contraction; ce n’est que difficilement que la malade peut l’étendre, parfois même elle ne peut y arriver. De tels muscles sont : le trapèze du côté gauche, les fléchisseurs des 3° et 4° doigts de la main droite et les adducteurs du pied gauche. Pour le reste, on observa une certaine rigidité musculaire, dans la démarche, décrite plus haut, et la gaucherie de la plupart des mouvements volontaires. Il y a eu tout d’abord, une diminution générale de l’énergie,.………

D'après ce qui précède, la caractéristique de notre observation consiste en ce que le malade souffre depuis sa naissance d'une maladie nerveuse qui se manifeste par des contractions musculaires continuelles et involontaires, ainsi que par la rigidité de certains muscles engendrant des positions vicieuses.

Discussion. — La malade observée par Mœbius offre à notre examen une série de phénomènes appartenant à des états pathologiques différents. Ses troubles de sensibilité

font tout d’abord songer à l’hystérie et Mœbius reconnait lui-même que les symptômes de la sphère sensible, les sensations de douleur, les paresthésies, la sensation de la « boule qui monte », l'angoisse avec dyspnée, les névralgies lombaires, lacryesthésie entrent dans le vaste domaine de cette névrose.

On est donc en droit de se demander tout d’abord s’il n’y a pas eu transformation de la chorée primitive en hystérie ou du moins si le mélange de ces deux affections n'aurait pas produit un état hybride particulier donnant naissance à une symptomatologie absolument originale. M. Charcot n’admet pas, avec raison, cette transformation : « qu’une choréique ait des accès d’hystérie, dit-il, cela n’a rien d’extraordinaire. C'est tout simplement qu’elle est atteinte de deux maladies simultanées. Il n’y a pas fusion, mélange de deux névroses. Il s’agit purement d’une superposition ». Joffroy, Russel, Merklen, Mathieu, Debove, ont d’ailleurs donné plusieurs exemples de cette combinaison.

La seconde hypothèse plausible est deconsidérer, comme de simples manifestations hystériques, tous les phénomènes décrits par Mœbius chez son malade: mouvements choréiformes, contractures, rigidités, etc... L’hystérie est en effet un véritable protée pathologique, empruntant dans ses manifestations multiples et variées le masque des affections les plus disparates. Néanmoins nous sommes d'avis de n’accorder comme l'observateur allemand qu'une importance secondaire aux symptômes de cette névrose. L'hystérie estune affection encore rare chez l’enfant ; les contractures et les rigidités musculaires auxquelles elle donne naissance, ont une évolution éminemment capri-

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