‹ La Chorée CongénitaleChapitre 33 sur 38 · FORTE · texte numérisé non relu

FORTE

mais il est obligé pour ainsi dire d’être sans cesse à la recherche de son centre de gravité; car, de par l'agitation incessante de sa musculature, il perd à chaque instant son équilibre.

Notre malade « balance ses jambes, d’une façon irrégulière. Sa démarche est mal assurée et un peu chancelante ». Dans sa première enfance, ces troubles ambulatoires sem- . blent avoir atteint des proportions exagérées. « Il ne marchait qu’en courant, nous dit sa mère, tombait, se relevait et se remettaità courir ». Le malade de Schlésinger « s’avançait en écartant les jambes, sa démarche était chancelante et rèssemblait à celle d’un ivrogne. Il ne pouvait qu'avec peine suivre la ligne droite, et dans ses efforts les mouvements choréiques s’étendaient à toutes les régions du corps ». Gelui d’'Oppenheim titubait en marchant. Cette démarche « ébrieuse » se retrouve chez tous nos choréiques congénitaux et nous estimons qu’elle constitue un symptôme de haute valeur.

EcriTure. — L'écriture du choréique est désordonnée, irrégulière, à grandes secousses, et traduit assez bien l’incoordination de son système musculaire. Il saisit sa plume convulsivement, maîtrise ses convulsions, écrit une lettre, se repose quelques secondes, puis se remet à écrire les suivantes (obs. Schlésinger). Ses lettres sont tremblées, irrégulières, désunies ou réunies par de grands zigzags. Parfois quand il se livre à cet exercice, la face grimace, le front se plisse, la bouche se contourne, et la langue projetée au dehors exécute des mouvements de latéralité et de rotation autour de son axe (obs. pers.). Rarement il « arrive à se créer par l'habitude un appareil de coordination suffisant pour bien écrire » (obs. Oppenheim).

EG: Cr

PAROLE. -— Les troubles de la parole présentent une physionomie, particulière, originale. La parole est pénible, bredouillée, nasonnée. Parfois le choréique semble ne pouvoir maïîtriser ses mouvements ; il ne peut prononcer le premier mot ou s'arrête au cours d’une phrase. Le mot qui suit, sort alors avec impétuosité, il « fait explosion », mais la parole n’estjamais scandée. La malade de Johnston parlait « comme si les mouvements de la langue et des lèvres avaient fait éclater les mots ». Les mots sortaient aussi avec force chez le malade de Schlésinger, qui «le plus souvent répétait en bégayant les syllabes du début », mais n'avait aucun rythme spécial dans son langage. Rieder avait remarqué que sa choréique avait une parole défectueuse et que de violents mouvements choréiques incoordonnés apparaissaientdans les muscles dela facelorsqu’elle voulait parler.

La parole et la marche apparaissent toujours tardivement et l'exécution de chacun de ces actes exagère habituellement les mouvements convulsifs de la face et des membres.

SENSIBILITÉ. — Le choréique congénital a ses sensibilités parfaites ; ses sensibilités, à la pression, à la température, à la douleur, offrent chez lui une intégrité presque absolue (obs. Rieder, Johnston, Oppenheim, pers.). Dans un seul cas (obs. Schlésinger), on a constaté quelques légers troubles localisés, au bras droit et à la région supérieure des deux cuisses.

Les sensibilités spéciales ne présentent généralement pas d’altérations appréciables.

FoRcE MUSGULAIRE. — La force musculaire est assez

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