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vements les plus variés et les plus singuliers ; le bras droit était plus affecté que le gauche. Le malade ne pouvait porter avec sa main les aliments liquides à sa bouche ; il. ne parvénait à manger sa soupe qu'en mettant sa bouche dans son écuelle; encorene pouvait-il exécuter ce manège que par instants fort courts ; il fallait qu’il saisit sa bouchée pour ainsi dire à la volée. Tous ces mouvements, quelque dé. sordonnés et irrésistibles qu'ils fussent, s’exécutaient assez lentement et sans saccades,
Les membres inférieurs étaient moins affectés que les supérieurs. Leurs mouvements étaient peu irréguliers et la démarche, quelque incertaine qu’elle fût, n’empêchait pas Monniot de faire des courses fort longues, La santé générale était bonne.
Pendant le sommeil tous ces mouvements convulsifs cessaient complètement.
Le 18 octobre 1827, Monniot se plaignit d’étouffer ; il ne put prendre aucun aliment, sentit la difficulté de respirer augmenter dans la nuit et vint à l'infirmerie sur les 3 heures de l'après-midi. Les mouvements volontaires avaient beaucoup augmenté et plusieurs fois le malade était tombé de son lit, ce qui ne lui était jamais arrivé jusqu'alors. Il s’agitait violemment, grinçait des dents, et faisait des contorsions horribles. Les convulsions revenaient sous forme d’accès très rapprochés les uns des autres, pendant lesquels la contraction spasmodique des muscles thoraciques et peut-être aussi du larynx arrêtait complètement les mouvements respiratoires ; ils étaient suivis d’une inspiration courte et brusque ; la peau était chaude, la sueur en ruisselait ; le pouls était fréquent et plein. Le malade manifestait une grande impatience quand on l’approchait ; il demandait à rester seul et à ne rien prendre, la déglutition était d’ailleurs tout à fait impossible. Les accès se rapprochèrent de plus en plus et le rmalade mourut étouffé le 20 octobre à 3 heures du matin, 30 heures après le développement de ces convulsions horribles.
OUVERTURE DU CADAVRE 27 heures après la mort.
La dure-mère était remarquablement tendue sur les hémisphères dont les circonvolutions étaient légèrement aplaties. La substance grise était très abondante, de couleur foncée et de consistance beau -
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coup plus grande que de coutume ; enfin la moelle d'une densité plus grande avait un volume extraordinaire et remplissait presque entièrement le canal que lui forme la dure-mère.
Disaussron. — Monod, lui-même, avait reconnu que le cas qu’il rapporte n’est pas un cas de chorée congénitale. « Si l'anatomie pathologique servait, dit-il, de base à la classification des maladies, sans doute il faudrait séparer des névroses essentielles, les affections consistant dans une lésion plus ou moins profonde de nos organes. Mais si nous réunissons sous une même dénomination les chorées essentiellement nerveuses et celles qui reconnaissent pour cause une lésion organique, il est d'autant plus utile de faire connaître les cas dans lesquels existent ces altérations morbides, afin que le médecin soit averti de la possibilité de leur existence et qu'il ne se laisse pas dominer dans son diagnostic et dans le choix des moyens de guérison par l’idée exclusive d'une simple névrose ».
Monod discutait avec beaucoup de justesse son observation. Le cas de Monniot n’est pas un cas de chorée congénitale. Deux faits principaux dominent tous les autres:
1° La congestion vasculaire de tous les organes en particulier du poumon, cause de la mort (à noter la contraction spasmodique des muscles thoraciques) ;
2° L'hypertrophie de la moelle et du cerveau. Monod voit dans cette hypertrophie la cause première de la chorée, car elle détermine une exagération dans les fonctions de la moelle qui préside à la sensibilité et aux mouvements de presque tous les muscles.
La moelle était-elle simplement hypertrophiée ? N’avaitelle pas une lésion analogue à celle signalée dans l’obser-
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vation d’'Eisenlohr que nous retrouverons au cours de cette étude ? C'est ce que Monod ne nous dit pas, mais c’est là une hypothèse à laquelle il est logique de penser.
Ogs. IV. — Mavo (traduite et résumée).
Enfant nouveau-né, présenta dès sa naissance des mouvements choréiques qui persistèrent pendant toute la vie. A l’âge de 30 ans il avait l'apparence d'une fillette. Facultés intellectuelles très bornées, sait à peine répondre aux questions posées, La mère pendant sa grossesse avait eu une forte émotion et avait été atteinte, deux mois durant, d’une grave maladie nerveuse.
Discussion. — Observation, elle aussi, très incomplète, L'auteur ne donne aucun détail sur la nature et la forme des mouvements mais met en relief les points suivants: Longue durée de l'affection, arrêt dans le développement des facultés intellectuelles, incident pendant la grossesse, type efféminé du malade.
Ce cas semble avoir les apparences d’une chorée congénitale. L'auteur ne signale ni spasmes, ni rigidités. Néanmoins on ne peut baser, sur des renseignements aussi insuffisants, un diagnostic certain.
Ogs: V. — Baron, in Mémoires de l’Académie, 1850.
Chez un garcon qui avait un frère choréique, il existait depuis la naissance, un strabisme convergent avec dilatation des pupilles,oscillations latérales continuelles, isochrones des deux yeux, un tremblement de la tête, du tronc et des membres qui se produisait toutes les fois qu'il n’était pas soutenu. Les jambes ne pouvaient pas supporter le poids du corps, tout en étant encore à même d'exécuter quelques mouvements pendant le décubitus dorsal.
L'intelligence était nulle, le mutisme complet, les instincts à peine
marqués et l'enfant rendait involontairement les selles et les urines, VIGNAUD 4
Discussion. — M. Germain Sée, après avoir cité Pobservation de Baron, ajoute : à ces traits il serait difficile de méconnaître les mouvements oscillatoires et convulsifs que l’on observe chez les hydrocéphales et de distinguer la chorée vulgaire ou essentielle. Nous sommes absolument de son avis, car outre le nystagmus, la paraplégie et l’incontinence des selles et des urines sont des symptômes appartenant beaucoup plus à l’hydrocéphalie qu'à la chorée.
Os. VI. — RicurTer (traduites du Sitzungshericht des gesellschaft Naturheilkunde zu Dresden, 1867) (1).
Pendant les luttes de 1849 à Dresde, une dame enceinte, au terme de sa grossesse, habitait le quartier le plus éprouvé du combat, et accouchait après ses frayeurs d’une fille.
Dès sa naissance cette enfant présentait à l’état de veille, des convulsions cloniques très intenses de tous les muscles volontaires. On la déclarait atteinte de maladie cérébrale. Richter consulté conclut à un état choréiforme en se basant sur l’absence complète de convulsions pendant le sommeil. Il examina l'enfant à plusieurs reprises, et put se convaincre que les cinq sens et l'intelligence étaient intacts, et diagnostiqua : chorée congénitale. Le succès a confirmé ce diagnostic : aujourd'hui cette enfant est une jeune fille délicate, mais jouissant d'une bonne santé. Elle est intellectuellement bien développée. De temps à autre la main présente encore quelques convulsions, et la jeune fille fait volontiers en cachette un mouvement convulsif du cou et de la face.
Dans les travaux féminins, les mains travaillent précipitamment sans que cette précipitation gêne sensiblement l'exécution de l’ouvrage.
L'état de santé est fort bon.
(1) Nous adressons nos remerciements à M. le secrétaire de la Société des
sciences naturelles de Dresde, qui nous a gracieusement envoyé le Bulletin de cette Société que nous'n'avons pu nous procurer en tes
A Serre