‹ La "Chorée" du ChienChapitre 18 sur 21 · HER I. — SÉDATIFS NERVEUX · texte numérisé non relu

HER I. — SÉDATIFS NERVEUX

Ils ont été employés de tout temps. Les auteurs ont tour à tour prôné les bromures, le chloral, le sulfonal, le chloroforme, la valériane, le gardénal, le rutonal, la scopolamine.

Les bromures sont des antispasmodiques puissants: on emploie les bromures de potassium, de sodium, de strontium, surtout par la voie buccale. La dose journalière varie de 0 gr. 50 à 6 gr., suivant la taille du chien. On prescrit en même temps une alimentation hypochlorurée, car l’action des bromures est en raison inverse de la quantité de chlorure de sodium alimentaire. Mikuscka a obtenu de bons résultats par des injections intraveineuses de bromure de strontium répétées tous les trois ou quatre jours.

Le chloral est antispasmodique et anticonvulsif. On l’utilise en sirop, en potion ou en lavement, soit seul, soit associé à la morphine ou aux bromures. Mais son emploi n'est pas sans inconvénient; il est toxique et exerce une action déprimante sur le cœur et la respiration.

Le sulfonal à été utilisé en sirop.

Ringuet a obtenu par le chloroforme la guérison d'une chienne atteinte de mouvements et de paralysies choréiques.

La valériane est un sédatif nerveux, lent mais sûr. Son action se fait surtout sentir sur le cerveau. Elle est recommandée dans les formes de « chorée » accompagnées de troubles mentaux. Son emploi a donné de

bons résultats à M. Robin, chez un chien atteint simultanément de « chorée » et d’épilepsie.

Le gardénal et le rutonal ont été systématiquement employés dans le traitement des affections nerveuses du chien par MM. Cuillé et Piquemal, à l'Ecole Vétérinaire de Toulouse. Leur action dans la « chorée » est faible. Le traitement est long et doit être continué jusqu'à la disparition complète des mouvements choréiques. Mais quoi qu'on fasse, il est bien rare qu'il ne reste pas quelque chose des mouvements rythmiques de certains muscles, particulièrement des premiers atteints. Et Earnshaw a souvent noté dans la « chorée » le retour constant des contractions spasmodiques, aussitôt après la cessation du traitement qui les avait un instant étouffées ou tout au moins atténuées.

La scopolamine a été essayée par Antoine et Liégeois dans deux cas de « chorée » : l’effet sédatif fut manifeste mais momentané: les troubles nerveux reparurent avec plus d'intensité dès la cessation de l’administration du médicament.

Les sédatifs nerveux ne sont donc que des palliatifs; ils agissent sur les symptômes mais ils n’ont aucun effet sur les lésions. Cependant leur emploi ne devra pas être abandonné, car s'ils n’amènent pas une disparition de la « chorée », ils produisent souvent une atténuation des secousses et par contre-coup une amélioration de l’état général. C’est appréciable, si l’on songe que la « chorée » est un mal pour ainsi dire incurable qui use le malade et le décourage avant de le tuer.

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