LA MABILAIS —__
- comme, Boishasly <Coumarten, dautre part,
« homme vif et bouillant » (d’Andigné), portait
fi beau, mettait de la passion dans tout ce qu'il — - disait; il semblait enfin avoir quelque teinture de - Yadministration : bréf Puisaye proposa Cormartin
comme major général et, quelques jours aprés
(13 septembre), en compagnie de Dufour et de — Prigent, il s’embarqua sous la falaise de Saint- Briac, non sans peine d’ailleurs et n’échappant au cordon des gardes-cétes et aux chaloupes canonniéres que pour tomber dans la rafale et tourne-
bouler avec elle jusqu’aux Minquiers.
Le secret de son départ avait-il été bien observé? Le peu d’émotion que manifesta le gouver-
-nement de la découverte (par le comité dinannais) du complot, auquel a été donné le nom dispropor-
‘tionné, semble-t-il, de Conspiration de la Cour- - Porée (28 aofit 1794), tendrait 4 prouver le contraire.
Peut-étre était-il déja au courant par ses espions;
peut-étre en tenait-il le détail de l’ Agence royaliste
de Paris, ramassis d’incapables, de bambocheurs
et de vendus, que manceuvrait de Venise une
espéce de coupe-jarret blasonné, investi de la confiance de Monsieur, le comte d’Antraigues, amant de la Saint-Huberty, et dont la plus forte téte, avec Fontaine, son directeur, était cet abbé Brottier, catholique de profession, athée de vocation, « brouillon qui efit désuni les légions célestes »,
disait de lui le cardinal Maury. La Cour-Porée est le nom d’une ferme de Saint-Helen ot furent ~
saisis la plupart des documents relatifs au complot.
Les autres, ceux qui avaient mis sur sa trace et
qui concernaient des prisonniers anglais qu’on
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a CHOUANNERIE ~ oS ae
--youlait faire évader, un commissionnaire manttat et boiteux, Joseph Jan, arrété aux portes de las ville, les cachait dans la doublure de sa veste.
‘Le public sut par eux et par les papiers trouvés ala
Cour-Porée que « l’armée catholique et royale » :
était formée, préte 4 entrer en campagne, que ses
opérations étaient « dirigées par un conseil mili-
taire » qui avait 4 sa téte le général comte de Puisaye, qu’elle-méme était divisée en six com-
mandements principaux, savoir : Lamballe sous
les ordres de Boishardy; Locminé-Bignan sous les ordres de Boulainvilliers; Rochefort sous les ordres
du chevalier de Silz; Fougéres sous les ordres de
- Boisguy; Saint-Helen sous les ordres de Solilhac;
Guipry sous les ordres de Tromelin. « La Bourdonnaye, en outre, commandait dans le Morbihan. » Il était ajouté que, « quelque espoir que le conseil [de l’armée chouanne] parfit fonder sur la protection du gouvernement britannique », il avait cru
« nécessaire d’envoyer le comte de Puisaye prés
de ce gouvernement et des princes francais ».
La révélation de ce complot n’en fut une que — pour l’opinion bretonne. Quant au gouvernement, — retenant des papiers ce qui avait trait aux cing — ou six cents prisonniers anglais de la ville, il fit —
vérifier les verrous et doubler la garde des prisons.
Mais le reste lui parut négligeable : aussi bien :
l’Agence royaliste de Paris ne préchait-elle pas :
le désarmement, persuadée (ou feignant de 1’étre)
que la France, par dégofit, lassitude, reviendrait toute seule a ses rois légitimes? Et, se conformant —
a la consigne qu’elle leur faisait passer 4 l’insu de : Puisaye, la plupart des chefs insurgés ne demeu- —
taient-ils point sur Vexpectative, soit quils ne ~ ,
s sent d’en croire V Agence et les bruits calomnieux ~ qu’elle répandait sur Puisaye? Depuis le raid que - Be eicinvittions en mai précédent, avait conduit - dans les districts de Broons, Montfort, Josselin et -Ploérmel, « en y pillant les patriotes et en coupant les arbres de la liberté », plus une bande n’avait -teparu dans les’ Cétes- du-Nord: la municipalité