CONFERENCES | DE LA | MABILATS
ah la Société populaire] ont ee assassinés dans es eo
-campagnes. Plusieurs communes ont arboré le |
drapeau blanc et sont en pleine rébellion. Il est
évident qu’un grand feu couve sous la cendre », —
rien n’y fait. Et la tentative méme de débar- 3
a quement sur la gréve du Palus, en Plouha, le 4 mars 1795, d’une escadrille anglaise chargée
démigrés et de munitions et appuyée par
1 500 Chouans qui s’étaient retranchés derriére les douves d’une gentilhommiére du voisinage, la — -Ville-Mario, fut impuissante contre l’optimisme
d’Humbert et de Boursault : la tentative avait
€choué sans doute grace au chef de bataillon
Ménage, et il est vrai que Boishardy, qui négociait
au méme temps avec eux, était resté étranger 4
cette affaire et en avait désavoué les auteurs, | Tinténiac, Jouette et l’ancien douanier La Roche dit Rodrigue, « dont le courage était égal 4 la ~ scélératesse » (Habasque): Ces tractations et les
autres qui se poursuivaient sur les deux rives de la Loire avec les divers chefs insurgés aboutissaient
Je 17 février au traité de la Jatinaie, le 20 avril
au traité de la Mabilais, accepté le 2 mai par Stofflet, qui mettaient fin officiellement a la Vendée et a la Chouannerie.
A la Mabilais, dans le voisinage de Rennes, bruyante et parée comme pour une féte, ot se
rendaient chaque soir les membres de la confé-
rence et ott Cormartin, en braies blanches a ganse de velours noir, le Sacré-Cceur au cété, le chapelet en sautoir, paradait dans les avant-scénes de la - Comédie au milieu d’un « essaim de fascinantes Dalilas », vingt et un seulement des chefs chouans,
ere CHOUANNERIE
sur les soixante ou quatre-vingts présents, avaien
apposé leur signature au bas du papier : aia - Guillemot étaient partis les premiers, claquant les — portes; Silz pleurait d’avoir signé. Avec lui, deux encore de ces étranges signataires semblent avoir été de bonne foi : Boishardy chez les Chouans,
-Stofflet chez les Vendéens. Tous les autres n’ont ~
signé que par nécessité, parce qu’ils n’ont plus « ni pain ni poudre », comme Charette, et pour gagner du temps (ce sont les plus honnétes) ou par vanité et se garnir les poches (Cormartin). Hoche, a Vécart, observait. Le jour de la signature, se promenant avec ses lieutenants Chérin et Krieg aux abords de la Mabilais, il leur fit remarquer deux bandes de corbeaux qui volaient de concert au-dessus de la ferme.
« Bientdt, écrit-il a sa jeune femme, elles se séparérent; Il’une d’elles resta unie et l’autre se divisa. Bons anciens, n’eussiez-vous pas vu la un présage de ce qui doit arriver aprés la pacification? »
Mais la Convention avait trop exulté a l’annonce
de la paix vendéenne et bretonne et pour si
« platrée » que fit cette paix, comme il apparut
ee 7 4 > iy b «1
pitta cnmrnsaest
bien vite. ‘Toute la salle, debout, battait des —
mains, criait : « Vive la République! » C’était du délire. On est tant porté a croire ce que l’on souhaite que, malgré les avertissements qui lui arrivaient
de Londres et de Bretagne, l’assemblée efit continué
de faire confiance aux signataires du traité, si la
lettre de Cormartin 4 Silz, surprise en cours de ©
route et remise aux représentants Brue et Guer-
meur, ne l’avait brutalement tirée d’un songe ou,
depuis longtemps, elle était seule a se bercer.