‹ La Chouannerie: Blancs Contre Bleus 1790-1800Chapitre 20 sur 36 · II0O · texte numérisé non relu

II0O

sa. Picehentation et lordre rélatif qu’il sut intro- duire dans !’uri des plus oy ae imbroglios | - de Vhistoire.

En réalité, Charles — nom ou prénom supposé

me MORT DE BOISHARDY ae

de ce traitre — n’a pas révélé son identité: on croit

reconnaitre en iui « un jeune garcon de dix-sept | atis », épave du désastre vendéen, recueilli par — Boishardy et « confié par lui 4 la femme d’un de ses partisans, Carlo, le métayer du Vaugourio ». Une autre femme, celle qui épinglera le drap du mort, s’appelle Madeleine Caro. Charles, Carlo, Caro, singuliére rencontre de noms presque identiques. Ly homme, quoi qu’il en soit, semble bien n’avoir pas agi de sa propre initiative et pour son propre compte; il put bien n’étre que l’instrument d'une vengeance féminine, dénoncée par Souvestre et provoquée par l’arrogance de la Royale. La Vendée est une eau claire; nul remous, nul limon en elle : la Chouannerie reste « la grande chose obscure » dont parlait Barbey d’Aurevilly. Toutes sortes de passions y remuent. Les quelques lueurs projetées sur ce grouillement font apparaitre trop d’inquiétantes silhouettes féminines telles que cette Le Tellier de Vaubadon, descendante de Tourville, étrennant dans une avant-scéne de Bayeux un cachemire rouge, prix du sang de d’Aché, ou cette marquise du Grégo, jeune, belle, irritante, qui livre 4 Hoche pour rien, pour le plaisir, le plan des émigrés et passe de ses bras, ivre de dénonciations, dans ceux de ses généraux. Qu’avait-elle a venger, celle-la, dont le mari va conduire la colonne détachée de Quiberon et se fera tuer, peut-étre de dégotit, quand il connaitra les trahisons de sa

5 \o * a se. « ‘ae called

WG = as a , * Paes YS Were, Oe a Ps er: cans] -

femme? La Révolution, qui avait commencé par —

envoyer des bouchers contre la Vendée et les

- Chouans, n’eut pas A regretter son changement de

tactique et d’avoir délégué 4 la pacification de 1’Ouest ses plus beaux fils, ce Humbert et ce Hoche

qui n’avaient qu’a paraitre pour troubler le coeur

des femmes. La Tour d’Auvergne les connaissait bien, le premier du moins, auquel il écrivait, le 15 ventdse an VIII :

« Comme vous cajolez, mon aimable général!

Avec ce doux langage, que de conquétes vous devez faire au milieu de nos trés intéressantes, mais trop crédules petites Bretonnes! »

Hoche est plus redoutable encore. A Moncontour, ot: il descend chez Mme Latumier du Clézieux, qui fit sur lui et recut peut-étre de lui la plus forte impression, il se rencontre avec Boishardy, que cette dame, extrémement belle et vertueuse, n’avait pas toujours laissé lui-méme indifférent. Les assassins du chef chouan le savaient-ils? Croyaient-ils flatter ou venger Hoche? A quel sentiment done auraient-ils obéi quand, aprés

avoir promené la téte de Boishardy au bout de % leurs baionnettes, ils vinrent la déposer sur le bord de la fenétre de Mme du Clézieux pour qu’elle

Taper¢tit a son lever, toute sanglante et les yeux éteints? Cependant, dit Levot, l’homme, le Charles

ou Carlo « qui livra Boishardy, exploitant la —

trahison sous toutes ses formes, eut plus tard des relations avec le cuisinier qui fut soupgonné d’avoir empoisonné Hoche ». C’est comme une spirale

ténébreuse qui se déroule....

Page 1