CHAPITRE IX
QUIBERON
as la demi-brigade d’Auray, Roman, recut avis qu’un grand mouvement se remarquait
ig 25 juin 1795 au matin, le commandant de
en direction de Carnac. Ce n’étaient plus les
-habituels sillages, les rampements furtifs dans les herbes aux heures troubles d’entre chien et loup : trente paroisses déménageaient. Les routes elles- -mémes, en plein jour, étaient encombrées de -charrettes cahotantes et grincantes sous le poids
du mobilier qui s’y empilait, de troupeaux de beeufs et de moutons que leurs conducteurs des.
deux sexes poussaient devant eux, de croix parois-
-siales, de calices et de saints sacrements tirés de
leurs cachettes et portés ostensiblement, a bras d’homme. Chose plus grave, des bandes armées escortaient ce déménagement pareil 4 un exode ‘de peuple roulant vers la mer, comme si toute
la Bretagne croyante, derriére ses prétres, repre-
nait le chemin par lequel elle était venue autrefois des cotes de Cambrie et du Comwal, ‘chassée par les invasions saxonnes. Que signifiait cela? Roman n’ignorait pas qu’une expédition