PRISE DU
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étaient syhonymes et qui jetaient des cris percants,
entraient dans la vague, les yeux fixes, jusqu’A ce - qu'elle les recouvrit, ces prétres écroulés autour
-Chouans mémes A qui leur livrée rouge collait
en « damnant » les émigrés.
sans trop de précipitation : c’est ainsi que tout Royal-Artillerie put prendre place dans les cha- Gs loupes « avec armes et bagages »; il ne tenait
qu’au régiment d’Hector de Pimiter et Warten,
marine francaise qui composaient ce corps », avait
- mis « @ sa disposition un nombre de canots suffi-
2 sant » (d’Andigné), mais son chef, le comte de Soulange, préféra demeurer 4 portée de Sombreuil avec les trois cents hommes qui lui restaient. Au
- total, dix-huit cents royalistes parvinrentagagner
la flotte. Mais 4 mesure que les troupes 1épubli- - caines se tapprochaient, le peu d’ordre qui s’était observé jusque-la dans l’embarquement cédait - sous la pression irraisonnée des émigrés et des
réfugiés entremélés; les barques du capitaine
- Keats, qui dirigeait le sauvetage, étaient. litté- talement prises d’assaut; plusieurs coulérent sous
FORT PENTHIEVRE |
la refoulait: la poussée convergenté des Bleus, Sg "masse délirante des réfugiés civils de la presqu ‘ile, Be) ces enfants bretons pour qui «nation » et «diable»
ces méres qui couraient 4 moitié nues, leurs nour- -fissons au bras, ces jeunes filles hallucinées qui
NS
de Mgr de Hercé et invoquant un ciel sourd, ces comme tine tunique de Nessus et qui Varrachaient Pie eee
Lembarquement des troupes s’était fait dahon
“par «une attention honnéte pour les officiersde la a
le poids de leur chargement et, pour dégager les :
autres, les marins anglais durent frapper 4 coups
- @aviron, trancher des poignets, disent des témoins. — Ce furent des scénes de cauchemar : clameurs, — hurlements, blasphémes, malédictions, spasmes, bras tordus, corps a corps dans l’eau et sous l’eau, et le hennissement des chevaux cabrés, l’éclate-. ment des obus, les salves d’une mousqueterie implacable jusqu’A prendre pour cible les tétes des nageurs. Les batteries du Lark, la seule corvette anglaise 4 qui son faible tirant d’eau eut permis d’approcher assez prés du rivage et dont les boulets, sur une mer rageuse, s égaraient -parfois dans les rangs des émigrés, ne faisaient qu irriter les Républicains sans leur causer de préjudice bien sensible. Mais chaque minute qui passait rendait plus critique la position de leurs adversaires : lincertitude du commandement — équivalait 4 sa démission. Vers neuf heures, le sauve-qui-peut devint général; la bousculade, les — tueries pour monter dans les barques s’exaspé- | rérent au point de faire craindre aux marins anglais pour leur propre vie. Ils finiront par se — tenir 4 une encablure du rivage et seuls seront — recueillis par les chaloupes ceux qui pourront les atteindre a la nage. Damas, Contades, qui ne savent pas nager, Sombreuil, qui veut mourir, se lancent a cheval dans la mer. Le cheval de Som- -breuil se cabre, le raméne a terre; Damas coule avec le sien; Contades, plus heureux, se dégage et peut saisir la rame que lui tend un négre pitoyable, le © méme peut-étre qui, la barque archi pleine, repous- — sera un vieil officier cramponné au bordage et lui offrant, pour quelques heures de vie supplémentaire, sa derniére poignée de louis d’or. Tous, sans doute,