‹ La Chouannerie: Blancs Contre Bleus 1790-1800Chapitre 3 sur 36 · LA CONJURATION DE LA ROUERIE · texte numérisé non relu

LA CONJURATION DE LA ROUERIE

et des dispositions législatives précédentes

“ ou suivantes, les réguliers étaient déliés de leurs voeux; les voeux eux-mémes abolis; les — biens de mainmorte, les fondations pieuses, — y compris celles pour la délivrance des Ames du Purgatoire, confisqués au profit de la Nation; le casuel supprimé. La nouvelle organisation — ecclésiastique ne conservait que les évéques et les prétres, qui devenaient des fonctionnaires publics et recevaient un traitement, mais leur nomination, —

FE vettu des articles de cette Constitution

soustraite au Saint-Siége, était remise aux fidéles.

Une nouvelle division des diocéses, ramenés en — Bretagne de neuf a cinq, les faisait coincider avec

les départements, qui remplacaient l’ancienne

division en pays.d’élections et pays d’états. Et, — si ce n’était point tout 4 fait une organisation —

-hérétique, puisqu’il n’y était point touchéau dogme, —

c’était du moins la subordination compléte du culte e au pouvoir civil, la formation d’une véritable église gallicane et démocratique indépendante —

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S’ils ne protestérent pas tout de suite, c’est que, 2 ae ‘promulguée les 12 juillet et 21 aofit 1790, la Constitution civile du clergé resta en sommeil jusqu’au

27 novembre, date ot! l’Assemblée, pour assurer sa

marche, qui commengait d’apparaitre bien aventurée, crut devoir déférer au serment « tous les ecclésiastiques fonctionnaires publics » — exacte- — ment comme en 1762, pour assurer le respect des: -- ‘quatre propositions et la fidélité aux principes de l’Eglise gallicane, le parlement de Bretagne avait voulu déférer les Jésuites au serment. i:

Triste, mais juste retour des choses. Quoi qu’il en soit, cette obligation néfaste, aggravée par la | loi du 4 janvier 1791 qui ordonnait de préter serment «sans préambule, explication ou restriction», fit éclater le divorce latent : tous les évéques bretons et 80 p. 100 des membres du clergé refusérent le serment ou, l’ayant rendu, se rétractérent. La Constitution civile, selon la réponse de l'un d’eux, ne faisait pas qu’attaquer la hiérarchie, - elle la renversait; elle tendait 4« rompre les liens - sacrés qui depuis Clovis unissent la monarchie © francaise au siége de saint Pierre »; elle était Yceuvre d’incompétents et d’inaptes substitués au et

‘matiéres; elle portait « a l’erreur »; on pouvait méme dire qu’elle était « hérétique en quelques ~ points » (abbé Cormaux). Quand Rome eut parlé, aprés les évéques, sanctionnant ce rude verdict d’un prétre de campagne, tout fut dit. Be

Le refus du serment entrainait la démission de |

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concile national, seul juge, aprés Rome, en telles —

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- Pinsermenté et son remplacement par un «sermen-

taire ». Mais les prétres de ce genre étaient le petit nombre; de plus, les remplagants, assez souvent pris parmi les cordeliers, carmes, bernardins et autres congréganistes lachés dans le siécle, n’étaient pas tous des miroirs de sainteté; ces « intrus » ou « jureurs », ainsi que les appelait ~ le peuple des campagnes, bien loin de faire oublier ‘les réfractaires expulsés manu militari, relégués a six lieues de leur ancienne paroisse ou jetés dans les prisons du directoire, ajoutaient aux regrets que leurs prédécesseurs avaient laissés. N’oublions pas cependant que, la Terreur venue qui les mettra en demeure de déposer leurs lettres de prétrise et de se marier, eux aussi pour la plupart préféreront « la prison 4 une apostasie » (abbé Pommeret), ce qui n’est pas lindice de si vilaines Ames : 51 abdicataires pour tout le diocése de Rennes, qui en contient le plus grand nombre, dont 20 seulement prennent femme; dans les Cétesdu-Nord, un Nicolas Armez lui-méme, panthéiste, libertin et trembleur, s’arrange pour esquiver l’obligation matrimoniale. Enfin linstallation du — sermentaire se faisait rarement sans protestation; — quelquefois on l’accueillait 4 coups de pierre et,

d’autres fois, les poings, les penn-baz, les fourches, — entraient en danse. Un cadet de noblesse appelé — a une certaine notoriété dans les fastes de la Chouannerie, Carfort, recevait sa premiére bles- sure, le 9g novembre 1790, en défendant 4 l’asser- — menté Boscher l’entrée de l’église de Plémy. Et — cest dans une affaire semblable, 4 Saint-Ouen- — des-Toits, contre l’intrus Pottier, qu’apparait —

du district ; un hasard seul sauvait Vannes, investie,

Rennes, « exact au plaisir comme 4 la bataille » et qu’on.avait vu naguére se faire passer pour - mort afin déchapper 4 A ses créanciers. D’ailleurs,

que la rugosité extérieure, par 1’énerguméne - Expilly qui entonnera le Ca iva en montant a l’autel, par un vieillard cacochyme, Le Masle, malade

-~ d’ambition rentrée, par l’exécrable Minée dont les Nantais afffiteront la derniére syllabe et qu’ils

appelleront dérisoirement sur le pas des portes :

« Minet... Minet... », beaucoup des anciens desser- vants de campagne, bénéficiant de l’obscurité,

- n’avaient pas quitté leurs paroisses et y célépraient des messes clandestines dans les granges, les caves, les antres forestiers et marins d’accés difficile tels que la grotte de l’autel 4 Morgat,

voire au large, la nuit, pour les grandes fétes, — » sur le pont d’un lougre, au milieu des barques de péche accourues, comme dans les régions de Perros © et de Cancale (l’abbé Inizan, Herpin). Prés de —

} Saint-Malo, un petit oratoire en ruines, Notre- Dame-de-Grace, « recueillait Vhéritage d’Israél »

si la plupart des éveques dépossédés avaient pris le large, remplacés 4 l’élection par I’honnéte gal- lican Claude Le Coz, condisciple et ami de La ‘Tour d’Auvergne, par le bonhomme Jacob, escop an dero, « Vévéque des chénes » et qui n’en avait —

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