‹ La Chouannerie: Blancs Contre Bleus 1790-1800Chapitre 32 sur 36 · LA TROISIEME CHOUANNERIE · texte numérisé non relu

LA TROISIEME CHOUANNERIE

avant de se réveiller, tant la douce habitude — de la paix était déja prise, tant on s’accom- — -modait des demi-libertés religieuses arrachées 4 la — lassitude ou a la crainte des gouvernants, tant — ces pays d’Ouest, pour tout dire, ne nourrissaient — aucun ressentiment contre la Révolution, mais © seulement contre ses excés, — tant aussi, chez — les princes, le scepticisme gagnait.

Et sans doute les anciens états-majors s ’agitent ; : des rassemblements se tiennent; on pille par-ci, — par-la quelque diligence, quelque convoi portant — a la ville voisine le produit des levées ou des taxes; — Puisaye surtout se déméne, au point d’en oublier — le respect qu’il doit A ses princes et de prendre —

A Londres, ot il s’est transporté, I’initiative © d’une adresse qui a tout le caractére d’une som- — mation (5 décembre 1797) : les « descendants d’Henri IV » y sont mis en demeure de donner le signal de la rentrée en campagne et de ones : en personne les opérations. i

‘Le comte d’Artois répond de haut que son

2 iB fait est qu’elle attendit prés de deux ans —

PoLA \ TROISIEME, CHOUANNERIE oe frére et -lui n’ont que faire dune gloire inutile, —

Puisaye ulcéré, désavoué et par crainte de pire peut-étre, démissionne et s’embarque pour le —

concession agricole. Quelques-uns de ses lieutenants

point de le rejoindre. C’est que la paix est signée —

entre la République et la Coalition, et I’ ‘Angleterre

ne peut plus décemment soutenir les insurgés : a ceux qui voudraient s’expatrier, elle offre cent —

‘que V’intérét seul de la cause doit les émouvoir.

Canada ot il a obtenu de Wydham une importante on

laccompagnent; Cadoudal lui-méme est sur de ee -

4 4 guinées par téte « avant de partir de Londres » ~ Ae

et cent autres « en arrivant A Québec, avec des -. bois a brfiler et des terres 4 défricher 4 volonté »

-mémes avantages a I’Ile de France. Valait-il la ‘peine, dans ces conditions, de donner un succes- —

- (Rohu). Au défaut du Canada, elle leur propose les" Ae |

seur 4 Puisaye? Si, aprés le bref intérim de Mous-

fier, on finit par s’y décider, c’est uniquement pour la forme : le 23 janvier 1798, Puisaye est - templacé a la téte des armées toyales de Bretagne - par son ancien major général Chdlus qui n’a - aucune des qualités de l'emploi, qui est brouillé, de surcroit, avec Cadoudal, puis, en juin de la - méme année, par le vieux Béhague, tracassé de ' goutte, qui désire s’éclairer d’abord sur l’état des __ esprits et dont la tournée d’inspection se fit en —

litiére. Mauvaise condition pour une enquéte de ce |

genre. Béhague revint convaincu que la Chouan-

nerie était un mythe et les Chouats des étres de

raison. Il fallut deux voyages de os ALondres ‘pour détromper les princes. te Mais, aprés tout, Béhague était-il si loin de la 209 z

LA CHOUANNERIE zs aera vérité? Quelques mois plus tard, au lendemain de la prise de Saint-Brieuc, quand Mercier La Vendée écrira au duc de Bouillon : « Le défaut d’armes et le peu d’activité quia régné jusqu’ici dans les Cétes-du-Nord ne nous a pas permis de réunir plus de quatre cents hommes armés », que fera-t-il en somme que confirmer la fagon de voir du vieux podagre? Elle n’était discutable que pour les districts normands frappés par la conscription, seuls, (on ne sait pourquoi) des départements chouannés, et pour les districts morbihannais, touchés au vif de leur foi religieuse et ot les arrestations, incarcérations, déportations, exécutions de prétres insermentés, tant soumissionnaires que bastiens, sans parler de la destruction des croix et de la reprise du calendrier décadaire, avaient - si bien mis les cervelles en ébullition qu’il n’était plus possible de lantiponner : ou marcher ou démissionner, l’opinion paysanne ne laissait pas aux chefs d’autre alternative. Georges avait pu s’en rendre compte au cours d’une réunion tenue chez la méte des Chouans, au Roc, ot Saint-Régent, convoqué avec divers chefs des confins, se présenta roulé dans des couvertures et porté sur une civiére. Quoi! blessé, peut-étre 4 mort, estropié tout au moins, ce boute-en-train de « Pierrot! » Mais le facétieux et terrible homme rejetait ses couvertures, sautait de sa civiére :

— Enh! non, je voyage & la Béhague.

On Vacclama, ce qui équivalait a conspuer Béhague et autres empécheurs de chouanner en rond pour les défense, salut et plus grande gloire de notre sainte mére 1’Eglise....

aoy

LA TROISIEME CHOUANNERIE = = Les Bleus ne se génaient guére pourtant avec les ie amis de Georges et de Frotté : Moran d’Auray,

boville), Vapprendront bientédt a leurs dépens. Gare méme aux émigrés qui, sur la foi d’une radiation provisoire non révoquée, sont restés au pays, comme le vieux et inoffensif Yves du Mogoer qu’une parente avait recueilli 4 Saint-Laurent : condamné 4 mort le 28 décembre, il était guillotiné le méme jour a Saint-Brieuc. Un émigré de plus haute volée, réechappé de Quiberon et promu divisionnaire, Lamour-Lanjégu, pour sauver sa vie, « mangera le morceau », livrera les noms et surnoms de ses collégues, l’état de leurs forces, le tableau de leurs lieux de rassemblement et de leurs lignes de correspondance. Il faudra promptement aviser, modifier toute l’onomastique et la géographie chouanniques de ce Morbihan en état d’insurrection latente et traité cependant par Michaud, le successeur de Quantin, comme si linsurrection y était ouverte et déclarée. Georges, la coalition reformée, avait bien ramené d’ Angleterre des caisses bondées de piastres, a la faveur de quoi les nouveaux embrigadés recevront une solde fixe de huit sous par jour, les sergents de dix, les capitaines de seize. Ce n’est pas le Pérou et la marge est faible de la solde de recrue a celle de capitaine, mais on est en pays démocratique, et seize sous d’alors valent dix francs d’au- — jourd’ hui. a Ce qui bride tout, c’est Béhague, c’est, malgré l’entrée dans cette nouvelle coalition de la Russie, de la Turquie et des pays barbaresques, la répu-

Sans-Pouce, Mandat, Rochecot, Tilly (d’Escar-

= ae Ny ale Sete te ol ag ae ir Se “tA In AS

LA CHOUANNERIE gnance persistante des princes, plus clairvoyants que leurs héroiques, mais aventureux partisans, 4 donner le signal de la reprise d’armes. Un Guillemot n’y peut mais, qui décroche son fusil pour abattre le chauffeur Simon, de la bande de Pourmabon (nouvelle preuve que ces coquins étaient étrangers 4 la Chouannerie) ou pour délivrer l’ancien « recteur » de la Trinité-Porhoét, le vénétable Ignace Macé, que les chasseurs du capitaine Georgetta emménent au chef-lieu a la queue de leurs chevaux (II mars 99) — et c’est sous sa responsabilité personnelle, sans l’aveu des princes, qu'il en agit si témérairement. J/em, autour de Fougéres et de Vitre, La Nougaréde, La Valvenne, ‘Chateauneuf, Piré, dit Achille Lebrun et qui, rallié 4 l’Empire, sera un Achille, en effet, 4 Waterloo et A Roquancourt, le dernier fait d’armes de la Grande Armée; item Billard de Veaux qui, par dérision, portait la cocarde tricolore accrochée au derriére, Ruays, Saint-Aignan, La Haye, dans la forét d’Andaine et les bois de Moulins-la~-Marche (Orne); item Grand-Louis, le pseudo-comte de

Satory, aux abords de Candé; le Commandeur du

Fougeroux dans la banlieue d’Angers; Legris-

Duval, qui a remplacé Le Veneur a la téte des

Cétes-du-Nord, et Duviquet, l’ancien lieutenant de la 184° demi-brigade passé aux Chouans, dans la partie Sud de l’ancien évéché de Saint-Brieuc; Penanster et Keranflec’h, dans la partie Est de celui de Tréguier; un cultivateur a4 réputation sinistre, Le Dilly, et un avocat presque aussi redouté, Debar, dit le Prussien, dans la Cornouaille

des monts. Mais qu’ont a4 voir Dieu, la religion,

as ‘TROISIEME ‘CHOUANNERIE me

méme le tréne souvent, avec tel de ces batteurs destrade ou de ces coupe-jarrets? :

Le plus hardi est le déserteur Duviquet. « Malgré le peu de concours actifs qu’il rencontre désormais

chez le paysan, dit i’abbé Pommeret, il poursuit

infatigablement ses courses et ses brigandages a travers les cantonnements et s’avance quelque-. fois fort loin des landes et des foréts qui lui servent de refuge. » Aux élections de l’an VI, par un temps de chien, sous la neige qui fouette les cols des Ménés, on le verra, avec Saint-Régent et Carfort,

arréter dans la lande de Plumieux les « citoyens

actifs » qui se rendent 4 La Chéze. Mais son « coup » le plus fameux fut la teritative dirigée le 28 prairial (16 juin 98) sur Ja prison de Saint-Brieuc pour délivrer Legris-Duval : ses hommes et lui avaient

. revétu des uniformes du 104° de ligne qui tenait — -. garnison en ville et, trainant un prétendu émigré : ‘qu ils venaient de capturer et qui n’était autre

que le joyeux Carfort enfoui dans une vaste houp- —

pelande, ils se présentérent a onze heures du soir

au guichet du concierge pour le faire incarcérer. Le concierge avait du flair et refusa d’ouvrir. On n’osa, malgré la démangeaison, lui lacher un coup de fusil, mais une colonne mobile qui perquisitionnait dans les bouchons de la Mirlitantouille

et que la bande rencontra au retour paya pour —

l’obstiné : huit hommes furent tués, le capitaine Lhonoré blessé et emmené comme otage. Duviquet se faisait stupidement cueillir l’aprés-midi méme dans un champ de blé ot il s’était endormi de fatigue et était guillotiné le surlendemain. Par représailles, Carfort fusilla Lhonoré.

LA CHOUANNERIE eee 2

Petite affaire, au demeurant, mais dont le reten-.

tissement fut énorme : les administrateurs des Cétes-du-Nord, la prenant pour un tocsin de guerre civile, crient aux armes, exagérent les mesures révolutionnaires 4 l’égard des suspects, annulent en bloc tous les passeports déliyrés.... Le comte d’Artois ni Louis XVIII ne se sont pourtant laissé

tel

encore fléchir, et ces pillages, ces sofileries, ces

grosses farces tragiques ott se complait l’imagination des Duviquet, des Carfort, des Saint-Régent, des Legris-Duval, des Debar, sont l’ceuvre de l’interchouannerie, comme les spécialistes appellent cette période ambigué qui n’est ni l’état de paix ni l'état de guerre et qui s’étend du 18 fructidor au 15 octobre 1799, date assignée, aux conférences de la Jonchére, pour la reprise officielle des hostilités. On s’occupe et on s’amuse comme on peut d’ici la. Nous verrons, dans la nuit du 9 février 1799 (2x pluvidse), Mouzin de Saint-Germain et dix officiers chouans de ses amis renouveler et réussir sur la prison de Coutances, pour délivrer Destouches, dit Auguste — le « chevalier des Touches » de Barbey d’Aurevilly, — le coup raté sur la prison de Saint-Brieuc par Duviquet :

— Ouvre vite, citoyen! Nous t’amenons du gibier.

Cette fois.le guichetier, dombis pourtant d’un gedlier et quoique Normand, s’y laissa prendre. Un des officiers chouans, le chevalier de Coulonges,

fut tué dans la bagarre; les autres, emportant

Destouches et son codétenu Blouin-Duval, dit Crocro ou Monsieur le Nantats, se coulent par les rues obscures, rayées de coups de feu, jusqu’a la

: vag \ TROISIEME CHOUANNERIE |

forge d’un maréchal ferrant de village qui coupe |

les fers des prisonniers. « On assure méme, rapporte La Sicotiére, que les assaillants eurent la témérité

de revenir sur leurs pas jusqu’auprés de la prison et toujours aux cris de « Vive le Roi! Vive Auguste!» —

Il se peut bien, et c’est que, pour certaines Ames

véhémentes de-ce temps, chouanner était devenu

une seconde nature, qu’elles y gofitaient, outre

la satisfaction de servir une cause grande et noble, toutes sortes de sensations fortes que la

rentrée dans le cadre de la vie normale leur etit vraisemblablement refusées. Un diable-a-quatre, comme Carfort notamment, plus représentatif peut-étre encore qu’un Prerrot, un Legris-Duval ou un Billard de Veaux, des tempéraments de cette sorte, y épanouit tous ses instincts de vio-

lence, de godaille et d’aventure. Rude compére ~

et jovial compére. Il n’a pas de plus grand plaisir que de fusiller un administrateur ou un assermenté, si ce n’est de le mystifier et de humer le piot ensuite a sasanté. Ses ruses sont innombrables. La derniére ne fut pas la moins réussie. Dénoncé au département, serré de prés, griévement blessé, on croyait bien le tenir : comment soup¢gonner qu’il logeait au creux de cette futaille que des paysans transportaient a Lamballe sur une char-

rette? La-futaille déposée chez un chirurgien de

la localité, Carfort y guérit. Aprés quoi, un matin, il alla éveiller son dénonciateur, le colla au mur

et l’abattit.

Ces exécutions sommaires n’avaient qu’un incon- —

vénient : elles fournissaient «aux Républicains des prétextes pour tracasser les paysans », ce qui

Sebita fiialement Debar A les interdire. Il ne

fallait pas indisposer les campagnes 4a la veille -méme du jour ot on allait leur demander un nouvel effort. Aussi bien-l’appauvrissement des cadres, une meilleure organisation de la surveillance ~ (postes de guet établis, la nuit, dans les clochers), surtout le développement de l’espionnage, trés florissant depuis que le salaire des Judas avait été porté a trois francs par jour, rendaient-ils de jour en jour plus malaisées les « expéditions a mort », comme on les appelait en Haute-Bretagne : elles cessérent tout a fait vers la fin de 1798 dans les Cétes-du-Nord ot l’on ne signale plus que des pillages de malles-poste. D’Oilliamson et Frotté s’employaient de leur cété a les faire cesser en

- + qy ; intense hammaiiiaabees

Normandie ot Billard continuait ses coups de ~

main sans plus se soucier de la recommandation : il ne s’arréta que blessé et rendu impotent. Dans tout l’Ouest le mot d’ordre nouveau (et plus ou moins respecté) pour les chefs rentrés en action est de reposer les armes, de se borner A faire des recrues, en les choisissant aussi braves que possible et en les entrafnant par des exercices sans effusion de sang, afin’de les avoir bien en main au jour prochain de la rentrée en campagne.

Ce jour tant attendu finit par luire, mais seulement aprés que la loi des otages, digne pendant de la loi des suspects, fut venue, le 12 juillet 1799, menacer l’existence de ce qui restait de royalistes, de parents ou d’amis de royalistes. Alfred Rambaud, favorable au Directoire, concéde lui-méme qu'elle alarma cent cinquante mille familles, et Napoléon, qui la qualifie de « loi atroce », ne tarit

souleva. :

Peut-étre en eal rabattre. I/ indignation, :

domiciliaires ne détermina pas, sauf chez les intéressés, de mouvement de protestation plus accentué. Une sorte de paralysie de la volonté, a moins que ce ne ffit l’imbécillité congénitale aux démocraties, avait frappé le corps électoral : il avait voté blanc avant fructidor; il vota rouge aprés, et cette couleur n’étant point encore au gotit de ses maitres, qui avaient fait contre les nouvelles élections le coup d’Etat de floréal, il vota gris pour les obliger et n’en fut pas davantage le bon marchand, comme il apparut du coup d’Etat de prairial. On ne voit point que dans tout cela - lopinion se soit montrée autre que servile, ignorante ou stupide. | Voit-on qu’elle ait plus fortement réagi a l’occasion de la nouvelle loi militaire votée sur la proposition de Jourdan? La conscription était établie pour tout le territoire : dure loi, mais nécessaire, nos armées fondant, et grace a laquelle Massena, renforcé 4 temps, sauva la France de ce Souvaroff, coqueluche des mirliflores qui escomptaient déja son entrée 4 Paris et portaient en attendant des -bottes et des chapeaux a4 son nom; loi néfaste seulement, ajoute-t-on, dans son application aux départements de 1’Ouest qui se fiaient 4 la parole de Hoche ratifiée par le Directoire. « Les délits des grandes routes recommencérent, écrira encore Napoléon : c’est le premier acte d’une population

pas, aid ses M émoires, sur + Pittdignation qu ‘elle ee

quoi qu’il en soit, fut toute verbale etla remise en vigueur de l’intolérable pratique des visites —

quise révolte que d'intercepter les communications: Le cri de « Mort aux Bleus! » s’éleva de toutes parts. Il y avait loin de ne plus se battre contre la République a se battre pour elle. Le Directoire ne le comprit pas. »

Mais si fait! le Directoire le comprit — partiellement au moin introduire dans la loi les correctifs nécessaires : le privilége d’exemption du service militaire fut maintenu aux anciens départements insurgés, sauf au Calvados, 4 la - Manche et a l’Orne. Sans doute c’était déja trop et l’erreur du Directoire en ce qui concerne -ces trois départements devait avoir les conséquences les plus facheuses, étant donné le caractére particulier de la Chouannerie normande. «Il s’en faut bien, lit-on dans une note de Frotté de 1799 au duc d’Harcourt, que les prétres et la religion y soient d’aussi grand prix que dans la Vendée et le Morbihan. » On peut en croire Frotté : la Chouannerie normande, sinon chez ses chefs, au moins chez ses hommes, a ses racines dans ]’intérét et le droit; elle n’est pas indifférente 4 la restauration des autels et surtout du tréne; son réalisme la tend particuliérement sensible au bienfait monarchique, mais elle est d’abord un mouvement de résistance au service armé et a l’arbitraire des réquisitions. Quel -contraste avec sa sceur des

landes morbihannaises! Celle-ci toute mystique, °

repliée, sauvage, puritaine jusqu’a défendre le mariage a ses jetines recrues qui devront attendre dans un célibat presque monastique la fin des hostilités, jusqu’a ne point supporter de partager le méme campement nocturne avec des femmes

nae ih hits dian .

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